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13/06/2011

Le gouvernement gabonais a chassé sur son territoire des milliers d'orpailleurs qui ont rallié le Cameroun par Djoum depuis le 02 juin 2011 dernier.



Jusqu'à ce week-end et malgré la gestion du problème par diverses autorités administratives, le fait inédit continue de défrayer la chronique à Djoum, dernier arrondissement du département du Dja et Lobo dans le sud Cameroun en allant vers le Gabon. Les informations recueillies auprès des autorités locales révèlent que près de 3.000 personnes ont été violemment chassés de Minkebe, localité gabonaise située à 200 km de la frontière avec le Cameroun, dans l'arrondissement de Makuku.

Ces personnes qu'on dénombrait à plus de 6.000 dans le campement d'exploitation de l'or de Minkebe ont reçu, de sources concordantes, l'ultimatum de libérer les lieux dans un délai de 72 heures à partir du 31 mai 2011. Ultimatum intervenu à la suite d'une altercation ayant opposée les employés d'une certaine «Mme Angèle», originaire de la République démocratique du Congo (Rdc), et propriétaire d'une mine d'or, à une délégation d'émissaires gabonais venus explorer le site avec des investisseurs étrangers.

"Le gouvernement gabonais aurait décidé de moderniser l'exploitation de l'or en question en la confiant aux investisseurs occidentaux et américains", indique une source. Face au refus manifesté par les exploitants artisanaux et notamment la coordonnatrice Angèle qui, de sources bien informées, aurait été interpellée sur ordre du gouvernement gabonais, des militaires des forces commando gabonaises plus connus sous l'appellation de "bérets rouges" ont débarqué sur le site en hélicoptères pour chasser de force tous les étrangers qui s'y trouvaient. "Ils ont commencé à tabasser tout le monde avant le terme de l'ultimatum. Les Camerounais étaient vraisemblablement les plus visés", révèle Kidmo Daari, un rescapé de nationalité camerounaise.

Bourreaux
Un premier bilan recueilli auprès du sous-préfet de Djoum Jean Lazare Ndongo Ndongo fait état de deux morts côté camerounais et une centaine de blessés. Parmi les victimes, un jeune homme de 30 ans nommé Laurent Menyengue et un bébé né dans des conditions difficiles en pleine forêt sur le chemin de Djoum. Les bourreaux du jeune camerounais lui ont par ailleurs dessiné la carte du Cameroun sur le dos à l'aide d'un poignard, indique notre source.
Ce bilan a toutefois été complété par les derniers expulsés camerounais rencontrés à la place des fêtes de Djoum où on les embarque chaque jour pour Sangmelima. Ces compatriotes affirment que deux de leurs camarades sont décédés dans la forêt à des suites de fatigue et de la bastonnade reçue en terre gabonaise. Il s'agit notamment d'un nigérien dont le corps a été emporté par le fleuve Ayina qui fait office de frontière naturelle entre les deux pays, et un malien dont le corps est resté abandonné dans la forêt.

Informées de l'incident en date du 31 mai 2011, les autorités locales ont mis en place un dispositif d'évacuation piloté par un comité de crise, après avoir interpellé la hiérarchie, indique M. Ndongo Ndongo, même si des sources crédibles affirment que le gouverneur de la région du sud, Jules Marcellin Ndjaga, qui est arrivé à Djoum ce jeudi, 09 juin 2011 (lire ci-dessous), a donné instruction aux médias d'Etat représentés dans la région du sud de ne pas en faire échos. Toujours est-il que qu'à partir du 02 juin dernier, date d'arrivée des premiers expulsés à Djoum, des camions militaires ont été mobilisés vers la frontière située à 70 km de la ville pour une prise en charge immédiate des victimes.

Mais face aux difficultés d'accès entre les deux Etats qui ne sont reliés dans cette zone par aucune voie de communication, les militaires camerounais ont été contraints à chaque descente de parcourir à pieds une distance de 30 km à partir d'un pont cassé en territoire camerounais jusqu'à la frontière où étaient parqués la majorité des expulsés. Sur place à Djoum, le comité de crise s'occupait de leur recensement, hébergement, visites médicales, nutrition et acheminement vers leur village et représentations diplomatiques. Selon les autorités, les derniers vrais contingents sont arrivés à Sangmelima mercerdi, 08 juin 2011. "Tous les moyens de transport ont été mis à contribution pour éloigner les victimes de tout danger", rassure le sous-préfet qui a par ailleurs ajouté que "le pire est derrière par rapport à cette situation". En attendant, des équipes de sauvetage continuent de sillonner la frontière à la recherche d'éventuels survivants.

Tableau récapitulatif
2 292 refoulés recensés
1 517 camerounais
362 nigériens
269 maliens
07 guinéens (Guinée - Conakry)
01 béninois
22 ivoiriens
80 burkinabés
02 tchadiens
05 centrafricains
19 sénégalais
01 ghanéen
Environ 600 refoulés ont évité les points aménagés pour leur accueil
© Mutations : Guy Roger Mvondo, à Djoum

13:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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