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25/05/2011

Côte d'Ivoire, Mamadou Coulibaly du FPI: Le faucon est-il devenu colombe ?

Jusque-là président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et désormais aussi patron par intérim du Front populaire ivoirien (FPI), il est resté silencieux durant les quatre mois de la crise et s’était réfugié avec sa famille au Ghana voisin.Il est finalement retourné au bercail courant avril 2011 et beaucoup étaient étonnés de le voir assistant à l’investiture du nouveau président, Alassane Dramane Ouattara. Le lecteur l’aura deviné, il s’agit de Mamadou Coulibaly, qui vient de faire une sortie médiatique dont le contenu continue de faire des gorges chaudes.

Beaucoup ont vite fait de lui reprocher de sortir du bois aujourd’hui, mais avouons qu’à une époque où tout était permis, il était hasardeux, voire suicidaire, d’adopter certains comportements. Le petit bémol à ce reproche fait, précisons qu’aux temps forts de la crise et même quand l’option militaire avait pris le dessus, il avait toujours proposé le dialogue comme seule voie de sortie pacifique de la crise.

Mieux, il avait même reconnu la victoire d’Alassane Ouattara et même confessé avoir, avec des camarades du parti, rencontré nuitamment celui qui était le principal locataire de l’hôtel du Golf pour le convaincre d’entrer en pourparlers avec Laurent Gbagbo.

Propos de vaincu ? Peut-être. Néanmoins cet agrégé d’économie entré dans la politique ne manque pas de saveur quand il a dit ceci : « Si j’arrive à organiser une réunion avec le secrétaire général du FPI (Ndlr : Affi N’Guessan, qui est aux arrêts) et que décision est prise d’entrer dans un gouvernement d’union, j’aviserai.

Mais ma propre conviction est que l’Afrique n’a pas besoin de gouvernement d’union. Lorsqu’on va à une élection et qu’il y en a un qui gagne, ma philosophie est qu’il prenne l’entièreté du pouvoir et qu’il l’assume complètement pendant la durée de son mandat. La réconciliation n’a pas forcément besoin d’un gouvernement d’union. Il faut déjà renoncer à la vengeance justicière et permettre que l’opposition s’organise et ait le droit d’exister ». L’on peut donc tout reprocher à l’auteur de ces lignes sauf de dire qu’il n’a pas une certaine pertinence dans les propos.

C’est vrai que la réconciliation nationale doit être recherchée par tous les moyens. Cependant, il y a souvent des pactes qui vous perdent presque à jamais. En effet, sous nos cieux, beaucoup qui voulaient prospérer dans l’opposition se mordent aujourd’hui le doigt pour avoir participé à un gouvernement d’union nationale, de large rassemblement ou de réconciliation. Rejetés par la base pour avoir pactisé avec l’ennemi, ils ne savent plus finalement à quel saint se vouer.

Foi de Mamadou Coulibaly, le pouvoir gouverne, l’opposition s’oppose, et l’éthique politique est sauve. Mais comme les chemins de cette science qui n’est pas exacte sont insondables, attendons de voir quelle position vont adopter dans les mois suivants le FPI et ses bonzes.
© L'Observateur : Issa K. Barry

12:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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