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29/04/2011

Burkina Faso : base arrière de tous les putschs





Le général Robert Guéï l’avait nommé attaché militaire au Canada. Un éloignement lié aux soupçons de velléités putschistes. Peu après cette décision, certains soldats avaient été arrêtés et torturés par le général Guéï qui les accusait d`avoir fomenté un coup d`Etat « le complot du cheval blanc ». Parmi eux se trouvaient Wattao, Chérif Ousmane, Tuo Fozié, Diarrassouba et Souleymane Diomandé alias «La grenade», qui allait succomber des suites de ses blessures. Lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, les mêmes hommes, devenus des déserteurs de l`armée ivoirienne menaient les opérations. « Ib» pilotait toute l`opération depuis le Burkina Faso.

Dans un entretien datant du 13 août 2010, Abdoulaye Traoré, ex-chef de guerre de Man, a fait des déclarations accablantes pour Alassane Ouattara à la suite de l’échec d’une attaque en mars 2010, à Abidjan : « Le coup était préparé depuis Ouagadougou. Nous vous avons dit dans une interview que Blaise Compaoré ne joue pas franc jeu. Il tient Soro dans sa main (…) Alassane Ouattara est également dans le coup. C’est lui le vrai père de la rébellion. Il veut prendre le pouvoir par les armes. Parce qu’il est convaincu qu’il ne pourra pas gagner les élections par les urnes(…) Le seul recours dans ce combat, sont les armes. Il est toujours dans la logique de coup d’Etat. Il n’a pas baissé les bras».

Pour Abdoulaye Traoré, Alassane Ouattara était le financier de la rébellion : « C’est lui qui a payé les armes pour nous (…) Chaque fin du mois, il déboursait la somme de 25 millions Fcfa pour notre nourriture (…) Nous avons les preuves (…) Ce sont les armes qui ont fait qu’il est devenu candidat exceptionnel. Le moment viendra où nous allons tout déballer. On le comprend il a peur d’aller au Tribunal pénal international. Dans tous les cas, il va répondre de ses actes un jour. Nous avons intégré la rébellion avec bon nombre de jeunes pour la cause d’Alassane Ouattara. Nous avons eu plusieurs réunions avec lui-même à Ouagadougou avant les attaques du 19 septembre 2002 », avait témoigné Abdoulaye Traoré.



« Faire tout pour qu’Alassane arrive au pouvoir …»



Il avait même souligné que « Quelques fois, il (Alassane Ouattara) faisait venir certains de ses émissaires. Il s’agit de Hamed Bakayoko, Amon Tanoh, Aly Coulibaly, Amadou Gon... (…) Pour nous préparer, il a pris attache avec les autorités du Burkina Faso et du Mali pour qu’on soit logé et entraîner dans un camp militaire (…) On se rappelle quant le général français Joana est venu nous voir à Man. Il nous a demandé de faire tout pour qu’Alassane Ouattara arrive au pouvoir. Et qu’ils sont prêts à nous apporter un soutien logistique. Puisque la France veut que ce soit lui le nouveau Président de la Côte d’Ivoire pour remplacer Laurent Gbagbo ».

Abdoulaye Traoré avait aussi révélé comment la France les a aidés : « Il (le général français Joana) a tenu parole. Nous avons reçu du matériel, des treillis. Nos hommes ont été entraînés. En plus, l’armée française nous servait d’éclaireur. Ce sont les soldats de la Licorne qui nous donnait la position des Forces loyalistes. Si nous devons allés devant les tribunaux pour répondre de nos actes, Alassane Ouattara ne va pas échapper. On connait ceux qui ont fait le recrutement des hommes pour intégrer la rébellion (…) C’est IB. Il était supervisé par des proches d’Alassane Ouattara. Aly Coulibaly, Hamed Bakayoko (...) ».

Tous ces seigneurs de guerre ont une responsabilité dans les plaies laissées par la guerre civile de 2002-2003. L’enquête criminelle qui a été ouverte par la justice ivoirienne et qui vise l`ancien président Laurent Gbagbo, sa femme Simone et une soixantaine de leurs proches ne devrait objectivement pas épargner ces soldats pro-Ouattara qui ont commis des exactions en Côte d’Ivoire pendant toute une décennie.

15:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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