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31/05/2011

Côte d'Ivoire : le rapport caché de l'ONU

L'ONU a longtemps retardé la publication d'un rapport d'enquête sur la Côte d'Ivoire. S'il avait été publié avant la présidentielle, il aurait sérieusement ébranlé les prévisions les plus optimistes.

Pendant sept mois, un rapport des Nations unies qui éclaire d’un jour nouveau la crise que vient de connaître la Côte d’Ivoire a dormi dans les tiroirs. L’ONU, qui en avait retardé la publication, vient finalement de le faire quasiment en catimini. S’il avait été publié avant la présidentielle, il aurait sinon entraîné son report, au moins sérieusement ébranlé les prévisions les plus optimistes quant à l’issue du second tour du 28 novembre 2010.

Le 17 septembre 2010, les cinq experts désignés pour enquêter sur les violations éventuelles des embargos sur les armes et sur le trafic de matières premières envoient une première lettre à Maria Luiza Ribeiro Viotti, la présidente du Comité des sanctions des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, mis en place par la résolution 1572 (en 2004) du Conseil de sécurité. La lettre précède leur rapport, qui aurait dû être publié quelques semaines plus tard. Il ne l’a finalement été que sept mois plus tard, accompagné d’une lettre datée du 20 avril 2011, signée de Maria Luiza Ribeiro Viotti, adressée au président du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le groupe précise qu’il a démarré son travail le 12 janvier 2010 et a maintenu une présence continue en Côte d’Ivoire où il a mené des enquêtes dans toutes les régions et auprès de différents pays ayant un lien avec la situation en Côte d’Ivoire. Il ajoute qu’il rend là son rapport final qui dresse un état des lieux accablant de la situation en Côte d’Ivoire quelques semaines avant le premier tour de l’élection la plus cruciale de son histoire.

D’emblée les experts font un constat qui a de quoi faire réfléchir:

«Les parties au conflit ont constamment invoqué les dispositions de l’Accord politique de Ouagadougou [signé en mars 2007 entre le camp Gbagbo et les ex-rebelles des Forces nouvelles, ndlr] pour entretenir le mythe de la marche vers la réunification de la Côte d’Ivoire. Le gouvernement ivoirien, les Forces nouvelles et les partis d’opposition n’aspirent pas à la réunification. La division du pays arrange tellement certains acteurs et préoccupe si peu les autres que la réunification ne peut être aujourd’hui un objectif politique partagé.»

Et ils concluent à ce propos: «Le redéploiement de l’administration civile, le désarmement, le cantonnement des forces, les contrôles douaniers et la réunification elle-même existent sur le papier et ont fait l’objet de nombreuses cérémonies mais ne se concrétisent pas pour autant. […] Ce qui est clair, c’est que la réunification est aujourd’hui une abstraction.»

Autrement dit, à lire les experts, tous les discours lénifiants sur la réalité de la réunification de la Côte d’Ivoire coupée en deux depuis le début de la rébellion le 19 septembre 2002 ne reflètent en rien la réalité.
Les deux camps se réarmaient

Deuxième enseignement clé du rapport du groupe d’experts de l’ONU: courant 2010, le camp Gbagbo comme les ex-Forces nouvelles n’ont cessé de se réarmer et «ni le gouvernement, ni les Forces nouvelles n’ont coopéré pleinement avec le groupe d’experts», précisent-ils. Le rapport explique en détail comment les deux parties ont refusé systématiquement les inspections de sites stratégiques, notamment le camp de la garde républicaine et les sites présidentiels, pour le camp Gbagbo. Idem pour les «complexes résidentiels», en réalité des camps militaires, des Forces nouvelles.

La situation est telle, au moment où ils enquêtent, que les experts recommandent des sanctions contre le ministre de la Défense de l’époque, Michel Amani Nguessan (pro-Gbagbo), mais aussi contre deux commandants de zone, membres des ex-Forces nouvelles: Losseni Fofana, commandant de la zone de Man, dans l’Ouest du pays, et Issakia Ouattara dit Wattao, commandant de la zone de Séguéla dans le Nord, qui sera un acteur clé de l’offensive contre Laurent Gbagbo quelques mois plus tard.

Les experts mettent en cause, en outre, l’exploitation illégale des ressources naturelles dans les zones que contrôlent ces deux «com'zone» et leur utilisation potentielle pour l’achat d'armes:

«Les commandants susmentionnés disposent de recettes non comptabilisées provenant des ressources naturelles, recettes qui peuvent fort bien être détournées pour acquérir des armes et du matériel connexe en violation du régime de sanctions.»

Les experts signalent aussi que les deux camps ont importé du matériel militaire. D'après le rapport, pour le camp Gbagbo il s'agissait essentiellement de véhicules blindés de transport de troupes, de pistolets et de matériel anti-émeutes, tandis que le gouvernement ivoirien a bénéficié d’une assistance militaire pour remettre en état un hélicoptère de combat MI-24. Pas de trace, en revanche, dans le rapport, des nombreuses armes lourdes découvertes à la chute de Laurent Gbagbo.

Côte Forces nouvelles, le constat est plus clair:

«Le Groupe d’experts et l’Onuci [Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, ndlr] continuent d’observer un certain nombre d’armes lourdes déployées par des unités des Forces nouvelles qui n’ont pas été présentées aux fins d’inspection. L’origine de ces armes n’est pas clairement définie.»

Le rapport ajoute que «certains commandants de zone des Forces nouvelles s’efforcent de rééquiper leurs effectifs». Le précédent groupe d’experts, qui avait enquêté en 2009, avait découvert un grand nombre de fusils d’assaut «dont les numéros de série avaient été effacés par meulage de manière identique». Il avait toutefois noté que «des armes sans numéro de série des Forces nouvelles étaient entrées en provenance du territoire du Burkina Faso».

En 2010, le groupe d’experts a découvert plusieurs lots d’armes et de munitions aux mains des Forces nouvelles ayant transité par le Burkina Faso, notamment des fusils d'assaut AKMS en provenance de Pologne.

Les experts révèlent aussi avoir «appris que la société A.D. Consultants (Israël) avait licitement transféré au Burkina Faso, le 13 décembre 2005, la partie du lot revenant à Yugoimport, soit au total 350.000 cartouches». Ils précisent avoir écrit aux autorités du Burkina Faso pour les informer de la découverte en Côte d’Ivoire de munitions utilisées par la police et les forces militaires burkinabè:

«Le gouvernement burkinabè a répondu le 16 juin 2010 que "des" munitions 9x19 mm avaient été perdues durant des combats entre les militaires et la police et au cours de mutineries des forces militaires en décembre 2006. Il a également fourni une liste des armes et des munitions qui auraient été perdues à cette occasion.»

A la fin de sa réponse, le Burkina Faso déclarait:

«Il convient de rappeler que la porosité des frontières, doublée de l’accroissement du phénomène du banditisme, ont pu permettre la circulation desdits matériels hors du territoire national.»

Le groupe conclut en précisant qu’il «continue de penser que les munitions sont entrées dans le nord de la Côte d’Ivoire à partir du territoire burkinabè et ont été ensuite transférées à une partie civile dans le sud du pays».

Les experts terminent avec un constat qui aurait fait couler beaucoup d'encre si le rapport avait été publié avant la présidentielle:

«Depuis 2009, un certain nombre d’unités des Forces nouvelles stationnées à Korhogo, Man et Séguéla ont été visiblement rééquipées et ont reçu du matériel militaire et des uniformes neufs. Certaines semblent même être mieux habillées et mieux équipées que l’armée régulière ivoirienne.»

Détournement des ressources naturelles

Le groupe d’experts fait un état des lieux peu reluisant de l’utilisation des ressources naturelles par les deux camps entre janvier et septembre 2010.

Le Groupe note «qu’une cinquantaine d’organismes gouvernementaux opérant dans divers secteurs économiques gèrent actuellement des recettes parafiscales qui ne sont pas comptabilisées dans le budget officiel de l’Etat».

Les experts s’inquiètent de l’opacité de la gestion du Comité de gestion de la filière cacao-café:

«Rien n’empêche le gouvernement de détourner des fonds pour acheter des armes et du matériel connexe. Le Groupe rappelle à cet égard que les recettes provenant du cacao ont déjà été utilisées à cette fin», précisent-ils.

Même opacité, ajoutent-ils, pour ce qui concerne les recettes du gouvernement ivoirien provenant de l’exploitation du pétrole. Elles ne sont pas «comptabilisées et pourraient être détournées afin d’acheter des armes et du matériel connexe».

D’après le groupe, les grandes sociétés multinationales ont été peu coopératives:

«Le Groupe a envoyé six lettres à des compagnies pétrolières opérant en Côte d’Ivoire: quatre n’ont pas répondu et deux ont envoyé des réponses incomplètes ou s’écartant du sujet.»

En ce qui concerne la zone contrôlée par les Forces nouvelles, les experts onusiens dressent un état des lieux sans concessions. Ils expliquent notamment que, dans la zone Nord, les exportations de cacao produites autour des villes de Man, Séguela et Vavoua se sont poursuivies et ont continué à être achetées par dix sociétés multinationales. La marchandise transitait par le Burkina Faso et était achetée et exportée au port maritime de Lomé, au Togo.

Selon les experts, «au moins 10% des fonds versés à Lomé par les multinationales» bénéficiaient «directement aux commandants de zone des Forces nouvelles».

«Le Groupe estime qu’au moins 6 des 10 commandants de zone perçoivent des recettes provenant de la taxation du commerce du cacao, qui ont augmenté à la suite de la hausse du cours international durant les dernières années. Aucun de ces commandants n’a accepté de montrer ses comptes au Groupe d’experts.»

Les experts estimaient que les recettes tirées par les Forces nouvelles de la taxation du cacao représentaient un chiffre situé entre 22 et 38 millions de dollars (15 à 27 millions d'euros) par an qui n’était pratiquement pas comptabilisé dans le budget.

Et manifestement ces exportations de cacao arrangeaient tout particulièrement le Burkina Faso, puisque «pour chaque camion de 40 tonnes une taxe d’environ 6,4 millions de francs CFA [environ 8.700 euros], soit à peu près 1% de la valeur de l’expédition» était prélevée par la douane.

Concernant les ressources minières, le Groupe estime que le nord de la Côte d’Ivoire produit et exporte chaque année des diamants bruts représentant entre 500.000 et 1 million de carats. Le commerce de ces diamants rapporte entre 145 et 290 millions de dollars (100 à 200 millions d'euros) par an, somme sur laquelle les commandants de la zone 5 (Séguéla), Ouattara Issiaka dit Wattao, et de la zone 10 (Korhogo, Tortiya), Martin Kouakou Fofié, prélèveraient, selon le Groupe, des taxes à hauteur d’au moins 8%, soit entre 11,6 et 23,2 millions de dollars par an. «L’utilisation qui est faite des recettes provenant des diamants est totalement opaque et le Groupe ne peut exclure que les Forces nouvelles y aient recours pour acheter des armes, en violation de l’embargo», dit le rapport.

Selon l’enquête des experts, la Côte d’Ivoire aurait produit environ sept tonnes d’or brut en 2009, pour l’essentiel dans le sud du pays.

«Sachant que les revenus générés par la production aurifère sont estimés à 448 millions de dollars par an et que le budget fait officiellement état d’à peine 600.000 dollars […], on peut penser que le gouvernement s’est constitué d’importantes recettes parafiscales issues de l’exploitation de l’or, d’où le risque que ces fonds ne soient détournés pour servir à acheter des armes. Les Forces nouvelles prélèvent des taxes sur l’extraction de l’or […], mais n’ont laissé filtrer aucune information d’ordre budgétaire.»

Sanctions individuelles

Parmi les autres enseignements de ce rapport, on apprend, sans surprise, que les experts recommandaient le maintien des sanctions contre Charles Blé Goudé, leader des Jeunes patriotes pro-Gbagbo, en raison de «déclarations publiques répétées préconisant la violence contre les installations et le personnel des Nations unies, et contre les étrangers; direction et participation à des actes de violence commis par des milices de rue, y compris des voies de fait, des viols et des exécutions extrajudiciaires; intimidation du personnel de l’ONU, du Groupe de travail international (GTI), de l’opposition politique et de la presse indépendante; sabotage des stations de radio internationales; obstacle à l’action du GTI, de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire et des forces françaises et au processus de paix tel que défini par la résolution 1643 (2005)».

Les experts proposaient également le maintien des sanctions contre un autre leader de la galaxie patriotique, Eugène N’goran Kouadio Djué, et contre l’un des commandants de zone des Forces nouvelles, Martin Kouakou Fofié. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes lorsqu’on sait que c’est sous sa garde que se trouve actuellement le président ivoirien déchu Laurent Gbagbo. Le rapport le décrit ainsi:

«Caporal-chef, commandant des Forces nouvelles pour le secteur de Korhogo. Les forces sous son commandement se sont livrées au recrutement d’enfants soldats, à des enlèvements, à l’imposition du travail forcé, à des sévices sexuels sur les femmes, à des arrestations arbitraires et à des exécutions extrajudiciaires, en violation des conventions relatives aux droits de l’homme et du droit international humanitaire; obstacle à l’action du GTI, de l’Onuci et des forces françaises et au processus de paix tel que défini par la résolution 1643 (2005).»

Aucune raison officielle n’a été avancée pour expliquer pourquoi ce rapport n’a été publié que plus de sept mois après avoir été transmis officiellement au président du Comité des sanctions. Il ne fait aucun doute en tous cas que ses conclusions dérangeaient. La date de sa transmission –le 20 avril, soit après la chute de Laurent Gbagbo– est, à elle seule, tout un symbole. Il est, quoi qu’il en soit, clair que s’il avait été rendu public à la veille de la présidentielle, il aurait donné des arguments à ceux pour qui les conditions d’une élection paisible et transparente n’étaient pas réunies.
© slateafrique.com : Jérémie Ncubé

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28/05/2011

Satire ! Comment on gère du Ouattara

Attention vous lisez une satire. Les informations contenues dans ce satire ne correspondent pas peut être à la vérité.

Qu´est ce qu´ils sont vicieux ces politiciens ! Tout d´abord on vous place une marionnette comme Ouattara devant les yeux qui après avoir accepté de détruire tout un pays pour avoir le poste de président et satisfaire aux deux larrons qui le contrôlent, lisez sa femme française et son ami de toujours , Sarkozy, celui là qui les lia pour le meilleur et pour le pire. Une vraie marionnette qui ne sait pas qu´il en est une. Entendez le dire haut fort que c´est lui qui a demandé à Sarkozy de maintenir la force licorne pour toujours dans le pays de Gbagbo. Le pauvre se fait rouler sans le savoir. C´est qu´il ne connait pas encore bien le français, même quand il en partage le même lit. Car tenez vous prêt, avant même qu´il sorte sa demande, sa femme l´a déjà bien travaillé pendant toute la nuit pour lui expliquer comment c´est important de laisser le Licorne dans son pays pour toujours. C´est tellement important pour la souveraineté de son pays face aux dangers venant de sa propre population. Eh oui, si le pauvre Ouattara savait qu´avant que sa femme lui parle, Sarkozy a déjà parlé avec elle pour lui faire savoir ce que son pays attend d´elle, elle citoyenne française. Qu´est ce qu´elle a à foutre avec des nègres ? Elle a le bon au bon poste et dans les salons de l´Elysée, elle est une star qui peut entrer chez le roi de l´Afrique quand elle veut et comme elle veut. Sarkozy n´a pas besoin d´être dur avec son ami, non non. Ils vont le faire tout doucement, en pleine douceur, par la méthode la plus efficace qui veut que l´homme donne tout à sa femme dès que le lit devient chaud. Alors pourquoi dicter à Ouattara par la force ce que sa femme peut lui faire faire tout doucement ?

Elle est même tellement forte, cette première dame femme d´affaire qu´elle a réussi à positionner les vœux mesquins de Sarkozy de laisser revenir carrément le 43 e BIMA en ivoirie. Du jamais vu ! Un pays qui se veut libre et indépendant appelle de lui même à se faire recoloniser militairement . Gare à lui si un jour il ne fonctionne pas comme sa femme le veut ou comme son chef le veut. On va le bouter hors du lit et hors de son palais en un clin d´œil.

Mais arrêtons-nous quand même un seul instant pour regarder cette situation là de très près. Je passe mon temps à insulter Ouattara alors que le gars est peut être le plus intelligent. Qui nous a dit que l´indépendance de la cote d´ivoire l´intéressait vraiment ? Et si la seule chose qui l´intéressait c´est seulement de rester le plus longtemps au pouvoir et continuer à être le chef tout puissant devant la négraille ? Ah ben là alors le gars a trouvé la solution optimale ! Faut juste tout donner au chef et le tour est joué ! Il prend une femme française et il leur donne tout ce qu´ils veulent , comme il le veulent et pour cela il peut rester le plus longtemps possible président sans courir le risque de se faire emmerder par un boulanger quelquonque dans le futur. Eh oui parce que avec le BIMA devant la maison et la force licorne, on va vous zigouiller tous les futurs Gbagbo avant même que ceux-ci ne sachent qu´ils peuvent devenir des boulanger ou des blé goudés. Comme ca Ouattara peut rester à vie sur le trône comme son mentor, le grand père Houphouët qui l´avait fait venir dans la politique de ce pays béni qui est devenu un enfer. Vu du regard du dictateur,
n' a pas meilleure solution frangin. Alors qui a roulé qui ? Sarko a sa colonie, Ouattara a sa dictature à vie et madame Ouattara peut faire les affaires et se remplir les poches en remplissant aussi celles de Sarkozy et de toute la longue liste des franc africains qui attendent la distribution de la manne cacaoyère.

Et voilà comment on roula les africanistes qui passent leur temps à rêver d´une Afrique libre et indépendante. Vous avez déjà vu quoi ? Vous allez bien pleurer tant que vous laissez les autres encore décider sur vos têtes. Africanistes, africanistes. Qui vous dit que vous comptez pour ce monde ? On va vous eeeh , on va nous faire ca dur dur. Vous dites que vous avez l´union africaine, quelle union africaine ? Le Jean Ping là ? C´est avec celui là que vous pensez stopper les Sarkozy et Obama et consors ? Laissez-moi rire. Les fonctionnaires de l´union Africaine vont à la fin de chaque mois quémander leurs salaires chez Sarkozy et vous pensez que c´est le même Jean Ping qui va leur forcer un cessez le feu en Lybie ? Continuez à rêver.

On dit qu´un pays ne peut pas se développer sans la démocratie. Il faut changer les chefs. Voilà pourquoi il faut casser la Lybie. Quelqu´un a construit son pays à la sueur de son front pendant 40 ans. Ce qui était avant un désert est devenu une cité verte. Les libyens vivaient comme des petits dieux sur terre. Qui peut imaginer que popol donne à chaque camerounais une maison gratuitement et une ration financière chaque mois ? Vous avez-vous ca où en Afrique ? Le guide était même déjà entrain d´acheter des villes entières en Europe avec l´argent du pétrole. Il investissait cet argent dans les pays européens et les bénéfices étaient utilisés pour des projets de grandes ambitions en Afrique. Le gars pompait plus de 500 millions de dollars pour lancer le premier satellite de communication pour le marché africain. Le gars a cassé les prix de la communication que les français utilisaient pour nous piller en force. Le même Kadhafi est venu cassé les prix de vol entre l´Europe et l´Afrique. Là où les air France prenaient 1200 Euro , Afrikiyah est venu te casser ca en deux et la négraille commençait à voir du bien. Là où le grand maitre est alors venu gâter les choses c´est lorsqu´il a décidé de mettre fin au FCFA en 2012 en lancant le monnaie unique africaine. La francafrique était tellement en colère qu´ils ont dit à Sarko_ : Toi le nain tu vas faire quelque chose contre. Ca ne peut pas continuer comme ca. C´est pas normal ca. Il va nous finir cet arabe. On coule. Déjà que les chinois nous emmerde dans les colonies et voici le guide qui veut encore asphyxier la France. Si le franc CFA part que va devenir la France ? Alors tu va le tuer celui là. Ou alors c´est fini avec le financement de ta campagne électorale en 2012. Tu sais que c´est nous qui t´avons mis làbas et si tu veux y rester, tu as intérêt à bouger le nain. D´abord tu mets fin au cirque de Gabgbo en Ivoirie et tu mets le Kadhafi dehors si tu ne peux pas le tuer par des bombardements. Ca Va finir où cette histoire d´une Afrique émergeante ? Ces nègres ne vont pas quand même devenir comme nous pardieu ! Que va devenir la France si chaque pays africain peut rivaliser avec nous ? Nous finirons par devenir la colonie de l´Afrique putain. Et Sarkozy s´exécuta. Et la cote d´ivoire tomba, et la Lybie tomba, et le Cameroun ….. Le Cameroun ? Whèèè pardon excusez moi avec le Cameroun là .


Un africain

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Les enseignants ont trouvé un accord avec le gouvernement burkinabè

Les syndicats des enseignants burkinabè qui observent depuis lundi « une grève illimitée » pour revendiquer le versement de leurs indemnités et protester contre les classes surchargés ont trouvé un accord avec le gouvernement, a annoncé ce vendredi Albert Ouedraogo, le ministre des Enseignement secondaire et supérieur, rapporte RFI. Dans le cadre de l’émission Appels sur l’actualité, le ministre a déclaré que « les accords ont abouti à la création d’une nouvelle indemnité spécifique. Désormais, les enseignants qui opèrent en zone rurale auront mensuellement 25 000 francs en plus de leurs salaires ».

Libye : Kadhafi, un symbole pour l’Afrique

«Si tu rencontres un étranger, avant de le repousser, méfie-toi, tu es peut-être devant ton frère ou devant ton miroir», dit un proverbe africain. Cet adage ne semble pas avoir sa place dans la langue de Baudelaire, à en juger par les propos de l’ensemble des médias et de la classe politique française à l’égard de Kadhafi.

D’un côté, on l’invective, on l’insulte, on le traite de dictateur, de tyran, de sanguinaire. De l’autre, on justifie sa présence par les contrats juteux dont la France bénéficierait à l’issue de cette visite de cinq jours.

La Libye, pays souverain, ne serait-elle qu’une oie à plumer et dont on enverrait la carcasse choir dans une décharge publique ? C’est à qui trouverait le qualificatif le plus humiliant pour parler du Guide libyen. Et tous d’applaudir sans frémissement aucun, comme si chaque anathème avait le pouvoir secret de nous conforter dans notre rôle du pays gardien des idéaux relatifs à la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Oublié, la France terre des expositions coloniales ! Aux or­ties, cette France qui a accueilli et protégé des dictateurs de la pire espèce, et l’on aurait par­ticu­lièrement aimé entendre Rama Yade, notre jolie sous- minis­tresse aux Droits de l’homme, tenir des propos aussi insultants contre la Chine et plus particulièrement la Russie. C’est curieux, mais on a la désagréable impression qu’elle ne retrouve sa langue que lorsqu’il s’agit de l’Afrique. Curieux !

Au-delà des règles élémen­taires du savoir-vivre qui voudraient qu’on reçoive dignement un étranger, il ne serait point inutile pour nous, Français, de faire l’effort nécessaire afin de remettre en question notre perception du monde, notre défi­nition du mot «respectabilité», qui ne correspondent pas forcément à celles d’autres peuples. Le centre du monde était occidental au XIXe siècle. En cette aube du troisième millénaire, il s’est fragmenté en autant de points cruciaux qu’il y a de continents, de cultures et de civili­sations. Ce constat devrait nous amener à plus de retenue dans nos jugements sur ce qui est bon ou mauvais, à moins établir de lignes de démarcation entre le bien et le mal.

Cette manière de nous positionner en procureur explique que la France, magnifique pays dont la beauté de la langue et de la culture n’est plus à démontrer, devienne de moins en moins attractive pour les autres. Ce qui est dommageable à notre image, à notre économie, à moins que nous ne considérions définitivement que l’Autre ne compte pas, qu’il n’est pas notre égal.

Le colonel Kadhafi est un homme hautement respecté dans son pays et en Afrique. Ce respect n’est pas lié, comme aiment à le clamer les langues chagrines, aux pétrodollars, dont, dit-on, la Libye regorge, mais à ses actions. Il a été de tous les combats de libération des peuples opprimés. Les combattants de l’ANC en Afrique du Sud ont été heureux de le compter parmi leurs plus grands soutiens, et les Noirs maltraités de l’ancienne Rhodésie lui doivent un morceau de leur accession à l’indépendance.

Autour de sa personnalité se cristallisent les mille espoirs de l’Afrique de demain, celle qui aspire au bien-être, celle qui veut compter et compte déjà dans le concert des Nations, celle qui, pleine d’espoir et dont les yeux sont braqués sur l’horizon 2015, attend impatiemment que se confirme la création des États-Unis d’Afrique, cette organisation qui la verra plus forte, plus unie, plus que jamais pacifiée.

Oui, Kadhafi en est un des symboles forts, il en est ainsi, et pour moi qui ai visité à maintes reprises la Libye, je n’y ai point vu de peuple opprimé tel que décrit dans la presse, je n’ai point rencontré d’homme affamé, mourant sur les trottoirs.

Tout au contraire, j’ai été dans des hôpitaux gratuits, ultramodernes, où chaque ci­toyen avait accès aux soins ; j’ai rencontré des hommes heureux de me dire qu’à vingt-cinq ans, chacun d’entre eux avait automatiquement droit à un appartement climatisé avec eau et électricité ; j’ai rencontré des jeunes femmes rieuses, voilées certes, mais souriantes, car, grâce à Kadhafi, elles fréquentent de plus en plus les universités, elles sont avocates, femmes d’affaires, médecins, mal­gré le courroux des chefs religieux, qui voient leur pouvoir s’effriter face à cet homme qui a donné une place importante aux femmes dans un pays musulman ; ce n’est pas moi qui le dis, mais les statis­tiques des Nations unies soulignent qu’au pays du Guide, un fonctionnaire sur cinq est une femme.

J’y ai vu de magnifiques avenues, des enfants scolarisés, je n’y ai pas vu de Libyens faisant la queue devant les ambassades étrangères pour y quémander un visa, afin de fuir leur terre. Bien sûr qu’il traîne comme tout un chacun des scories, mais cela mé­rite-t-il un tel déchaînement de haine, d’anathèmes ? Pour ma part, je n’ai malheureusement pas vu, à la courte échelle de ma vie, un pays parfaitement démocrate, égalitaire ou du moins pratiquant une équité sans faille.

Je me suis toujours opposée aux discours de Sarkozy relatifs à l’Afrique. Voilà qu’il me plaît qu’il reçoive le colonel Kadhafi avec les honneurs dignes de son rang. Voilà qui me fait sourire. Voilà qui me met quelque baume au cœur. Voilà qui apaise quelque peu les relations France-Afrique. Voilà qui réconcilie quelque peu, juste un petit peu, les Afro-Français avec leur nouveau président.
© Correspondance de : Calixthe Beyala

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27/05/2011

Thierry Meyssan Voltairenet:Obama, la guerre financière et l'élimination de DSK

Thierry Meyssan
Voltairenet
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Un projet paradoxalement attendu par les États émergents tout autant que par la finance apatride, mais refusé par le complexe militaro industriel israélo-états-unien. Thierry Meyssan lève le voile sur le coup-fourré de l'administration Obama pour ne pas tenir ses engagements.

Les Français ont assisté avec stupeur à l'arrestation aux États-Unis du leader politique le plus populaire chez eux, Dominique Strauss-Kahn. Ancien ministre de l'Économie, l'homme était devenu le haut fonctionnaire le mieux payé au monde (salaire de base annuel, hors primes et frais : 461 510 USD) et s'apprêtait, disait-on, à briguer la présidence de la République. Cette personnalité chaleureuse, connue pour son appétit à table et au lit, parfois accusé de faire de la politique avec dilettantisme tant il aime prendre le temps de jouir de la vie, est accusée d'avoir violé précipitamment une femme de chambre dans un hôtel de Manhattan.

Pendant six jours, les Français sont restés vissés devant leurs écrans de télévision à regarder hébétés l'acharnement judiciaire contre un homme qu'ils s'étaient habitués à considérer comme un recours possible après le catastrophique quinquennat de Nicolas Sarkozy. Sa chute était aussi la fin de leurs illusions.

Le spectacle de ce destin brisé tient de la tragédie antique. Le dicton romain « Arx tarpeia Capitoli proxima » revient sur les lèvres : la roche tarpeïenne d'où les condamnés à mort étaient précipités dans le vide était si proche du Capitole, lieu symbolique du pouvoir et des honneurs.

Indépendamment de toute considération sur son innocence ou sa culpabilité, le broyage d'une si haute personnalité ne peut que provoquer l'angoisse chez le simple citoyen : si celui-là ne parvient pas à se défendre, alors comment pourrions-nous espérer le faire si nous étions accusés comme lui ?

L'ascension et la chute

Cependant les Français étant un peuple politisé, nourri des leçons de Machiavel sans jamais l'avoir lu, n'ont pas tardé à s'interroger sur le bien-fondé de l'accusation portée contre leur concitoyen, DSK. À 57 %, selon des sondages d'opinion, ils n'ont pas cru cette histoire de rut que les médias états-uniens se délectent à raconter. Les uns se sont mis à imaginer les scenari possibles de manipulation, tandis que les autres se demandaient « Cui bono ? » (À qui profite le crime ?).

À ce jeu là, le premier nom qui vient à l'esprit est celui de Nicolas Sarkozy. Comment ne pas y penser lorsque l'on se souvient qu'il est devenu président en portant plainte contre son principal rival, Dominique de Villepin, et en l'empêtrant dans une affaire toute aussi rocambolesque de faux documents. Alors, pourquoi pas un nouveau complot pour écarter un nouveau concurrent ?

Et peu importe que les deux hommes aient eu besoin l'un de l'autre pour préparer les prochains sommets internationaux, ni qu'ils aient été tous deux inféodés au suzerain états-unien. On sait bien que les pires crimes exigent le sang des amis ou mieux des parents.

Au demeurant, les Français ignorent les attaches de DSK [1], comme ils ignoraient celles de Nicolas Sarkozy lorsqu'ils l'ont élu [2]. Jamais la presse ne les a informés que, dans les années 90, au cours de sa traversée politique du désert, il avait été engagé comme professeur à l'université de Stanford par une certaine… Condoleezza Rice. Ils ne savent pas non plus que lui et ses lieutenants Pierre Moscovici et Jean-Chrisophe Cambadélis furent chargé du financement du Parti socialiste et de la Fondation Jean-Jaurès par la National Endowment for Democracy —façade légale de la CIA [3]—. Ils n'ont pas suivi ses nombreux travaux et contrats avec les think tanks atlantistes, le German Marshall Fund of the United States [4] ou le Groupe de Bilderberg [5]. En définitive, ils ne savent rien de son engagement pour l'intégration de la France et de l'Europe au sein d'un grand marché transatlantique dominé par les États-Unis.

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Libye : plus de 330 millions de dollars chez HSBC et Goldman Sachs L’ONG Global Witness révèle l’identité des banques qui acceuillent les fonds libyens

La rente pétrolière libyenne a été, au moins jusqu’à juin 2010, principalement gérée en Occident par les groupes bancaires HSBC et Goldman Sachs, indique ce jeudi l’ONG Global Witness. D’autres banques comme la française Société Générale ont accueilli des fonds libyens qui sont gelés depuis.

Les banques britannique, HSBC, et américaine, Goldman Sachs, détiennent respectivement, selon l’ONG Global Witness, 292, 69 millions de dollars sur dix comptes, et 43 millions de dollars répartis trois comptes appartenant à l’Etat libyen. Les fonds sont en dollars américains, en livres, en francs suisses, en euros et en dollars canadiens, indique ce jeudi l’ONG qui s’est procuré un document, date du 30 juin 2010, de la Libyan Investment Authority (LIA), le fonds en charge de faire fructifier la rente pétrolière libyenne et qui est contrôlé par la famille du président libyen, Mouammar Kadhafi. L’ONG, citant le procureur de la Cour pénale internationale, note par ailleurs que le guide libyen a toujours confondu fortune personnelle et deniers publics. Les informations publiées par Global Witness montre la préférence pour l’Euro et l’Europe en matière d’investissement de capitaux en Occident.
Source : Libyan Investment Authority (LIA) au 30/06/10

Répartition des avoirs libyens dans le monde : autres destinations et produits financiers

- Une grande partie des avoirs de la LIA – 19 milliards – sont détenues par des banques libyennes et des établissements bancaires du Moyen-Orient comme la Banque centrale de Libye, la Arab Banking Corporation et la British Arab Commercial Bank.
- Près de 4 milliards de dollars de la LIA ont été investi dans des produits financiers proposes notamment par le groupe français Sociéte Générale (1 milliard), JP Morgan 171 millions de dollars) et OCH-ZIFF (329 millions de dollars).
- La LIA possède des actions dans d’entreprises comme General Electric, BP, Vivendi et Deutsche Telekom.

Source : Global Witness

L’argent libyen en Libye et au Moyen-Orient

L’autre banque européenne qui profite de la manne libyenne, c’est le groupe français Société générale. Elle a géré pour le compte du régime de Mouammar Kadhafi des produits financiers d’une valeur d’un milliard de dollars. Les fonds libyens dans cet établissement sont néanmoins déjà gelés. Les avoirs de la Libye à l’étranger se retrouvent également dans d’autres banques comme la Arab Banking Corporation et la British Arab Commercial Bank. La majorité des fonds de la LIA, 19 milliards, sont en Libye ou au Moyen-Orient.

Les deux établissements épinglés par Global Witness ont refusé de confirmer l’information et d’indiquer si les comptes étaient toujours fonctionnels, arguant du secret bancaire notamment chez HSBC. « C’est complètement absurde que des banques comme HSBC et Goldman Sachs se cachent derrière le secret bancaire dans un cas comme celui-ci. Ce sont les comptes d’un Etat, donc le client est le peuple libyen et ses banques lui soustraient des informations vitales », a déclaré Charmian Gooch, le directeur de Global Witness. Au 30 juin 2010, la LIA gérait de plus de 53 milliards de dollars.

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Afrique:La démocratie, oui mais...

La démocratie, quand tu nous tiens ! La démocratie, je t’aime moi non plus ! Démocratie, démocratie, que de crimes on commet en ton nom ! Ces trois affirmations exclamatives avec un arrière-fond interrogatif sont des paraphrases qui renvoient respectivement à Franck Dubosc humoriste et acteur français, à Serge Gainsbourg et Jane Birkin des artistes français et anglaise aux talents variés, et à Paul Valéry, écrivain, poète et philosophe français.

Ce dernier a écrit précisément : « Liberté, liberté, que de crimes on commet en ton nom !» Il est très connu, cette définition de la démocratie que l’Antiquité a léguée à l’humanité : « La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.» Nous y reviendrons.

Liberté et démocratie sont intimement liées. Car la liberté est le présupposé de base de la démocratie ; et la démocratie se veut le lieu d’expression de la liberté, le terrain où se déploient les libertés. Voilà qui est bien dit sans doute. Mais tout n’est pas dit, il reste beaucoup à dire, à comprendre. En effet : qu’est-ce que la liberté ? Qu’est-ce que la démocratie ? Sans prétendre à une réflexion de philosophie politique, nous allons cependant essayer de réfléchir avec une certaine rigueur sur la démocratie en théorie et sur certaines pratiques démocratiques ou considérées comme telles. Il est entendu du reste que le philosophe, à lui seul, ne réussira pas à épuiser la problématique de la démocratie. Il aura besoin d’autres compétences : historiens, sociologues, économistes, juristes etc.

Diversité terminologique et richesse sémantique

Les acquis actuels de la philosophie politique font état d’une diversité de termes qualificatifs de la démocratie. Ainsi Georges Burdeau distingue: « la démocratie politique « , « la démocratie sociale », « la démocratie marxiste » , « la démocratie pluraliste » (cf. Georges Burdeau. La démocratie. Paris, Seuil, 1966). Il est aussi question de «démocratie chrétienne », « démocratie libérale », « démocratie occidentale », « démocratie moderne ». (cf Hecquard Maxence. Les fondements philosophiques de la démocratie moderne. Paris. François-Xavier de Guibert, 2007)

Cette dernière retiendra surtout notre attention, l’adjectif moderne englobant notre contemporanéité étant entendu qu’on parle même de plus en plus d’époque post- moderne sous d’autres cieux du moins. Mais restons avec modestie dans le cadre de notre réflexion qui ne manquera pas donc de coller à des données concrètes de pratiques démocratiques dans bien des pays d’Afrique en particulier.

Néanmoins gardons aussi bien présente à l’esprit la richesse voire la complexité sémantique du vocable démocratie. En effet Georges Burdeau affirme : « La démocratie est aujourd’hui une philosophie, une manière de vivre, une religion et, presque accessoirement, une forme de gouvernement. Une signification aussi riche lui vient tant de ce qu’elle est effectivement que de l’idée que s’en font les hommes lorsqu’ils placent en elle leur espérance d’une vie meilleure. Dissocier ce qui, en elle, est réalité de ce qui est croyance conduirait à rendre incompréhensibles non seulement le dynamisme qui l’anime mais même ses institutions positives, car celles-ci n’ont de sens qu’en fonction de la mystique qu’elles incarnent. » (op. cit. page 9)

La démocratie, pas un système de gouvernement absolu

La démocratie est le rêve, l’aspiration de toutes les nations. Les révoltes populaires de ces derniers mois dans plusieurs pays en sont la preuve indéniable. Oui la démocratie semble bien être le meilleur système de gouvernement politique, le plus désirable, le plus revendiqué. Mais reconnaissons qu’il n’est pas le meilleur système de gouvernement en soi qui s’imposerait partout. Ainsi nous ne parlons pas de démocratie dans la vie familiale, dans les entreprises, dans les banques, dans les assurances et bien d’autres institutions où ne règnent pas pour autant la dictature, le mépris de la liberté et de la personne humaine . Si l’Eglise catholique par exemple n’a pas un fonctionnement démocratique parce qu’elle n’est pas un système politique, elle n’est pas non plus une dictature ni une monarchie. On y exerce aussi de larges consultations, des votes avant de prendre certaines décisions. Nous savons que le Pape est élu par les Cardinaux par scrutins secrets bien définis. Il arrive aussi aux évêques de recourir au vote au sein de leurs conférences nationales ou régionales. Il y a eu des votes au Concile œcuménique Vatican II. Nous ne pensons pas que les autres confessions religieuses, chrétiennes ou non, se réclament de gouvernance démocratique.

Quel peuple pour quel pouvoir ? Quelle souveraineté du peuple ?

Revenons sur le terrain politique avec notre définition la plus célèbre : « La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » A y regarder de près, c’est une affirmation très riche, tout au service du bien du peuple serviteur de lui-même pour ainsi dire. Mais deux questions nous viennent à l’esprit ici : « Quel peuple pour quel pouvoir ? Quelle souveraineté du peuple ?

D’abord la notion de peuple a évolué à travers l’histoire de l’humanité. En effet Maxence Hecquard précise : « Si la démocratie moderne se veut, comme l’ancienne, le gouvernement du peuple, rien n’est commun entre les peuples des citoyens de la cité antique et la masse populaire d’aujourd’hui ». Car explique le philosophe : « Peuple » n’a d’ailleurs jamais signifié « population » dans aucune cité antique. Ainsi à Rome le peuple se distingue tout d’abord du sénat comme l’indique l’expression bien connue Senatus Populusque Romanus, « le Sénat et le Peuple Romain ». Le sénat n’est qu’un conseil chargé de mettre en œuvre les décisions et de faire respecter la loi déterminée par le peuple en Comices. Mais ce populus s’oppose de plus à la plèbe, cette classe inférieure qui existait dans toutes les cités et lui était clairement distincte » (Hecquard Maxence. op. cit. p. 16)

Abordons maintenant le profil du peuple des démocraties en Afrique noire, et précisément au Bénin. Ce profil est varié et variable. Le peuple de la démocratie est bien sûr composé de plusieurs couches sociales : les enfants, les analphabètes, les « intellectuels », les « demi-lettrés », les hommes et femmes politiques, les hommes et femmes d’affaires, les responsables religieux, les jeunes, les vieillards etc. Ce peuple est, en grande parie marqué par le régionalisme (pensons à ce qu’on appelle le vote du sang en faveur du fils du terroir quel qu’il soit), l’âpreté au gain facile. Ce peuple qui a faim, est souvent corruptible et manipulable à merci. Selon les saisons politiques et les intérêts en jeu, les valeurs morales et religieuses ne comptent plus pour bien des citoyens. Ce peuple est à la fois capable et victime de violences meurtrières. Somme toute le profil du peuple des démocraties en Afrique noire n’est donc pas honorable en général. Et ce n’est point de la caricature ni de l’afro-pessimisme.

Quel pouvoir du peuple alors pour une démocratie effective et efficiente ?

La souveraineté du peuple se manifeste ou devrait se manifester essentiellement par la voie électorale. Quatre temps forts politiques caractérisent le pouvoir électoral du peuple : le référendum, les élections présidentielles, les élections législatives, les élections municipales pour le Bénin dit du renouveau démocratique depuis l’historique Conférence des Forces vives de la Nation de 1990. Faisons remarquer que ce pouvoir est exercé par les citoyens en âge de voter, inscrits sur les listes électorales, disposant de cartes électorales, ayant participé au scrutin. De toute façon le taux de 100 pour 100 de participation ne peut être jamais atteint . Au Bénin par exemple, il faut espérer que la LEPI n’est pas une affaire bouclée pour 10 ans. Car il y a encore beaucoup de non inscrits pour diverses raisons sans que la responsabilité ou la culpabilité soient nécessairement ou uniquement d’ordre politique. Mais il demeure que les citoyens en âge de voter ne constitue pas la totalité du peuple dont la gouvernance démocratique doit rechercher et favoriser le bien vivre y compris donc les personnes qui n’ont pas encore l’âge de voter et qui représentent une partie importante de la population.

En dehors de la voie électorale, le peuple exerce son pouvoir de façon indirecte : c’est la délégation des pouvoirs aux instances démocratiques dont les plus importantes sont le Chef de l’Etat et son gouvernement d’une part, l’Assemblée nationale ou les députés d’autre part. Les autres institutions de l’Etat fonctionnent par sous-délégation de pouvoirs pour ainsi dire : la Cour constitutionnelle, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, le Conseil Economique et Social etc.

L’option démocratique oui, mais des questions se posent

Si l’option démocratique semble le meilleur choix pour la vie d’une nation, l’expérience montre que la démocratie politique n’est pas la panacée pour l’émergence d’un pays comme on aime à le dire de nos jours. Car il y a des questions et des conditions endogènes à nos Etats démocratiques en Afrique noire sans négliger les facteurs exogènes pour ou contre le développement sur ce continent.

Nous ne pensons pas que les pays africains ne soient pas mûrs pour la démocratie ni que la démocratie soit un luxe dont le continent noir ne peut se prévaloir. Néanmoins reconnaissons qu’après 50 ans de souveraineté nationale et plusieurs décennies d’expériences politiques qui passent pour démocratiques, nous devons nous poser certaines questions.

D’où vient cette idée que c’est désobligeant pour un chef d’Etat en exercice d’organiser des élections et de les perdre ? Est-ce que l’on image les implications d’une telle idée ? S’il peut être utile voire nécessaire de réviser la Constitution d’un pays, pourquoi les révisons des constitutions tournent en général autour du Chef de l’Etat, et visent presque toujours la limitation du mandat présidentiel et, dans certains cas, la modification du scrutin de deux tours à un tour, ce qui arrangerait le Président en exercice ? De quelle légitimité vraiment démocratique peut se prévaloir un Président qui serait élu, par exemple, par 20 pour 100 des électeurs au scrutin à un seul tour ? Quel rapport conçoit-on entre légitimité et légalité ou constitutionnalité ? Pourquoi, dans la plupart des pays africains, les élections se déroulent-elles toujours sous la supervision de centaines d’observateurs étrangers dont nous connaissons le leitmotiv diplomatique d’appréciation ? Pourquoi donc le verdict des urnes est-il toujours contesté par l’opposition ? Les violences électorales et post-électorales qui provoquent souvent des pertes en vies humaines ne constituent-elles pas une honte pour nos Etats dits de droit ? La transparence et la crédibilité tant prônées à divers niveaux sont-elles vraiment au rendez-vous de tout le processus électoral c’est-à-dire de la confection des listes jusqu’à la proclamation définitive des résultats par l’instance compétente et habilitée ? Voilà donc une série de questions dont les réponses relèvent d’abord de la conscience civique, morale et même religieuse de chaque citoyen et citoyenne.

Par ailleurs nous en appelons, de façon spéciale, à la conscience, au sens profond de l’honneur et de la responsabilité de toutes les personnes dont dépendent ces tournants de démocratie politique que sont les élections. Nous n’oublions pas les médias, véritable pouvoir dans un Etat de droit, faiseurs d’opinion, capables du meilleur et du pire selon l’air du temps, les intérêts, les pressions. La liberté de presse est un droit essentiel à la démocratie. Mais quelle liberté de conscience, quel effort d’objectivité, quel sens de l’honneur chez les hommes et les femmes des médias ? L’esprit de critique ne l’emporte-t-il pas souvent sur l’esprit critique dans les publications de la presse ?

L’option démocratique oui mais des présupposés s’imposent

L’expérience de la démocratie en Afrique noire nous montre, sans aucune ombre, que l’option démocratique n’est pas la panacée du développement, de l’émergence, du bien vivre pluriel des citoyen même s’il arrive de noter quelque taux de croissance économique. Pourquoi s’en est-il trouvé au Bénin des gens qui auraient rêvé, en mars dernier, du retour à la magistrature suprême du « Général Président » qui jouit paisiblement de sa retraite ? Ceux-là seraient-ils déçus de « l’émergence », de « la prospérité partagée », de « la lutte contre la pauvreté », de « la lutte contre la corruption » pour avoir rêvé que l’idéologie du changement allait tout régler comme par enchantement ? Des présupposés s’imposent pour l’efficacité et l’efficience du « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ».

Il faut d’abord que le peuple dispose à la base de valeurs morales, civiques, religieuses que l’on enseigne, auxquelles l’on éduque et dont on témoigne surtout. Car les enfants et les jeunes observent les parents, les enseignants, leurs ainés dans différents domaines. Certains jeunes professionnels tirent déjà leur partie d’une certaine mentalité de profiteur, de calculateur. Il y a ensuite la question de compétences et de qualifications pour les fonctions et responsabilités auxquels on aspire. Nous comprenons parfaitement qu’il faudrait une culture universitaire certaine pour siéger efficacement à l’Assemblée nationale et qu’il ne suffira pas d’avoir du bien au soleil pour aspirer au Parlement. Mais voilà que des calculs et des intérêts font que personne n’ose statuer valablement sur les conditions d’appartenance à cette institution capitale dans la vie d’un Etat démocratique. C’est vrai aussi qu’un excellent officier des forces armées ne fera pas nécessairement un bon Chef d’Etat ni un grand économiste, un ministre valable de la santé par exemple. Ces observations peuvent s’étendre à tous les niveaux de responsabilité et d’administration jusque dans les communes.

En substance la démocratie a besoin de l’éthique et des religions pour devenir ce qu’elle est et favoriser le bien commun et le développement humain intégral en Afrique. Car seul un bon profil éthico-moral doublé de compétence des responsables politiques pourrait garantir et promouvoir le bien vivre des citoyens au sein d’un peuple épris aussi d’idéal moral voire religieux. Car les religions ont également leur place dans l’Etat démocratique laïque. Elles sont censées véhiculer des valeurs éthiques et morales importantes. Pour paraphraser Saint Ignace d’Antioche (N’ayez pas Jésus Christ sur les lèvres et le monde dans le cœur), il ne s’agit pas de proclamer l’Eternel Dieu tout puissant par la bouche et étouffer sa conscience par les vices du mensonge, de la démagogie, de la manipulation, du détournement du denier public etc. Et sachons que le peuple n’est point dupe, qui se révolte et manifeste à travers les rues ou bien qui se résigne et se désintéresse de la « chose politique », toutes attitudes dangereuses pour la démocratie.
© La Nouvelle Tribune : Père André Kpadonou

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