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23/05/2011

L`armée française restera présente en Côte d`Ivoire

La France s`est engagée samedi à tout faire pour aider la Côte d`Ivoire à se relever de dix ans d`instabilité et de conflits et annoncé le maintien d`un contingent militaire dans son ancienne colonie.

Venu assister à la cérémonie d`investiture du nouveau président Alassane Ouattara, Nicolas Sarkozy a indiqué que cette présence se justifiait par la protection des quelque 12.000 Français installés dans le pays.

"Mais je veux que les choses soient claires entre nous. L`armée française n`est pas là pour assurer la stabilité de quelque gouvernement que cela soit, fût-il un gouvernement ami", a-t-il dit devant la communauté française d`Abidjan.

"L`armée française n`a pas vocation, c`est une nouvelle époque, à intervenir dans les affaires des Etats africains", a ajouté le président français en soulignant que le maintien d`une force militaire avait l`agrément des autorités ivoiriennes.

Nicolas Sarkozy, qui s`exprimait dans l`enceinte du camp de Port-Bouët, le quartier général de la force française Licorne déployée en Côte d`Ivoire, a rappelé que si celle-ci a contribué à la chute de l`ancien président Laurent Gbagbo, c`est "parce que la communauté internationale nous l`a demandé".

Traçant un parallèle avec la Libye, où la France est également engagée militairement, il a indiqué que celle-ci ne pouvait fermer les yeux sur des massacres de civils et qu`il s`agissait dans les deux cas de mettre en oeuvre un principe adopté en 2005 par l`Onu, "la responsabilité de protéger".

Licorne a vu ses effectifs passer de 900 à 1.700 hommes au plus fort de la récente crise ivoirienne et Paris n`a pas caché son intention d`en réduire rapidement le dispositif.

En maintenant des unités en Côte d`Ivoire, Nicolas Sarkozy revient sur sa décision de ne conserver qu`une base militaire française permanente en Afrique de l`Ouest, le choix s`étant porté l`an passé sur Libreville de préférenceà Dakar.

Il répond sans doute à un souhait du nouveau président ivoirien, en quête de soutiens extérieurs pour mener une refonte des forces de sécurité ivoiriennes traversées depuis la guerre civile de 2002-2003 par de profondes divisions Nord-Sud.

Côté économique, la France a déjà promis 400 millions d`euros de crédits pour permettre notamment à la Côte d`Ivoire de payer les salaires de ses fonctionnaires. Elle l`aidera aussi à renouer avec les institutions internationales.

Nicolas Sarkozy a indiqué qu`elle assumerait sa part dès que le pays autrefois le plus prospère d`Afrique de l`Ouest aura atteint le point d`achèvement de l`initiative en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE).

Celle-ci doit permettre l`effacement d`une partie, allant jusqu`à 50%, de la dette extérieure ivoirienne bilatérale, d`un montant de 12 milliards de dollars.

Paris a prévu dans ce cadre un "contrat de désendettement-développement" qui consiste à convertir des dettes en investissements dans le développement (éducation, santé, infrastructures), et ce pour deux milliards d`euros.

Nicolas Sarkozy a indiqué qu`Alassane Ouattara, qu`il a rencontré lors d`un petit déjeuner à Yamoussoukro, avait promis de se pencher sur le cas des entreprises qui ont subi des dégâts lors des manifestations anti-françaises de 2004.

Plus de 600 entreprises françaises, allant de grands groupes comme Bouygues ou Bolloré à de nombreuses PME, sont implantées en Côte d`Ivoire et la France est le premier partenaire commercial de son ancienne colonie.

Le président français a évoqué enfin le cas des quatre otages, dont deux Français, enlevés à Abidjan une semaine avant la chute de Laurent Gbagbo, qu`il veut croire "sains et saufs".

"On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité, ce ne serait pas juste", a-t-il dit.

"Ceux qui ont fait ça auront à rendre des comptes."

Par Reuters

11:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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