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12/01/2012

La justice sénégalaise refuse d'extrader Hissène Habré en Belgique

La justice sénégalaise a rejeté mercredi pour vice de forme la demande d'extradition en Belgique de...

La justice sénégalaise a rejeté mercredi pour vice de forme la demande d'extradition en Belgique de l'ancien chef d'Etat tchadien Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l'humanité et réfugié à Dakar depuis sa chute en 1990, a-t-on appris auprès du ministère de la Justice.

"La Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar a rejeté aujourd'hui la demande d'extradition de Hissène Habré en Belgique. Elle a estimé que la demande de la Belgique n'est pas conforme aux dispositions légales" sénégalaises, a affirmé à l'AFP un haut responsable du ministère.

"La Belgique n'a pas respecté la procédure", a-t-il indiqué sans plus de précision.

Un juge de la Cour d'appel de Dakar, joint par l'AFP, a estimé qu'il y a vice de forme dans la demande formulée par la Belgique, sans non plus préciser lequel.

Reed Brody, avocat membre de Human Rights Watch (HRW) et à la pointe des démarches pour faire juger Hissène Habré, a estimé que "ce n'est pas un refus d'extradition" en tant que tel: la justice sénégalaise "a dit que les Belges n'avaient pas fourni l'original du mandat d'arrêt et d'autres documents".

"C'est un jugement purement technique qui laisse la porte ouverte à une nouvelle demande d'extradition belge", a affirmé M. Brody à l'AFP. "Ce n'est pas un jugement définitif sur le bien-fondé" de la demande, selon lui.

Le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade avait déclaré le 5 janvier lors d'un entretien à la télévision France 24 et Radio France Internationale (RFI) que Hissène Habré sera "très probablement extradé vers la Belgique".

"Très probablement, Hissène Habré va être envoyé en Belgique. J'ai saisi la Cour d'appel de Dakar d'une demande de la Belgique (...). Si la Cour d'appel le décide, il sera extradé en Belgique", avait-il déclaré.

Le ministère belge des Affaires étrangères avait proposé le 10 juillet qu'Habré soit extradé en Belgique et le gouvernement tchadien avait demandé que l'option belge soit "privilégiée".

M. Habré, qui vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990 après huit ans au pouvoir, est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture. Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l'Union africaine, n'a jamais organisé le procès.

Le 8 juillet, le gouvernement sénégalais avait annoncé qu'il allait expulser M. Habré au Tchad où il a été condamné à mort par contumace avant de revenir 48 heures plus tard sur sa décision, à la demande de l'ONU.

Abdoulaye Wade a affirmé que le Sénégal n'avait pas refusé de juger Habré, mais ne disposait pas de "juridiction ad hoc" pour le faire et avait donc renoncé à tenir un procès à Dakar.

Hissène Habré avait été renversé par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno qui, après avoir été un de ses proches était entré en rébellion avant de provoquer sa chute.

La Belgique a lancé en septembre 2005 un mandat d'arrêt international contre Hissène Habré pour "violations graves du droit humanitaire international" et fait une demande d'extradition.

Cette procédure se base sur une plainte déposée en 2000 par un Belge d'origine tchadienne, en vertu d'une loi belge dite de "compétence universelle" pour les crimes de droit international qui autorise les tribunaux à se saisir d'un tel dossier dès lors qu'un ou des citoyens de nationalité belge sont concernés ou que l'auteur présumé se trouve sur le territoire belge.

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La Chine en Afrique : intérêts et pratiques.


Malgré quelques limites, le succès de la stratégie de la Chine en Afrique est indéniable. Face à...

Malgré quelques limites, le succès de la stratégie de la Chine en Afrique est indéniable. Face à l’offensive chinoise et à ses succès, les autres partenaires du continent africain ont réagi. L’Union européenne a pris la décision de mettre en place des échanges de haut niveau avec les autorités chinoises. Les instances européennes parient sur le fait que la Chine a autant intérêt que l’Europe à un développement stable et durable du continent africain. Ce faisant, l’UE pense que, plus la Chine s’engagera sur le continent, plus elle sera contrainte à réviser ses positions en s’impliquant davantage sur les questions de gouvernance et d’assainissement de l’environnement des affaires. Bruxelles veut associer les autorités chinoises à ses réflexions et à ses actions en termes de développement.



De son côté, la RPC est consciente de son manque d’expertise et de la nécessité d’adapter ses modèles aux contextes africains. Cette prise de conscience s’est trouvée renforcée par plusieurs facteurs. Les premiers revers sur le continent et les vagues de critiques africaines dénonçant le néocolonialisme chinois ont beaucoup marqué les autorités chinoises. De plus, la Chine cherche aujourd’hui à se présenter sur la scène internationale comme une puissance responsable. Bien que limitée, on observe une évolution des positions chinoises sur certains dossiers, notamment sur le Soudan.



Une récente initiative vise à créer un dialogue tripartite Afrique-Chine-Union européenne. Ce dialogue doit s’insérer dans les nombreuses initiatives et dialogues déjà existants : dialogues sino-européens, sommets Chine-Afrique et sommets Union européenne-Afrique (doublés par les sommets France-Afrique, sommets de la Communauté des Pays de Langue Portugaise, Commonwealth, etc.). La Commission européenne a proposé une série de domaines où le dialogue tripartite pourrait rapidement conduire à des résultats concrets : la paix et la sécurité, le secteur des infrastructures, la gestion durable des ressources naturelles, l’agriculture et la sécurité alimentaire.



Plusieurs sujets demeurent toutefois difficiles à aborder car ils touchent au fondement même des divergences idéologiques entre Pékin et les Européens. La RPC tend à refuser la définition de normes « universelles », en matière sociale et environnementale par exemple. Dans des secteurs précis (prêts bancaires, infrastructures), la Chine a aujourd’hui développé ses propres normes. L’Exim Bank, pour l’octroi de prêts, affirme ainsi appliquer ses propres standards, définis en accord avec la législation des pays concernés.



Toutefois, l’échec de certains projets (au Nigeria, en Angola), l’apparition de listes noires d’entreprises chinoises auprès des bailleurs de fonds ou encore la faiblesse des ressources locales (humaines et matérielles) pour le développement de plans économiques sur le long terme vont nécessairement conduire les autorités et entreprises chinoises à exiger de plus en plus de conditionnalités et de garanties à leurs prêts ou projets d’investissements. On observe par ailleurs que les Etats disposant d’importantes ressources financières (Algérie, Angola, Nigeria) refusent de se laisser enfermer dans un tête-à-tête avec Pékin.



Par ailleurs, la plupart des entreprises chinoises n’ont aucune expérience africaine. Elles ont souvent développé un modèle de développement de leurs activités qu’elles appliquent uniformément à travers le monde. Habituées à négocier des contrats avec les autorités du pays, elles se rendent peu à peu compte de la faiblesse de certains Etats africains. Les cercles des pouvoirs africains ont parfois du mal à obtenir que leur administration mette en application les accords signés.



Face à la Chine, l’une des stratégies des grandes entreprises occidentales pourrait consister à afficher un plus grand respect des normes, notamment sociales et environnementales, qui répond aux attentes des populations africaines. C’est notamment l’exemple du projet « badge of excellence » proposé par de grandes entreprises minières occidentales auprès de l’ONU. Ce type d’initiative permet à la fois d’améliorer l’image de ces grandes compagnies occidentales ayant eu des relations parfois difficiles avec les pays africains, mais également d’exercer une pression sur la RPC confrontée à la nécessité à son tour de faire évoluer son système de normes, et par voie de conséquence, de tarification. La RPC est en effet dans la ligne de mire des ONG protectrices de l’environnement mais aussi sous la surveillance de plus en plus forte des sociétés civiles.



La question de la pertinence du principe de conditionnalité doit être également posée. Du côté chinois, on met en avant un partenariat sans conditionnalité, à l’exception de la reconnaissance du principe de la Chine unique. Du côté occidental, le principe de conditionnalité a lié l'aide au développement à la satisfaction d'une série de conditions politiques (démocratisation) et économiques (bonne gouvernance, libéralisation des économies). Jusqu’au début des années 1990, la politique africaine de la France était plutôt caractérisée par un certain pragmatisme. Le discours de La Baule du président Mitterrand annonçait un changement de cap mais les résultats n’ont pas été concluants.



La France est fréquemment prise à partie par les populations africaines à cause du décalage entre son discours officiel pro-démocratique et son soutien à certains régimes autocratiques. Alors que la conditionnalité démocratique est mise en avant, la France ne dispose d’aucune structure officielle pour assurer la promotion de valeurs démocratiques. Entre l’Union européenne et les pays ACP, le renforcement de ces conditionnalités politiques s’est effectué à travers les négociations des accords de Lomé (III et IV notamment) et Cotonou. Le principe de conditionnalité était censé être universel, force est de constater qu’il ne concerne que des pays en position de faiblesse face aux négociateurs européens. Ce principe a été de fait abandonné dans les négociations avec d’autres régions ou pays du globe (pays du golfe persique, Chine, Russie, etc.).



Pourtant, la nature de la présence chinoise en Afrique, et notamment l’absence de respect d’un niveau minimum de normes, en particulier sociales et environnementales, dépendent également beaucoup de la nature des différents régimes africains avec lesquels la Chine travaille. D’une manière générale, les progrès de la démocratie et l’existence d’une véritable société civile nuisent à la marge de manœuvre de Pékin ou des entreprises chinoises.



Au niveau des conditionnalités économiques portées par les institutions financières internationales, les succès n’ont pas été flagrants. Les vagues de privatisation et de libéralisation imposées par les plans d’ajustements structurels ont contribué à l’affaiblissement des Etats africains. Ceux-ci ne disposent plus des moyens d’assurer leur autorité et leur rôle d’amortisseur de crises. Plusieurs rapports ont pointé du doigt le manque d’impact et l’irrationalité des conditionnalités imposées par le FMI et la Banque Mondiale.



En avril 2006, le Royaume-Uni avait temporairement suspendu sa contribution à la Banque mondiale pour protester contre la faiblesse des réformes engagées par la Banque en ce qui concernait les conditionnalités. Le secrétaire britannique en charge du développement, Hillary Benn, remettait en cause le fait que les institutions financières internationales puissent s’ingérer dans les affaires intérieures des pays aidés.



La crise économique mondiale de la fin 2008 et les réponses qui lui ont été apportées dans les pays du Nord et émergents ont provoqué un sentiment d’injustice parmi les populations africaines. Les pays occidentaux se sont octroyés des traitements de choc (nationalisation, dettes, plans de relance) qui avaient été refusés aux pays africains dans les années 1980-90. Les conditionnalités ont volé en éclat et le continent africain est frappé par ricochet (chute des cours de matières premières, baisse de l’aide au développement, baisse des investissements) par la crise d’un système financier mondialisé auquel il était très faiblement connecté.



Tous ces évènements contribuent à créer un climat propice pour réellement repenser les conditionnalités de l’aide au développement. La Chine est très soucieuse de son insertion « pacifique » sur la scène internationale. Les autorités chinoises sont donc très sensibles à leurs relations avec les organismes internationaux et le poids qui leur est accordé en leur sein. L’émergence de la Chine comme un acteur international majeur, avec un système de normes et de références propres, provoque des réactions de méfiance de la part des autres acteurs qui attendent des gages de bonne volonté de la part de Pékin. La RPC essaie ainsi d’ouvrir un dialogue avec ses partenaires au sein des organismes internationaux. Il y a donc de réelles possibilités de dialoguer avec les autorités chinoises sur les questions de gouvernance et de normes.



C’est également la perception de l’Afrique en Europe qui doit être revue. Le continent africain, notamment les pays de la zone francophone, traditionnellement partenaires de la France, est souvent perçu comme un fardeau économique. Cette image est véhiculée dans les médias depuis plusieurs décennies. Pourtant, depuis le début des années 2000, l’ensemble du continent a connu un cycle de croissance tiré entre autres par la hausse des prix des matières premières et le boom des télécommunications. Le continent africain reste le moins développé du monde mais dispose d’un grand potentiel.



Les pays émergents ne s’y trompent pas puisqu’ils multiplient les accords économiques avec les pays africains. Le nombre de sommets impliquant l’Afrique s’est considérablement accru (Chine, Inde, Corée du Sud, Turquie, Japon, Brésil, Amérique latine, etc.). Cet intérêt généralisé a permis la mise en chantier d’un grand nombre de projets dans le secteur des infrastructures, qui ont eu des effets démultiplicateurs de croissance, mais également dans le secteur agricole. D’immenses espaces de terres arables sont encore disponibles en Afrique, qui excitent les convoitises de grands groupes agroalimentaires venus du monde entier, y compris chinois. La croissance démographique et l’urbanisation du continent sont aussi des éléments qui devraient intéresser les investisseurs par le potentiel de marché qu’ils représentent.



L’environnement des affaires s’améliore lentement avec des signes positifs : la mise au point du code des affaires OHADA va dans la bonne direction. Pour la première fois, d’après le rapport de la Banque Mondiale Doing Business, c’est un pays africain qui a lancé le plus de réformes économiques en 2009 (le Rwanda).



De plus, les gouvernements africains collaborent et s’organisent pour créer un environnement favorable à l’afflux d’investissements étrangers. Conscients des problèmes que pose le morcellement du continent par rapport à l’ampleur des chantiers à mener (infrastructures sous-développées, budgets nationaux réduits, marchés fragmentés), les organisations régionales prennent de plus en plus d’initiatives pour la gestion de l’environnement économique : UEMOA, COMESA, SADC.



Il est dans l’intérêt des investisseurs chinois comme occidentaux que l’environnement des affaires dans les pays africains s’améliore. On note ainsi une multiplication de déclarations des autorités chinoises à l’attention de leurs entreprises, enjoignant à celles-ci de se convertir à des pratiques responsables. Toutefois, au-delà de la rhétorique, la prise de conscience de vraies difficultés est évidente. Les acteurs chinois se rendent compte de la faiblesse de la plupart des états africains, de leurs difficultés à faire respecter leurs engagements ou à étendre leur influence à l’ensemble de leurs territoires. Les questions de gouvernance seront donc certainement mieux prises en compte par Pékin, en partenariat avec d’autres acteurs.

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07/01/2012

Campagne militaire Francaise en Pays Bamileke. Chronique d'un genocide annonce.



Campagne militaire Francaise en Pays Bamileke.
Chronique d'un genocide annonce.

Parmi les grands crimes commis par la France aux quatre coins du globefigure un, sans doute le plus scandaleux, premedite, planifie etexecute par le General de Gaulle au tournant des annees 60.En pleine guerre froide, il n'y a pas de camera pour filmer, ni de reporters pour ecrire. Entre les chaines montagneuses du pays BAMILEKE, les Chasseurs-bombardiers francais se livrent a l'implacable jeu de la mort. Les populationsindigenes qu'on massacre ainsi n'ont rien pour se defendre. La situationgeographique de la region martyrisee n'arrange fatalement pas les choses.Le pays BAMILEKE est, a ce moment-la, la seule province camerounaise qui nepartage pas de frontieres avec un pays voisin. Il n'y aura pas d'exode vers lesfrontieres, ni de Camps de Refugies. Il n'y aura pas de Croix Rouge, ni deMedecins Sans Frontieres. Il y a pourtant une sorte d'unanimite et de consensusinternational sur ce crime.L'ONU, de laquelle la France tient son mandat de Tutelle, restera etrangementmuette. La Grande Bretagne, l'autre Mandataire et Alliee de la Premiere GuerreMondiale, est de l'autre cote de la montagne, a un vol d'oiseau de Mbouda et deDschang. Les vas et vient des bombardiers francais n'ont certainement pasechappe a la vigilance des services secrets de sa Majeste. Son silence est, sansaucun doute, un acte de solidarite occidentale. Le Vatican, dont on connait lacapacite a fustiger les crimes de cette ampleur, n'en dira pas un seul mot. Pire, lesecoles et colleges missionnaires a l'Ouest du Cameroun ont abrite le corpsexpeditionnaire francais. Il s'agit, peu de gens le savent, de l'un des plus grandsgenocides de l'histoire de l'Humanite.

Le rayonnement international de la France, qui beneficie de la Loi du silence del'ordre blanc mondial, va reussir a etouffer le crime. Aujourd'hui, les jeunesCamerounais sont surpris lorsqu'on leur apprend, de maniere anecdotique helas,l'histoire de cet effroyable drame. Le General de Gaulle s'est rendu ainsi coupable


d'un deuxieme genocide: Le genocide de la Memoire.

La plupart des Officiers francais qui font partie du Corps expeditionnaire sontd'anciens tueurs de la Guerre d'Indochine. Ils ont ete recases au Cameroun, enraison, croit-on savoir, des Accords de Defense Militaires passes entre M. Ahidjoet Charles de Gaulle. Le Cameroun n'est pourtant pas, si l'on se refere a cesfameux Accords de Defense, sous la menace d'un pays etranger. Le Ministre de ladefense de M. Ahidjo, un certain Sadou Daoudou, - dont le nom devrait entrer dans le registre sinistre des criminels de guerre n'aura pas de mal a convaincreson homologue Francais Pierre Guillauma. Jacques Foccart, le Rambo francaisdes tropiques, est favorable a l'extermination massive des BAMILEKE, que desrapports des services de la SDECE - dont ceux d'un certain Jean Lambertonpresentent comme une dangereuse menace pour les interets Francais auCameroun. Sur place a l'Ouest du pays, dans le champ des operations, se trouveAndze Tsoungui, ministre aujourd'hui retraite.

Parmi les Officiers du Corps expeditionnaire, figure Max Bardet, Piloted'helicoptere. Comme beaucoup d'autres, il a pris une part active auxbombardements. Il a survole et bombarde, avec une cruaute qu'il n'a jamais niee,le pays BAMILEKE. Voici un temoignage edifiant qu'il a fait en 1988 dans un livreintitule OK Cargo. Bardet sait tres bien de quoi il parle. Voici sa declaration:

" En deux ans, de 1962 a 1964, l'armee reguliere a completement ravage le paysBAMILEKE. Ils ont massacre de 300 000 a 400 000 personnes. Un vrai genocide.Ils ont pratiquement aneanti la race. Sagaies contre armes automatiques, lesBAMILEKE n'avaient aucune chance(.) Les villages avaient ete rases, un peucomme Atilla "Bardet prononce bien les mots genocide, race aneantie, villages rases. un peucomme Atilla. Ces mots funebres ne sont pas prononces par un profane, mais par un militaire, acteur et temoin d'un crime. La comparaison que cet Officier fait avecAtilla n'est pas fortuite. Pour ceux qui connaissent un peu l'histoire triste de cepetit village martyr du Liban, il est meme etonnant qu'il ait eu des survivants al'ouest du Cameroun. Ce temoignage a lui seul constitue un element de preuvedont un Tribunal International =Special devrait un jour tenir compte. Bardet avance le chiffre de trois a quatrecents mille victimes. Rien qu'en deux ans!!! Combien y-a-t-il eu entre 1964 et 1970,date annee de la fin de la campagne de " pacification "? Combien y en-a-t-il entre1955 et 1962? C'est pour repondre a cette question que nous enquetons en ce moment a l'ouest du Cameroun. Les recherches se feront maison par maison,quartier apres quartier, et pour cela, la collaboration totale de toute personneresident en territoire BAMILEKE est indispensable, car il est evident qu'aucunefamille BAMILEKE n'a echappe aux massacres.



Constantin Melnik a ete, dans les memes annees 60, un haut responsable de l'EtatFrancais.Il etait conseiller des services secrets de Michel Debre, alors Premier Ministre de France, sous la presidence de Charles de Gaulle. Dans un livre qu'il apublie en 1996 aux Editions Plon, intitule " La mort etait leur mission ", Melnik raconte, page 195, l'epopee sanglante du Corps expeditionnaire francais auCameroun.

" Apres la decolonisation orchestree par le General de Gaulle, des troublesavaient eclate au Cameroun. Ou se situait, a propos ce putain de pays et quellesetaient son histoire et sa singularite? Une fraction extremiste regroupant lesBAMILEKE s'etait soulevee. Selon une tradition africaine qui n'etait pas encorerelayee par la television, des massacres avaient eu lieu, suivis d'une repressionou les forces gouvernementales, epaulees par des Conseillers militaires francais,n'avaient fait preuve d'aucune reserve. Tentes par une aventure africaine, descamarades du Colonel Martineau etaient partis piloter des helicopteres et ilsetaient revenus lourds de recits de cadavres flottant au fil de l'eau ou pourrissantdans la foret "

Dans ce livre qui a secoue la France par la justesse de son contenu et le franc-parler de son auteur, Melnik, aujourd'hui retraite, reconnait que les crimes de laFrance sous le General de Gaulle, ont inscrit le nom du President Francais en tetesur la tableau des horreurs, tres loin devant des personnages aussi ignobles queStaline. Melnik n'etait pas n'importe qui. Il a participe a toutes les strategiesd'extermination elaborees par les services secrets Francais, et n'ignorait rien desmethodes et de la maniere utilisees par le Corps expeditionnaire. Comme MaxBardet, Constantin Melnik dresse un bilan effroyable de ce crime. Des cadavresqui flottent au fil de l'eau ou pourrissent dans la foret. Le livre de Melnik est unprecieux temoignage.

Le Ministre des armees de Charles de Gaulle, Pierre Guillauma, a evoque cettetragedie en des termes plutot elogieux. Dans " La Francafrique ", un livre publieaux Editions Stock en Avril 98 par Francois Xavier Verschave, celebre chercheur Francais, voici =ce que Mr. Guillauma declare:

" Foccart a joue un role determinant dans cette affaire. Il a mate la revolte desBAMILEKE avec Ahidjo et les services speciaux. C'est la premiere fois qu'unerevolte d'une telle ampleur a ete ecrasee convenablement. Il a ete tres sage pour ne pas exciter l'armee ".

C'est le ministre des armees qui parle. La posterite appreciera. Y-a-t-il de preuvesplus convaincantes que celles, aussi claires, qui sortent de la bouche d'unepersonnalite de ce rang? Jamais, de memoire d'homme, on n'a vu un pays quiaccepte d'une facon aussi pertinente et triomphaliste la responsabilite d'undesastre. Max Bardet, Constantin Melnik, Pierre Guillauma, Foccard., ont bienreconnu la responsabilite d'ailleurs indiscutable de la France dans ce genocide.Quatre personnages qui forment une chaine dont le gros maillon de depart n'estautre que Charles de Gaulle, Chef de la France libre, que le Cameroun a pourtantaccueilli et aide en 1940 apres sa lourde et cuisante defaite a Dakar.Au tournant des annees 40, Hitler a occupe la France et Petain est a lacollaboration. Charles de Gaulle quitte le pays et se refugie a Londres d'ou, avecl'aide de Winston Churchill, il va prendre la tete d'une force d'expedition quipartira des Cotes de Liverpool, au nord de l'Angleterre, en septembre 1940. DeGaulle va sillonner les cotes africaines a la recherche de points strategiques. A latete de cette armada, il lance une attaque a Dakar, sur les positions strategiquesd'une armee encore fidele a Petain. Du =23 au 25 septembre 1940, l'attaque est etouffee dans l'oeuf, l'armada detruite, etde Gaulle a juste le temps de s'enfuir. Aucun pays de la cote ouest Africaine n'estdispose a accueillir le General dans sa fuite. Sauf le Cameroun. Le 8 octobre 1940,de Gaulle debarque au port de Douala. Sur le quai, Leclerc, alors Colonel, est venul'accueillir. Avec lui, plusieurs milliers de personnes, qui viennent parfois du fonddes campagnes camerounaises. Le visage de de Gaulle s'epanoui subitement. Ildira dans son discours de remerciements " Aujourd'hui, la confiance est revenueen moi "

Le long sejour du General en terre camerounaise sera marque par une tellehospitalite qu'il decidera d'implanter sa base arriere a Douala. Toute la campagneorchestree dans la sous region de l'Afrique Centrale sera lancee a partir duCameroun, qui deviendra =ainsi dans ses reves , et plus tard dans la realite, la base historique d'ou sontparties les campagnes militaires decisives des pays d'Afrique rallies qui ontpermis de liberer la France. Si les patriotes Camerounais, toujours inflexibleslorsqu'il s'agit de Liberte, n'avaient pas consenti a aider de Gaulle a ce momentcrucial de l'histoire de la France, nul ne peut dire avec exactitude ce que lesFrancais seraient devenus.

La France doit sa Liberation et sa prosperite aux Camerounais. Particulierementaux BAMILEKE. Voici pourquoi : L'Allemagne a ete de tout temps un voisinredoutable pour la France, sorte de cobaye ou les Allemands ont experimentetoutes leurs visees imperialistes. Peu avant l'eclatement de la Premiere GuerreMondiale, L'Allemagne a aussi tente d'etendre son influence en Afrique. Faisantusage d'une grande brutalite, son protectorat s'est rapidement repandu sur lesCotes. Debarques a Douala, ils condamnent Douala Manga Bell qui s'oppose aleurs methodes et l'executent par pendaison. Il s'agit d'une mise en garde severea tout recidiviste. La conquete du Littoral camerounais est une partie de plaisir pour Bismark et ses hommes. Les colons allemands progressent tranquillementet se dirigent vers l'ouest du pays, a coup de travaux forces. En territoireBAMILEKE, Ils seront surpris par la riposte. La resistance des Patriotes estfoudroyante. Les methodes allemandes, pour la premiere fois en Afrique,enregistrent un cuisant echec. Ils optent pour la ruse qui echoue. C'est alors qu'ilsacceptent de negocier. Les Allemands ont compris tres vite qu'il est inutile de fairela guerre a un peuple qui fait preuve d'une telle determination. Les BAMILEKEn'ont pourtant pas une tradition militaire. En 1940, Ils vont mettre cette experiencehistorique au service de Charles de Gaulle. L'aide ne s'arretera pas la.Universellement reconnus pour leur sens legendaire de l'epargne, les BAMILEKEvont mobiliser une forte somme d'argent l'argent etant le nerf de la guerre qu'ilsremettront a titre de pret au General contre une reconnaissance de dette que deGaulle et la France n'ont jamais honoree. Ce bref retour a l'histoire a une valeur pedagogique. Il retablit une verite encore une, qu'aucun livre d'histoire auCameroun n'enseigne.

Logiquement, lorsqu'on a fait preuve d'une telle generosite a l'egard de quelqu'un,on s'attend au moins a un acte de reconnaissance de sa part. Comment de Gaullea-t-il retourne l'ascenseur? Ecoutez la reponse de Francois Xavier Verschave,extrait de La Francafrique, dont il est l'auteur " Foccart expedie au Cameroun une veritable armee : Cinq bataillons, un escadronblinde, des Chasseurs bombardiers T26. A sa tete, un veteran de guerred'Indochine et d'Algerie, le General Max Brillant, surnomme " le Viking ". EnExtreme-Orient, ce colosse blond a commande durant deux ans la 22e RIC, lesCasseurs de Viets. (.) Le General Brillant se pose en rouleau-compresseur, et leColonel Lamberton en stratege. (.) La lutte anti-guerilla menee par lesCommandos coloniaux est d'une brutalite inouie. Vagues d'helicopteres, Napalm.C'est une prefiguration de la guerre du Vietnam que se jouent les veteransd'Indochine. Leur rage est d'autant plus grande que sur plusieurs fronts ilsremportent des succes ponctuels. "

Les massacres de l'armee francaise en pays BAMILEKE ont toujours fascine Verschave. President de Survie, une ONG francaise humaniste, il s'est rendu auCameroun pour enqueter et chercher a comprendre. Dans le No 135 del'hebdomadaire Camerounais Mutation publie le 23 juillet 1998, Verschave tirecette conclusion a la page 5 :

" Ce qui m'a le plus frappe au cours de mon enquete, c'est que ces faits macabressuscitent encore une telle terreur que tous mes interlocuteurs camerounais enetaient comme stupefies. Ils m'ont dit qu'il s'agissait de quelque chose d'explosif,et qu'eux-memes avaient du mal a entreprendre une demarche a caractere historique et scientifique sur ces carnages de l'armee francaise.Des lors, je me suis dit que si 40 ans apres il y a encore une telle =terreur, on peut etre certain qu'il s'est passe quelque chose de terrible. (.)Les Camerounais sont en droit de savoir ce qui s'est passe et d'avantage ce quise passe. Il leur revient de definir l'urgence ou non d'une telle demarche "Verschave vit a Paris, et ses travaux sur ce genocide pourraient constituer unebase de ressources determinante.

Malgre la gravite de ce crime telle que decrite par ses auteurs et des observateursavertis, la conspiration du silence est flagrante. Le genocide du peuple BAMILEKEest le seul qui echappe etrangement au registre des horreurs qui ont marquel'histoire de l'Humanite. Les Juifs, les Armeniens, les Kurdes, les Tutsi.ont eu droita une reconnaissance internationale et/ou a un Tribunal Penal. Une analyse, memesuperficielle des phenomenes historiques, permet de comprendre a quel point lesBAMILEKE ont ete martyrises. Disperses aujourd'hui entre les montagnes del'Ouest du Cameroun, ils font partie de la Grande famille africaine qui a connu 4siecles d'esclavage, suivie d'une tentative de lavage de cerveau par les conquetesreligieuses ( qui a heureusement echoue en pays BAMILEKE ), et de plusieursdecennies de colonisation. Aucun peuple en Afrique n'a aussi souffert que lesBAMILEKE, face a une puissance militaire occidentale. Il y a les Algeriens certes.Mais eux au moins furent soutenus et aides par leurs freres arabes des paysmagrhebins et Moyen-Orientaux, et par une grande partie de l'opinion francaise.En Algerie, l'armee francaise etait en guerre contre une Nation qui se defendaitavec des moyens certes limites, mais appropries. Le Parlement francais vientd'ailleurs de voter un texte qui pour la premiere fois reconnait le terme " guerre "dans la campagne francaise en Algerie. Les BAMILEKE ont-ils beneficie ne fut ceque d'un centieme du soutien semblable a celui dont ont eneficie les Algeriens ?Les Francais n'ont-ils pas eu le loisir d'exterminer un peuple indigene sansdefense au fond de l'Afrique Equatoriale sans que le monde entende le moindre bruit ?

comme les Francais contre les forces du IIIe Reich. Ceci a-t-il donne le droit auGeneral de Gaulle de depecher des chasseurs bombardiers contre un peuple quisavait a peine ce que c'est qu'une arme a feu, et dont la majorite n'etait que desenfants, des femmes et des vieillards? Pourquoi les Francais ont-ils toujoursnourri une telle haine a l'egard des BAMILEKE ?Pour comprendre les raisons, il est conseille de se referer a Jean Lamberton,tristement celebre doctrinaire du gaullisme criminel, qui dans un article intitule "Les BAMILEKE dans le Cameroun d'aujourd'hui " publie dans une revue desstrateges =Francais en mars 1963, declarait : " Les BAMILEKE sont une minorite ethnique quirepresente un caillou bien genant dans la chaussure de la France " On n'en dirapas plus. Voyons ! Les BAMILEKE sont-ils une minorite ethnique au Camerouncomme le decrit Lamberton ? Cette volonte irresponsable de travestir la verite,diffusee grace a une litterature de haine bien structuree, s'inscrivait dans l'optiqueannoncee de ces massacres. La campagne militaire avait donc un but precis :Ecraser les Bamileke pour que les survivants ne constituent plus qu'une minoriteethnique, incapable de troubler le sommeil de la Mere-Patrie. Le temps a prouvecomment Lamberton s'est trompe.

Oui, il est aise de le prouver, les BAMILEKE ont toujours gene la France. Dans leur reve de devenir une puissance planetaire, les Francais ont fait usage de tous lesartifices pour empecher l'emergence des bourgeoisies autochtones dans les paysd'Afrique places sous leur Tutelle par la Societe des Nations. De tous les 14 paysde la zone francs qui restent aujourd'hui, et sans lesquelles les Francais neseraient rien, 13 sont domines economiquement par la France. D'Abidjan a Dakar,de Libreville a Conakry, de Brazzaville a Bangui, de Djamena a Bamako etc. laFrance rayonne.Boulangeries, epiceries, echoppes, bars etc., sont entre des mains francaises, dememe que les centres commerciaux, et l'import-export. Le Cameroun echappe a laregle. Gra ce aux BAMILEKE, dont le flair en affaires a fascine tant de mondeentier, les Francais ont =echoue dans leur tentative d'etendre leur imperialisme economique sur leCameroun. Et les Francais ne comprennent toujours pas comment un peuplesauvage, qui decouvre a peine ce qu'est une route bitumee, ait pu developper untel sens des affaires.Le Colonel Lamberton a donc raison lorsqu'il parle de caillou genant.L'extermination des BAMILEKE dans ce cas doit etre comprise comme une faconbien francaise, lache et criminelle, d'effacer un adversaire economique. Et la rebellion un pretexte. Mongo Beti ne cesse de le dire depuis 40 ans, l'ecroulementde l'influence francaise au Cameroun supposait la fin de son imperialisme danstoute la sous region de l'Afrique Centrale, et une grande partie de ses ouvrages y sont consacres.

Le pretexte de la rebellion pour exterminer un peuple est une pratique bienancienne. Dans le projet de loi relatif a la reconnaissance du genocide armenienen 1915, debattu et adopte au Parlement francais le 29 mai 1998, voici unparagraphe eloquent :" Le gouvernement Ottoman exploite le debut d'un mouvement revolutionnairearmenien pour accrediter la these d'une insurrection des Armeniens Ottomans etl'existence d'un mouvement insurrectionnel, alors que les reactionsd'autodefense, tres limitees, des Armeniens demontrent le contraire ".

Dans leur campagne d'extermination, M. Ahidjo et de Gaulle ont reussi a faireadmettre qu'ils etaient en lutte contre des maquisards, des pilleurs, des violeurs.De tout cela, Il n'en etait rien. Momo Paul, assassine en 1960, son ami Kamdem-Ninyim, Roi Baham qu'Ahidjo n'a pu corrompre, et surtout Ernest Ouandie,Nationaliste intransigeant, etaient avant tout des Patriotes implacables. Ont-ils tued'autres BAMILEKE comme on a tente de l'insinuer pour les discrediter ? Il estpossible. Mais alors ! Les Francais et le General de Gaulle n'ont-ils pas tue etbrule leurs concitoyens qui etaient soupconnes de collaboration avec l'Allemagne? Et le pretexte de la rebellion donnait-il le droit a la France de larguer desbombes chimiques sur des populations innocentes ?

Les BAMILEKE ne doivent, en aucun jour, oublier d'honorer la Memoire de leursmartyrs. Une Memoire qui doit rester vivante et vivifiee sans cesse, et qui doitalimenter le desir de survie des generations de demain. Depuis 40 ans, la Franceet les gouvernements camerounais successifs, y compris celui au pouvoir aujourd'hui, ont reussi a discrediter tous les reperes qui auraient pu permettre a lageneration actuelle de prendre conscience. Le plus efficace des moyensd'etouffement et de discredit a ete une technique chere aussi bien aux Francaisqu'aux gouvernements camerounais :La CENSURE. Les livres d'histoire au Cameroun sont pleins de petites banalites.Ecrits presque tous sous l'oeil vigilent des censeurs francais, il n'y a nulle tracede l'intervention militaire du General de Gaulle. La France y est toujours presenteeen Mere-Patrie, et de Gaulle en bienfaiteur. Ils ont appris a nos parents a chanter la Marseillaise, et les petits eleves des ecoles primaires du Cameroun peuventvous dire ouH se trouve le Boulevard des Champs elysees a Paris. Les placespubliques de Douala et de Yaounde sont truffees de monuments edifies a lamemoire des bourreaux. Nos rues leur sont dediees. Cette capacite legendairepour un bourreau de reussir a se faire accepter comme un bienfaiteur est uniquedans l'Histoire. Jean Rostand disait " On tue un homme, on est assassin. On tuedes millions d'hommes, on est conquerant. On les tue tous, on est un dieu " Cettemetaphore s'applique parfaitement a la France.

Francois Xavier Verschave a declare dans un No de Mutation deja cite qu'il revient aux BAMILEKE et aux Camerounais de definir ou non l'urgence d'une demarche,car il faut l'avouer, il y a urgence, d'autant plus que les Francais comptent sur l'usure du temps. Et pourtant, dans une allocution prononcee a Vienne en janvier 1984, le President Mitterrand a declare :"Il n'est pas possible d'effacer les traces d'un genocide qui vous a frappe. Celadoit etre inscrit dans la memoire des hommes et ce sacrifice doit servir d'enseignement aux jeunes en meme temps que la volonte de survivre afin quel'on sache, a travers le temps, que cepeuple n'appartient pas au passe, qu'il estbien du present et qu'il a un avenir ". ( C'est nous qui soulignons)

Malgre la certitude qui caracterise ce genocide, il y a un certain nombred'elements que seuls les Francais peuvent fournir : Les rapports de missions deleurs Officiers. Il existe un seul moyen credible a la France pour prouver sa bonnefoi : OUVRIR SES ARCHIVES et RECONNAITRE CE GENOCIDE. L'acces a cesarchives permettra d'identifier la plupart des charniers qui restent inconnus. Lareconnaissance d'un crime est un acte qui honore le bourreau. Voici la teneur dumessage de Rene Rouquet, Parlementaire francais, a ses homologues le 26 mai1998 :" Reconnaitre l'existence d'un genocide s'impose a tous, car un tel forfaitinterpelle l'humanite dans son ensemble. Nier son existence atteint directementles survivants, insulte la memoire des victimes et les assassine une seconde fois.Nier l'existence d'un genocide banalise l'horreur (.) Le devoir de memoire et lalutte contre l'oubli s'impose donc a chacun, aux survivants de la tragedie commea ceux qui les cotoient, afin que ces actes barbares ne soient pas ignores ou nies.On sait aujourd'hui qu'il est impossible d'entamer un travail de deuil sans que justice soit rendue et que les coupables soient punis, - ou a tout le moinsdesignes quand il est trop tard pour les sanctionner. Le denier est un assassinatde la memoire " ( C'est nous qui soulignons )Il n'y a rien a ajouter a cette declaration. Il faut simplement esperer ces bonnesintentions, qui ont soutenu la reconnaissance du drame armenien, soitapplicables aux massacres en pays BAMILEKE.Plusieurs pays, y compris les Etats Unis et le Vatican, ont reconnu leursresponsabilites dans les crimes qu'ils ont commis a travers l'histoire. Lareconnaissance d'une faute, quelle que soit sa gravite, ouvre la porte aucompromis. L'ancien Secretaire d'Etat Americain Mac Namara est alle demander pardon aux Vietnamiens. Les Allemands ont reconnu leurs crimes commis enPologne et un peu partout en Europe. Le Vatican, par la voix du Pape, vient dedemander pardon, dans un discours pathetique, pour toutes les atrocites del'Eglise Catholique. Les Japonais ont implore le pardon de la Chine. Le Parlementfrancais, en 3 ans, a pose 2 actes successifs : Le terme Genocide a ete retenupour qualifier les crimes de la Turquie en Armenie, et le terme Guerre pour qualifier la campagne militaire francaise en Algerie.

L'opinion francaise considere toujours le General de Gaulle comme le plus grandheros francais de tous les temps. Que cet homme que les Camerounais et les BAMILEKE ont pourtant accueilli et aide dans ses moments difficiles - se soitrendu coupable d'un tel crime augmente notre revolte, et montre a quel point lesFrancais peuvent etre ingrats.Comme tous les peuples de la terre, les BAMILEKE ont aspire legitimement a laliberte, au droit de disposer eux-memes de leur propre destine, qui est un droitinne et inalienable, comme defini dans la Declaration Universelle des Droits del'Homme, et dans tous les Traites Internationaux. Les BAMILEKE ont souhaite unCameroun fort, uni, prospere. Pour cette cause somme toute legitime,une frangede Patriotes inflexibles s'est soulevee contre une force d'occupation, exactement

Compte tenu de la sensibilite de la question, certains Deputes vont chercher a se derober et a esquiver le sujet. Il se trouvera certainement des Parlementairescourageux pour briser le signe indien. Et l'histoire retiendra. Chaque BAMILEKE,quelle que soit sa condition sociale, ou qu'il se trouve, doit integrer cette questiondans sa facon de regarder le Cameroun. Au fait, le progres et la prosperite duCameroun sont assujettis a ce probleme qui doit liberer le Cameroun,mentalement, psychologiquement et politiquement parlant.

Ce document n'a pas pour intention de reveiller les vieux demons du tribalismesur lequel les gouvernements camerounais successifs ont mise pour regner depuis 40 ans. Il ne donne pas l'occasion a quiconque de l'evoquer pour l'exploiter a des fins criminelles.Il le condamne. Il ne s'adresse pas aux Francais entend que peuple, mais a songouvernement. L'evocation de la responsabilite directe du General de Gaulle n'estpas une atteinte a la Memoire historique du peuple francais. Les informations sur certaines questions sensibles, tel que l'emplacement des charniers en pays BAMILEKE, ne sont pas publiees ici pour des raisons evidentes.

Ce document est public. Sa diffusion et son exploitation n'ont pas besoin Mais les crimes contre les BAMILEKE ne sont pas a l'ordre du jour. Du moins pasencore. Les Francais chercheront-ils a nier des faits aussi evidents ? Ce ne seraitpas etrange. Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix, disait ceci :Au XXe siecle, le genocide demeure un fleau frappant l'humanite de maniererecurrente. Le terrible holocauste des Juifs a ete une des plus effroyablesviolations des droits de la personne et des peuples. Au proces de Nuremberg, lesresponsables ont ete juges et condamnes. Mais combien d'autres genocidesrestent impunis ? les responsables s'efforcent de nier leur culpabilite etpretendent a l'impunite. Or le genocide est un crime contre l'humanite dont lacondamnation doit etre universelle ; Le temps ne diminue en rien la responsabilitede ses auteurs et il n'y a pas de peremption pour un tel crime ". C'est nous quisoulignonsCette publication vise a briser le silence qui entoure tragiquement ce genocide, eta appeler tous les patriotes qui detiennent une parcelle d'information sur cedrame, aussi petite soit-elle, a la livrer, pour la posterite. Elle appelle a laconcertation, a un travail collectif et organise, dirige par une structure centraleconsensuelle. Depuis quelques annees, des recherches isolees ont eteentreprises dans certains villages BAMILEKE. Certaines chefferies ont organisedes funerailles a la memoire des victimes a une echelle reduite. La concertationrendrait ces demarches plus efficaces et plus credibles. Cette publication estegalement un appel pour une Conference Internationale sur ce genocide, sur laquelle un groupe de patriotes travaillent en ce moment a Londres.

Pourquoi une Conference Internationale ? Elle permettra de donner un impactmondial a la demarche, et brisera l'isolement des recherches menees par desvolontes individuelles. A propos de cette conference internationale, voici les avisde deux grands intellectuels, les Professeurs Jean-Louis Dongmo et Mongo Beti.Repondant a la lettre d'invitation a lui adressee pour cette =conference, le Pr Dongmo a ecrit

" En m'excusant du leger retard mis a vous repondre, je voudrais par la presente,d'abord vous remercier de m'avoir invite a participer au colloque de Londres sur le genocide BAMILEKE, et vous dire que je suis tout a fait interesse a prendre parta ces assises. En effet, il s'agit d'un probleme qui me preoccupe depuislongtemps, et je suis content de savoir que l'occasion va m'etre donnee d'endiscuter avec d'autres personnes, et surtout de lui faire acquerir aux yeux dumonde l'importance qu'il merite "( C'est nous qui soulignons)Le Pr Dongmo est Doyen de la Faculte des Arts, Lettres, et Sciences Humaines.Mongo Beti, qu'on ne presente plus, repondant a la meme invitation, a ecrit

" Bien sur, je participerai volontiers a la manifestation que vous envisagezd'organiser. Le genocide dont les BAMILEKE ont ete victimes fait de moins enmoins l'objet d'un doute. Voyez par exemple le livre de Verschave "LaFrancafrique". Ce qui manque, ce sont les chiffres. Il y a probablement descentaines de milliers de morts. Nous avons un devoir de memoire sur cet episodetragique de notre histoire nationale. Vous avez ma totale approbation " (C'est nousqui soulignons)

Plusieurs chercheurs et Historiens Occidentaux sont egalement interesses par cette Conference.

Depuis des annees, un grand philosophe camerounais, le Pr Sindjoun Pokam,defend une these qui ne releve plus seulement des revendications intellectuelles.DES FUNERAILLES COLLECTIVES ORGANISEES A LA MEMOIRE DES VICTIMESDE CE GENOCIDE. Les revendications du Pr. Sindjoun sont fondees, legitimes, etvoici pourquoi : Dans la civilisation BAMILEKE, lorsqu'on perd un membre de lafamille, on porte son deuil et on organise ses funerailles. Les funerailles sont,chez les BAMILEKE, le dernier rempart qui resiste farouchement aux assautsalienants et devastateurs des apports exterieurs. Une communaute, quel que soitson degre de developpement, a besoin de reperes. Dans les moeurs BAMILEKEles plus ancrees, les vivants entretiennent avec leurs morts tout un faisceau derelations, d'obligations constituees de rites divers. Ce sont ces rites quigarantissent la cohesion, la morale, l'ordre social et la survie du groupe. Unecommunaute ne peut ignorer cela sans voir son tissu social se disloquer enlambeau. Les funerailles sont cette vigilance qui rappelle a chaque peuple sonevoir envers les morts. Les revendications du Pr. Sindjoun ont un fondement a lafois historique et culturel. Un grand nombre de BAMILEKE de tous les ages et detoutes les couches sociales commencent a decouvrir et a comprendre le bien-fonde de ces funerailles. Depuis 3 ans deja, quelques associations travaillentdans cette perspective sur place au Cameroun. Parmi elles, " Binam 21e Siecle ",que dirigent le Pr. Nimangue Ti-Hemadeu et l'ingenieur Djouteu Dieudonne et quitravaille avec les Rois BAMILEKE " Poola'a " qui est a la pointe de ce combat, etdes personnalites politiques de premier plan comme M. Albert Dzongang, Dr Njapom Paul, Me Mbami Augustin, ou meme Jean Michel Nintcheu ... L'autre butde cette publication et de susciter un debat general sur cette questionfondamentale. Les BAMILEKE restent un peuple en deuil, et le temps ne fera rien al'affaire. Chaque fille ou fille BAMILEKE porte en lui ou en elle une part demalediction.Les massacres de la France doivent faire l'objet d'un debat national et devraientdesormais conditionner et determiner le type de rapports que les BAMILEKE,grand reservoir electoral, doivent entretenir avec les Hommes politiques. Et cedebat doit commencer, des aujourd'hui, par l'Assemblee Nationale. Lesinstruments juridiques internationaux offrent aux Deputes camerounais desarmes d'une tres grande efficacite. Il leur suffira de s'appuyer dessus. En 1948,l'Assemblee Generale des Nations-Unies adoptait une convention proscrivant la
pratique du genocide.L'article 1er stipule : " Sont caracteristiques du genocide des actes commis dansl'intention de detruire tout ou partie d'un groupe national, ethnique, racial oureligieux.Article 2 : " Les actes vises peuvent etre le meurtre des membres du groupe, lesatteintes graves a l'integrite physique ou mentale des membres du groupe, lasoumission intentionnelle du groupe a des conditions d'existence devantentrainer sa destruction physique, totale ou partielle, les mesures visant aentraver les naissances au sein du groupe ou le transfert force d'enfants d'ungroupe a un autre groupe "Article 3 : " Le crime de genocide recouvre non seulement la mise en oeuvre dugenocide, mais aussi toute tentative de le realiser ainsi que la complicite oul'incitation a la perpetrer "Article 4 : " Toutes personnes s'etant rendues coupables de ce crime doivent etrepunies, quel que soit le degre de leur implication " dirigeantsconstitutionnellement responsables" agents publics de l'Etat et personnesprivees "Article 7 : " Les personnes accusees de genocide sont jugees par un tribunalcompetent de l'Etat, sur le territoire duquel le genocide a ete commis ou par untribunal international "Les Parlementaires camerounais qui debattent actuellement des lois a l'hemicyclea Yaounde ont ici une occasion d'entrer dans l'histoire. Ce debat parlementairedoit integrer cinq elements vitaux :1.. La creation d'une commission d'enquete parlementaire sur ce genocide, ycompris sur les massacres commis en pays Bassa2.. L'inscription au programme dans les manuels d'histoire de cette periodetragique de l'histoire du Cameroun3.. L'interpellation officielle de la France pour l'ouverture de ses archives4.. La demande d'ouverture des archives camerounaises avec appel aux temoinset leur audition5.. L'amendement d'une loi relative a l'edification d'un monument a la memoiredes victimes de ce genocide et autorisant le deuil.Les Presidents des groupes parlementaires des differentes formations politiquessiegeant a l'Assemblee Nationale camerounaise sont directement interpelles etdoivent prendre des dispositions necessaires afin que cette question soit inscritea l'ordre du jour de la prochaine rentree parlementaire. Il s'agit particulierement duRDPC, du SDF, de l'UNDP, et de l'UPC. Chacun de ces groupes a recu ou recevraune requete dans ce sens Comte tenu de la sensibilite de la question, certains Deputes vont chercher a sederober et a esquiver le sujet. Il se trouvera certainement des Parlementairescourageux pour briser le signe indien. Et l'histoire retiendra. Chaque BAMILEKE,quelle que soit sa condition sociale, ou qu'il se trouve, doit integrer cette questiondans sa facon de regarder le Cameroun. Au fait, le progres et la prosperite duCameroun sont assujettis a ce probleme qui doit liberer le Cameroun,mentalement, psychologiquement et politiquement parlant.

Ce document n'a pas pour intention de reveiller les vieux demons du tribalismesur lequel les gouvernements camerounais successifs ont mise pour regner depuis 40 ans. Il ne donne pas l'occasion a quiconque de l'evoquer pour l'exploiter a des fins criminelles.Il le condamne. Il ne s'adresse pas aux Francais entend que peuple, mais a songouvernement. L'evocation de la responsabilite directe du General de Gaulle n'estpas une atteinte a la Memoire historique du peuple francais. Les informations sur certaines questions sensibles, tel que l'emplacement des charniers en paysBAMILEKE, ne sont pas publiees ici pour des raisons evidentes.

Ce document est public. Sa diffusion et son exploitation n'ont pas besoin d'autorisation. Ses eventuels lecteurs peuvent le diffuser autant que possible. Iln'a pas la pretention d'avoir fait une decouverte. Il est ouvert a toutes lescritiques, d'ou qu'elles viennent. Si vous souhaitez etre tenu regulierement aucourant de l'evolution des recherches, si vous avez une contribution intellectuelle,materielle ou un temoignage a faire, ecrivez a 'une des adresses ci-dessous. Sivous etes interessez par la Conference Internationale de Londres, ecrivez al'adresse appropriee. Le travail qui commence maintenant ira a son terme. Peu importe la duree. Il donnera au moins aux generations futures des reperes.

Afin que nul n'en ignore,

Brice NitcheuLondres, le 17 Aout 2000Contacts :Brice Nitcheu


President de la Coordination Internationale de Poola'a99, Gurney CloseLondon BarkingIG11 8JYUnited KingdomTel. : 00 44 208 594 825800 44 771 816 8198Email : bnitcheu@yahoo.co.uk=20

Serge Armel NjidjouSecretaire General de Poola'aBP......CamerounTel. : 00 23700 237Email : njidjouserge@hotmail.com

Marcel TchangueBruxellesBelgiqueEmail : tchang1@hotmail.com

Firmin Michel NgaleuLondon United KingdomEmail : mangal24@hotmail.com

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06/01/2012

Le Prince/Dédicace Nicolas Machiavel au Magnifique Laurent de Médicis

Ceux qui veulent gagner les bonnes grâces d’un prince ont coutume de lui offrir ce qu’ils possèdent de plus rare, ou ce qu’ils croient être le plus de son goût, comme des chevaux, des draps de soie, des armes et des pierres précieuses d’un prix proportionné à la grandeur de celui à qui ils en font hommage. Le désir que j’ai de me présenter à vous avec un gage de mon dévouement, ne m’a fait trouver parmi tout ce que je possède rien que j’estime davantage, ou qui soit plus précieux pour moi, que la connaissance des actions des hommes célèbres; connaissance acquise par une longue expérience des temps modernes, et par la lecture assidue des anciens. Les observations que j’ai pu faire avec autant d’exactitude que de réflexion et de soins, je les ai rassemblées en un petit volume que je vous adresse; et quoique je juge cette œuvre peu digne de vous être offerte, je compte cependant assez sur votre humaine bonté, pour espérer que vous voudrez bien l’accepter. Considérez que je ne puis vous offrir rien de mieux, que de vous procurer les moyens d’acquérir en très peu de temps, une expérience qui m’a coûté tant de temps et de dificultés.

Vous ne trouverez dans cet ouvrage, ni un style brillant et pompeux, ni aucun de ces ornements dont les auteurs cherchent à embellir leurs écrits. Si cette œuvre vous est agréable, ce sera uniquement par la gravité et la matière du sujet. Il ne faut pas que l’on m’impute à présomption, moi un homme de basse condition, d’oser donner des règles de conduite à ceux qui gouvernent. Mais comme ceux qui ont à considérer des montagnes se placent dans la plaine, et sur des lieux élevés lorsqu’ils veulent considérer une plaine, de même, je pense qu’il faut être prince pour bien connaître la nature et le caractère du peuple, et être du peuple pour bien connaître les princes.

J’ose donc espérer que vous accueillerez ce faible hommage, en appréciant l’intention qui me fait vous l’offrir, et que vous rendrez justice au désir ardent que j’ai de vous voir remplir avec éclat, les hautes destinées auxquelles votre fortune et vos grandes qualités vous appellent. Si, du rang où vous êtes élevé, vous daignez baisser les yeux en ma direction, vous saurez combien je supporte injustement les aléas et la magnilité de la fortune.

11:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Le Prince/Dédicace Nicolas Machiavel au Magnifique Laurent de Médicis

Ceux qui veulent gagner les bonnes grâces d’un prince ont coutume de lui offrir ce qu’ils possèdent de plus rare, ou ce qu’ils croient être le plus Ceux qui veulent gagner les bonnes grâces d’un prince ont coutume de lui offrir ce qu’ils possèdent de plus rare, ou ce qu’ils croient être le plus de son goût, comme des chevaux, des draps de soie, des armes et des pierres précieuses d’un prix proportionné à la grandeur de celui à qui ils en font hommage. Le désir que j’ai de me présenter à vous avec un gage de mon dévouement, ne m’a fait trouver parmi tout ce que je possède rien que j’estime davantage, ou qui soit plus précieux pour moi, que la connaissance des actions des hommes célèbres; connaissance acquise par une longue expérience des temps modernes, et par la lecture assidue des anciens. Les observations que j’ai pu faire avec autant d’exactitude que de réflexion et de soins, je les ai rassemblées en un petit volume que je vous adresse; et quoique je juge cette œuvre peu digne de vous être offerte, je compte cependant assez sur votre humaine bonté, pour espérer que vous voudrez bien l’accepter. Considérez que je ne puis vous offrir rien de mieux, que de vous procurer les moyens d’acquérir en très peu de temps, une expérience qui m’a coûté tant de temps et de dificultés.

Vous ne trouverez dans cet ouvrage, ni un style brillant et pompeux, ni aucun de ces ornements dont les auteurs cherchent à embellir leurs écrits. Si cette œuvre vous est agréable, ce sera uniquement par la gravité et la matière du sujet. Il ne faut pas que l’on m’impute à présomption, moi un homme de basse condition, d’oser donner des règles de conduite à ceux qui gouvernent. Mais comme ceux qui ont à considérer des montagnes se placent dans la plaine, et sur des lieux élevés lorsqu’ils veulent considérer une plaine, de même, je pense qu’il faut être prince pour bien connaître la nature et le caractère du peuple, et être du peuple pour bien connaître les princes.

J’ose donc espérer que vous accueillerez ce faible hommage, en appréciant l’intention qui me fait vous l’offrir, et que vous rendrez justice au désir ardent que j’ai de vous voir remplir avec éclat, les hautes destinées auxquelles votre fortune et vos grandes qualités vous appellent. Si, du rang où vous êtes élevé, vous daignez baisser les yeux en ma direction, vous saurez combien je supporte injustement les aléas et la magnilité de la fortune.

09/12/2011

QUE CACHE LA RUMEUR SUR LE FRANC CFA ?

Depuis que le Wall Street Journal a annoncé que plusieurs banques Européennes se préparent à la fin de l'euro et au retour aux anciennes monnaies nationales, en nommant la frénésie en cour à la Banque d'Irlande, une rumeur s'est mise en route sur la probable dévaluation du Franc CFA. Comment ne pas y voir une tentative pour faire diversion sur le débat qui a envahi la rue africaine sur la sortie du Franc CFA, devant le déclin économique et financier de l'Europe et la conséquente difficulté de sa monnaie, l'Euro ? N'est-ce pas suspect que lorsque les Africains qui utilisent le Franc CFA, commencent à se poser de sérieuses questions sur l'opportunité de rester dans la zone CFA, arrivent ces rumeurs sur l'éventualité de la dévaluation du Franc CFA ? Et si c'était juste pour détourner l'attention de la vraie question : faut-il rester dans la zone Franc? Comment expliquer que pendant 52 longues années depuis les indépendances, des pays d'Afrique aient été privés de l'instrument de politique monétaire pour créer la richesse ? Qu'est-ce qui explique la honte assumée des dirigeants Africains d'accepter que leurs monnaies soient décidées et imprimées en France ?

LA FAUTE N'EST-CE PAS AUX DIRIGEANTS AFRICAINS ?

Souvent cela nous fait tant de bien de mettre sur le dos de la France ou de l'Occident la plupart de nos malheurs. Et cela réconforte, cela rassure comme le Chrétien a besoin du Juif pour laver ses péchés. Mais dans le cas du Franc CFA, la pilule est plus amère et cette fois-ci, même les Français n'accepteront pas de l'avaler ou du moins, pas tous seuls. Car le chapeau est à faire porter, plus aux intellectuels et dirigeants Africains qu'à l'ancien maître. Il existe une légende métropolitaine en Afrique savamment véhiculée par ces derniers selon laquelle, à cause des accords signés avec la France, il serait impossible de sortir du Franc CFA. Mais, sur le plan pratique, aucun texte, aucune loi, aucun accord, aucun décret ne peut empêcher un peuple de prendre sa souveraineté dès lors qu'il est conscient qu'elle lui avait été volée, dès lors qu'il comprend ce qu'il perd sans ladite souveraineté. La vérité est qu'il semble que ces pays préfèrent la subordination à la souveraineté. Deux contre-exemples nous le prouvent :


EN AFRIQUE DU NORD

A l'indépendance des pays africains, tous les pays d'Afrique du Nord étaient eux aussi liés à la France par les mêmes accords monétaires et militaires.

- Au Maroc : Pour avoir prétendu l'indépendance du Maroc et la sortie du Franc, le roi du Maroc Mohammed V Ben Youssef sera déporté avec toute sa famille d'abord en Corse, puis à Madagascar le 8 Avril 1954. La France installe au trône son oncle. Mais la population refuse et reste soudé derrière son roi, même exilé de force. La France est contrainte de le ramener en 1955. L'indépendance est proclamée l'année d'après. 2 ans après l'indépendance, le Royaume dit au revoir à la monnaie française et crée la sienne, le Dhiram en 1958, malgré l'hostilité de la France.

- En Tunisie, on a observé les mêmes résistances de la France pour concéder une véritable indépendance. Mais comme au Maroc ce sont les dirigeants Tunisiens qui ont fait comprendre à la France qu'un pays ne peut pas se dire indépendant alors qu'il utilise la monnaie d'un autre pays, alors qu'il a sur son propre territoire la base militaire d'un autre pays. En 1956, c'est l'indépendance formelle du pays, mais c'est toujours la France qui contrôle la monnaie tunisienne, le Franc. Dès 1958, la France est contrainte d'accepter que la Tunisie quitte la zone Franc pour créer sa propre monnaie le Dinar. Cependant, elle refuse d'évacuer ses troupes de Bizerte. En 1961, le président Bourguiba, lance un ultimatum aux Français avant de déclencher la guerre qui fera un millier de morts, presque tous des Tunisiens, pour chasser les Français de cette base militaire de Bizerte. Un an après, le 25 Juillet 1962, le Président Bourguiba obtient gain de cause, 6 ans après l'indépendance, le Président français De Gaulles annonce que la France accepte de mettre fin à 82 ans de présence militaire en Tunisie.

- En Algérie, en 1962, c'est l'indépendance formelle, comme partout, c'est la France qui contrôle la monnaie. Mais les Algériens insistent que sans la monnaie, ce n'est pas une vraie indépendance. La France est obligée de concéder la finalisation de l'indépendance algérienne avec la création de sa propre monnaie, le Dinar Algérien, le 1er Avril 1964, c'est-à-dire aussi là, 2 petites années après l'indépendance.

EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE

A Madagascar le Président Ratsiraka en 1972, 12 ans après l'indépendance, quitte par décret présidentiel la zone CFA pour créer le Franc Malgache, comme monnaie transitoire vers le Ariary, le temps de laisser la population s'habituer à ce changement. Lorsque Madagascar quitte la Zone Franc CFA en 1972, le Franc Malgache est immédiatement déclaré inconvertible en Novembre de cette année et un système de réglementation des changes est mis en place. Depuis le 31 juillet 2003, l’unité monétaire malgache est devenue l’ARIARY (Ariary = 5 Francs malgaches). La même année, le Président Ratsiraka exige le départ des troupes françaises et l'évacuation de la base militaire d'Ivato avant le 1er septembre 1973. Le colonel de l'armée françaises Cazaillet remettra la base militaire aux autorités malgaches un jour avant la date exigée par le Président Rasiraka.


50 ANS D'INDEPENDANCE TOUT COURT, 0 AN D'INDEPENDANCE MENTALE

Pendant ce temps, au Sénégal, en Cote d'Ivoire, au Gabon, au Tchad, en Centrafrique, etc... le monde est encore figé aux années 50, avec les mêmes pratiques coloniales, les mêmes bases militaires françaises, la même monnaie coloniale française dénommée CFA. Comment expliquer qu'en Afrique du Nord, la France a été contrainte à laisser s'installer et se développer, même avec des erreurs, l'autonomie monétaire alors qu'elle n'a même pas besoin de faire le moindre effort pour empêcher que les pays africains se dotent de véritables monnaies ? Pour une fois, les exceptions de Madagascar ou de la Guinée sont là pour nous suggérer que peut-être cette fois-ci, la faute ne peut être attribuée uniquement au bourreau, mais aussi à la victime, à l'inaction coupable de la victime. Il conviendrait dans ce cas d'inverser la question et la transformer en une autre : qu'est-ce qui explique que les dirigeants d'Afrique subsaharienne n'aient pas compris qu'un pays ne peut pas se dire indépendant s'il ne contrôle pas sa monnaie? s'il ne pilote pas la décision de lui imprimer des billets de banque? s'il n'assume pas la gestion des devises étrangères pour équilibrer sa balance commerciale mais aussi sa balance des paiements? Et surtout, comment expliquer que plus de 50 ans après les indépendances, les intellectuels africains n'aient pas jugé opportun de débattre publiquement de cette indépendance amputée ? La vérité est sans doute plus amère.

LA CARRIERE PERSONNELLE DE CHACUN AVANT TOUT

En Afrique francophone, la plupart des personnes qui ont connu l'époque coloniale vivent dans une logique d'acceptation fataliste de leur infériorité même mentale vis-à-vis de la France. Les dirigeants ont presque tous fait leurs études supérieures en France et n'ont jamais connu d'autres expériences universitaires hors de la France. Ce qui les a amenés à développer plutôt un comportement d'allégeance et de remerciement à la France pour les avoir "civilisés". En tout cas, c'est l'impression que dégage cette attitude de la plupart des dirigeants Africains de cette partie du continent. Un diplomate Nigérian en poste à Genève m'exprimait récemment son étonnement de constater que la plupart de ses collègues de l'Afrique francophone, avant de rentrer dans leur pays, devaient d'abord accomplir un rituel pour lui incompréhensible : séjourner quelques jours en France, soit à l'allée qu'au retour. Mais le pire qu'il avait constaté était que la plus grande aspiration de ces mêmes collègues était d'acheter une maison, pour les jours de leur retraite, pas dans le pays africain qu'il représentaient comme diplomates, mais en France.

Ce comportement qu'on peut constater depuis Genève est largement diffus dans les pays francophones et à tous les niveaux. Personne n'ose dire un seul mot contre la France, par peur de se voir refuser le Visa pour aller faire le rituel précédemment décrit. Cela commence des Ministres et arrive aux journalistes qui préfèrent spéculer sur la probable dévaluation du Franc CFA, mais aucun mot sur l'incroyable anachronisme et inopportunité économique d'une telle monnaie. Ils sont aussi tous complices des dommages de la convertibilité du Franc CFA, puisque pour réaliser le rituel de la procession vers une maison achetée en France, il est évident qu'aucun fonctionnaire africain ne pourrait y parvenir par son propre salaire, encore moins y envoyer ses enfants étudier. Alors il reste la corruption et les détournements variés de fonds. Et sans la convertibilité du Franc CFA, tout cela ne serait pas possible. Si la monnaie était non-convertible, comme presque toutes les autres monnaies sur le continent africain, la valise d'argent de FCFA, une fois à Paris, ce serait de simples bouts de papiers. Tous les hauts fonctionnaires ou presque de ces pays semblent inscrits dans un rêve de plan de carrière internationale sous la bénédiction de la France. Presque tous rêvent de travailler un jour, même le temps d'un simple stage au FMI, à la Banque Mondiale et la France sait utiliser ces petits appâts pour mettre au pas de très hauts fonctionnaires. Est-ce une faute ? NON. Comment peut-on reprocher aux dirigeants Français de faire les intérêts de leur pays? de leur peuple ? C'est le versant africain qui est inquiétant. C'est dans la même logique qu'on se demande presque quel sens cela a de traiter la Cour Pénale Internationale de raciste ou coloniale, si ce sont les mêmes juristes Africains qui n'ont d'autres rêves que d'y travailler un jour ? C'est la même chose pour les Nations-Unies.

CONCLUSION :

plus de 50 ans après, on peut constater que le choix de la dépendance monétaire des pays africains d'abord à la France et aujourd'hui à l'Europe est un véritable fiasco économique et les difficultés financières de la France et de toute la zone Euro, avec l'inexplicable navigation à vue de ses membres (19 sommets en 22 mois pour ne rien décider) ne sont pas de nature à rassurer les pays Africains qui ont renoncé à leur souveraineté monétaire d'avoir été dans de bonnes mains. Et les conséquences économiques et sociales sont dramatiques pour ces pays africains, ce qui fait que sur les 10 pays les plus pauvres d'Afrique, 8 sont des pays soumis à ce régime monétaire du Fcfa. Est-ce une simple coïncidence ? Les Africains doivent-ils encore pour longtemps accepter d'être pris en otage par des intellectuels qui ne sont intéressés en définitive qu'à leur plan de carrière sous l'ombrelle possible de la France ou de l'Europe ? La jeunesse africaine est-elle suffisamment informée pour construire et manifester son indignation ? N'est-ce pas venu le moment du mea-culpa des 70% des étudiants Africains de la diaspora dont les parents sont fonctionnaires en Afrique ? Pour qu'ils se demandent à eux-mêmes s'ils sont véritablement convaincus que l'argent du loyer du studio qu'ils payent 500 € (328.000 FCFA) par mois à Paris vient vraiment des 200.000 FCFA (305 €) de salaire mensuel de leur papa ou leur maman en Afrique ? En attendant la venue d'une monnaie unique africaine, si chaque pays crée sa propre monnaie et la rend non-convertible, que ferons-nous de cet armada d'étudiants de la diaspora qui vit grâce au sous-système tel qui est aujourd'hui ? Sommes nous encore disposés à nettoyer devant notre porte et dire au revoir au Franc CFA ?

08/12/2011

Jean-Paul Pougala
www.pougala.org

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02/12/2011

Roben Island, le Katanga, aujourd’hui la Haye : L’histoire douloureuse de l’Afrique continue de s’écrire

L’histoire du continent noir continue de s’écrire dans des lieux qui sont devenus des symboles de la libération contre le colonialisme. Au plus fort de l’apartheid en Afrique du sud, il n’était visiblement pas bon de fréquenter un militant de la lutte antiraciste. Le monde, principalement les grandes puissances se contentaient juste des condamnations de principes. Alors qu’elles coopéraient en sous-main, avec le régime raciste. Il est même prouvé que la couronne anglaise fournissait des armes au pouvoir blanc pour mater la révolte noire.

Du coup, la plupart des pays africains, principalement ceux de l’Afrique subsaharienne qui subissent de plein fouet la France se sont mis dans les rangs en coopérants à leur tour avec le pouvoir raciste. Mandela, aujourd’hui célébré, était taxé de dangereux terroriste. Son parti, l’Anc était alors classé par la grande Amérique parmi les plus grandes organisations terroristes du monde. Jusqu’à une date récente, ce parti et ses militants étaient de ce fait, interdits de séjour sur le territoire américain.

Mandela a donc passé plusieurs années dans la prison de Roben Island qui est devenue maintenant un haut lieu de pèlerinage. Parce que Mandela, le dangereux terroriste est devenu un grand homme célébré à l’échelle mondiale. L’Occident atteint par une sorte d’amnésie collective a subitement oublié que c’est cet homme qui hier, était classé parmi les dangereux extrémistes Noirs d’Afrique du sud qui étaient opposés à la paix avec les Blancs. Mandela était l’extrémiste. Parce qu’il ne voulait pas marchander ses convictions. Au même moment, Buthelezi l’une des pires marionnettes que l’Afrique du sud a connues était le bienvenu dans les grandes capitales européennes et américaines. L’homme avec son parti l’Inkhata. Il semait alors la terreur dans la population noire par des tueries massives. Il était en fait manipulé par le pouvoir Blanc qui lui donnait armes et munitions pour crée la zizanie parmi les militants antiracistes. Rien que pour compromettre toutes les actions de l’Anc.

Aujourd’hui Buthelezi est un simple oublié de l’histoire. L’Afrique et le monde retiennent de lui l’image d’un vil personnage qui a servit les intérêts de l’oppression. Pendant que l’Onu se permet de créer un «Mandela days» célébré chaque année dans le monde. En Afrique du sud, il y a eu Roben Island. Mais dans le Zaïre aujourd’hui Rdc, il y a eu le Katanga. La suite logique de ce qui se passait à l’époque en Afrique du sud.

Au moment où Mandela croupissait dans cette prison de la honte, juste à côté, dans le Katanga, Patrice Lumumba, un autre Africain y était déporté parce qu’il s’est donné lui aussi le culot de réclamer à la couronne Belge, une indépendance totale. Ça été la même rengaine dans les médias occidentaux.

Lumumba y était dépeint comme un dangereux dictateur doublé du qualitatif d’un anarchiste qui veut mettre le Congo à genou. L’Onu, l’Amérique, la France, bien entendu la Belgique ont tous condamné Lumumba. Pris à Léopoldville aujourd’hui Kinshasa, il a été déporté dans le Katanga où il a été assassiné par des agents de la Cia. Mobutu placé à la tête de ce pays était alors présenté comme l’homme de la situation. Il était accueilli avec faste dans toutes les grandes capitales occidentales, qui lui apportent en même temps le soutien nécessaire pour mieux muselé son peuple. Le Zaire est de ce fait mis en coupes réglées.

Il n’y a que le diamant qui intéresse Paris, Londres et Washington. La douleur du peuple congolais s’évanouira dans la vaste forêt tropicale qui longe le Congo. Mais le temps passé, Mobutu est devenu un paria avant de mourir comme un moins que rien dans l’indifférence totale de tous ses parrains occidentaux. Au même moment, la Belgique reconnaît sa responsabilité dans l’assassinat de Lumumba et demande pardon. Certes il y a pardon mais le mal est déjà fait. Le Congo continue en plus de payer un lourd tribut dans la mort de ce grand panafricaniste. Il avait simplement proposé l’unité du Congo. On lui a collé l’étiquète d’un dangereux anarchiste à la solde des puissances communistes. Hier c’était Mandela à Roben Island, et Lumumba dans le Katanga.

Aujourd’hui, c’est Gbagbo qui est déporté dans la prison de la Haye à la demande expresse de la France. Le lieu change certes. Mais l’Occident reste dans sa logique. Gbagbo est dépeint comme un dangereux dictateur avec des chefs d’accusations les plus ridicules. Parce qu’il a refusé de monnayer ses convictions à la toute puissance de la France. Paris a alors juré par tous les moyens d’avoir sa tête. Ne gêne-t-il pas sa politique colonisatrice sur le continent. Et en Côte d’Ivoire, les Mobutu et Buthelezi, sûrs du soutien des même puissances colonisatrices, continuent de crier victoire.

Pour eux, le plus important, c’est d’être au pouvoir et avoir la bénédiction de Paris, Londres et Washington. Les militants manipulés et fanatisés au discours de la haine ethno-tribale peuvent applaudir. Le temps qu’ils se rendront compte, il sera trop tard.
© Le Temps : Guehi Brence

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