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09/12/2011

QUE CACHE LA RUMEUR SUR LE FRANC CFA ?

Depuis que le Wall Street Journal a annoncé que plusieurs banques Européennes se préparent à la fin de l'euro et au retour aux anciennes monnaies nationales, en nommant la frénésie en cour à la Banque d'Irlande, une rumeur s'est mise en route sur la probable dévaluation du Franc CFA. Comment ne pas y voir une tentative pour faire diversion sur le débat qui a envahi la rue africaine sur la sortie du Franc CFA, devant le déclin économique et financier de l'Europe et la conséquente difficulté de sa monnaie, l'Euro ? N'est-ce pas suspect que lorsque les Africains qui utilisent le Franc CFA, commencent à se poser de sérieuses questions sur l'opportunité de rester dans la zone CFA, arrivent ces rumeurs sur l'éventualité de la dévaluation du Franc CFA ? Et si c'était juste pour détourner l'attention de la vraie question : faut-il rester dans la zone Franc? Comment expliquer que pendant 52 longues années depuis les indépendances, des pays d'Afrique aient été privés de l'instrument de politique monétaire pour créer la richesse ? Qu'est-ce qui explique la honte assumée des dirigeants Africains d'accepter que leurs monnaies soient décidées et imprimées en France ?

LA FAUTE N'EST-CE PAS AUX DIRIGEANTS AFRICAINS ?

Souvent cela nous fait tant de bien de mettre sur le dos de la France ou de l'Occident la plupart de nos malheurs. Et cela réconforte, cela rassure comme le Chrétien a besoin du Juif pour laver ses péchés. Mais dans le cas du Franc CFA, la pilule est plus amère et cette fois-ci, même les Français n'accepteront pas de l'avaler ou du moins, pas tous seuls. Car le chapeau est à faire porter, plus aux intellectuels et dirigeants Africains qu'à l'ancien maître. Il existe une légende métropolitaine en Afrique savamment véhiculée par ces derniers selon laquelle, à cause des accords signés avec la France, il serait impossible de sortir du Franc CFA. Mais, sur le plan pratique, aucun texte, aucune loi, aucun accord, aucun décret ne peut empêcher un peuple de prendre sa souveraineté dès lors qu'il est conscient qu'elle lui avait été volée, dès lors qu'il comprend ce qu'il perd sans ladite souveraineté. La vérité est qu'il semble que ces pays préfèrent la subordination à la souveraineté. Deux contre-exemples nous le prouvent :


EN AFRIQUE DU NORD

A l'indépendance des pays africains, tous les pays d'Afrique du Nord étaient eux aussi liés à la France par les mêmes accords monétaires et militaires.

- Au Maroc : Pour avoir prétendu l'indépendance du Maroc et la sortie du Franc, le roi du Maroc Mohammed V Ben Youssef sera déporté avec toute sa famille d'abord en Corse, puis à Madagascar le 8 Avril 1954. La France installe au trône son oncle. Mais la population refuse et reste soudé derrière son roi, même exilé de force. La France est contrainte de le ramener en 1955. L'indépendance est proclamée l'année d'après. 2 ans après l'indépendance, le Royaume dit au revoir à la monnaie française et crée la sienne, le Dhiram en 1958, malgré l'hostilité de la France.

- En Tunisie, on a observé les mêmes résistances de la France pour concéder une véritable indépendance. Mais comme au Maroc ce sont les dirigeants Tunisiens qui ont fait comprendre à la France qu'un pays ne peut pas se dire indépendant alors qu'il utilise la monnaie d'un autre pays, alors qu'il a sur son propre territoire la base militaire d'un autre pays. En 1956, c'est l'indépendance formelle du pays, mais c'est toujours la France qui contrôle la monnaie tunisienne, le Franc. Dès 1958, la France est contrainte d'accepter que la Tunisie quitte la zone Franc pour créer sa propre monnaie le Dinar. Cependant, elle refuse d'évacuer ses troupes de Bizerte. En 1961, le président Bourguiba, lance un ultimatum aux Français avant de déclencher la guerre qui fera un millier de morts, presque tous des Tunisiens, pour chasser les Français de cette base militaire de Bizerte. Un an après, le 25 Juillet 1962, le Président Bourguiba obtient gain de cause, 6 ans après l'indépendance, le Président français De Gaulles annonce que la France accepte de mettre fin à 82 ans de présence militaire en Tunisie.

- En Algérie, en 1962, c'est l'indépendance formelle, comme partout, c'est la France qui contrôle la monnaie. Mais les Algériens insistent que sans la monnaie, ce n'est pas une vraie indépendance. La France est obligée de concéder la finalisation de l'indépendance algérienne avec la création de sa propre monnaie, le Dinar Algérien, le 1er Avril 1964, c'est-à-dire aussi là, 2 petites années après l'indépendance.

EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE

A Madagascar le Président Ratsiraka en 1972, 12 ans après l'indépendance, quitte par décret présidentiel la zone CFA pour créer le Franc Malgache, comme monnaie transitoire vers le Ariary, le temps de laisser la population s'habituer à ce changement. Lorsque Madagascar quitte la Zone Franc CFA en 1972, le Franc Malgache est immédiatement déclaré inconvertible en Novembre de cette année et un système de réglementation des changes est mis en place. Depuis le 31 juillet 2003, l’unité monétaire malgache est devenue l’ARIARY (Ariary = 5 Francs malgaches). La même année, le Président Ratsiraka exige le départ des troupes françaises et l'évacuation de la base militaire d'Ivato avant le 1er septembre 1973. Le colonel de l'armée françaises Cazaillet remettra la base militaire aux autorités malgaches un jour avant la date exigée par le Président Rasiraka.


50 ANS D'INDEPENDANCE TOUT COURT, 0 AN D'INDEPENDANCE MENTALE

Pendant ce temps, au Sénégal, en Cote d'Ivoire, au Gabon, au Tchad, en Centrafrique, etc... le monde est encore figé aux années 50, avec les mêmes pratiques coloniales, les mêmes bases militaires françaises, la même monnaie coloniale française dénommée CFA. Comment expliquer qu'en Afrique du Nord, la France a été contrainte à laisser s'installer et se développer, même avec des erreurs, l'autonomie monétaire alors qu'elle n'a même pas besoin de faire le moindre effort pour empêcher que les pays africains se dotent de véritables monnaies ? Pour une fois, les exceptions de Madagascar ou de la Guinée sont là pour nous suggérer que peut-être cette fois-ci, la faute ne peut être attribuée uniquement au bourreau, mais aussi à la victime, à l'inaction coupable de la victime. Il conviendrait dans ce cas d'inverser la question et la transformer en une autre : qu'est-ce qui explique que les dirigeants d'Afrique subsaharienne n'aient pas compris qu'un pays ne peut pas se dire indépendant s'il ne contrôle pas sa monnaie? s'il ne pilote pas la décision de lui imprimer des billets de banque? s'il n'assume pas la gestion des devises étrangères pour équilibrer sa balance commerciale mais aussi sa balance des paiements? Et surtout, comment expliquer que plus de 50 ans après les indépendances, les intellectuels africains n'aient pas jugé opportun de débattre publiquement de cette indépendance amputée ? La vérité est sans doute plus amère.

LA CARRIERE PERSONNELLE DE CHACUN AVANT TOUT

En Afrique francophone, la plupart des personnes qui ont connu l'époque coloniale vivent dans une logique d'acceptation fataliste de leur infériorité même mentale vis-à-vis de la France. Les dirigeants ont presque tous fait leurs études supérieures en France et n'ont jamais connu d'autres expériences universitaires hors de la France. Ce qui les a amenés à développer plutôt un comportement d'allégeance et de remerciement à la France pour les avoir "civilisés". En tout cas, c'est l'impression que dégage cette attitude de la plupart des dirigeants Africains de cette partie du continent. Un diplomate Nigérian en poste à Genève m'exprimait récemment son étonnement de constater que la plupart de ses collègues de l'Afrique francophone, avant de rentrer dans leur pays, devaient d'abord accomplir un rituel pour lui incompréhensible : séjourner quelques jours en France, soit à l'allée qu'au retour. Mais le pire qu'il avait constaté était que la plus grande aspiration de ces mêmes collègues était d'acheter une maison, pour les jours de leur retraite, pas dans le pays africain qu'il représentaient comme diplomates, mais en France.

Ce comportement qu'on peut constater depuis Genève est largement diffus dans les pays francophones et à tous les niveaux. Personne n'ose dire un seul mot contre la France, par peur de se voir refuser le Visa pour aller faire le rituel précédemment décrit. Cela commence des Ministres et arrive aux journalistes qui préfèrent spéculer sur la probable dévaluation du Franc CFA, mais aucun mot sur l'incroyable anachronisme et inopportunité économique d'une telle monnaie. Ils sont aussi tous complices des dommages de la convertibilité du Franc CFA, puisque pour réaliser le rituel de la procession vers une maison achetée en France, il est évident qu'aucun fonctionnaire africain ne pourrait y parvenir par son propre salaire, encore moins y envoyer ses enfants étudier. Alors il reste la corruption et les détournements variés de fonds. Et sans la convertibilité du Franc CFA, tout cela ne serait pas possible. Si la monnaie était non-convertible, comme presque toutes les autres monnaies sur le continent africain, la valise d'argent de FCFA, une fois à Paris, ce serait de simples bouts de papiers. Tous les hauts fonctionnaires ou presque de ces pays semblent inscrits dans un rêve de plan de carrière internationale sous la bénédiction de la France. Presque tous rêvent de travailler un jour, même le temps d'un simple stage au FMI, à la Banque Mondiale et la France sait utiliser ces petits appâts pour mettre au pas de très hauts fonctionnaires. Est-ce une faute ? NON. Comment peut-on reprocher aux dirigeants Français de faire les intérêts de leur pays? de leur peuple ? C'est le versant africain qui est inquiétant. C'est dans la même logique qu'on se demande presque quel sens cela a de traiter la Cour Pénale Internationale de raciste ou coloniale, si ce sont les mêmes juristes Africains qui n'ont d'autres rêves que d'y travailler un jour ? C'est la même chose pour les Nations-Unies.

CONCLUSION :

plus de 50 ans après, on peut constater que le choix de la dépendance monétaire des pays africains d'abord à la France et aujourd'hui à l'Europe est un véritable fiasco économique et les difficultés financières de la France et de toute la zone Euro, avec l'inexplicable navigation à vue de ses membres (19 sommets en 22 mois pour ne rien décider) ne sont pas de nature à rassurer les pays Africains qui ont renoncé à leur souveraineté monétaire d'avoir été dans de bonnes mains. Et les conséquences économiques et sociales sont dramatiques pour ces pays africains, ce qui fait que sur les 10 pays les plus pauvres d'Afrique, 8 sont des pays soumis à ce régime monétaire du Fcfa. Est-ce une simple coïncidence ? Les Africains doivent-ils encore pour longtemps accepter d'être pris en otage par des intellectuels qui ne sont intéressés en définitive qu'à leur plan de carrière sous l'ombrelle possible de la France ou de l'Europe ? La jeunesse africaine est-elle suffisamment informée pour construire et manifester son indignation ? N'est-ce pas venu le moment du mea-culpa des 70% des étudiants Africains de la diaspora dont les parents sont fonctionnaires en Afrique ? Pour qu'ils se demandent à eux-mêmes s'ils sont véritablement convaincus que l'argent du loyer du studio qu'ils payent 500 € (328.000 FCFA) par mois à Paris vient vraiment des 200.000 FCFA (305 €) de salaire mensuel de leur papa ou leur maman en Afrique ? En attendant la venue d'une monnaie unique africaine, si chaque pays crée sa propre monnaie et la rend non-convertible, que ferons-nous de cet armada d'étudiants de la diaspora qui vit grâce au sous-système tel qui est aujourd'hui ? Sommes nous encore disposés à nettoyer devant notre porte et dire au revoir au Franc CFA ?

08/12/2011

Jean-Paul Pougala
www.pougala.org

10:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

02/12/2011

Roben Island, le Katanga, aujourd’hui la Haye : L’histoire douloureuse de l’Afrique continue de s’écrire

L’histoire du continent noir continue de s’écrire dans des lieux qui sont devenus des symboles de la libération contre le colonialisme. Au plus fort de l’apartheid en Afrique du sud, il n’était visiblement pas bon de fréquenter un militant de la lutte antiraciste. Le monde, principalement les grandes puissances se contentaient juste des condamnations de principes. Alors qu’elles coopéraient en sous-main, avec le régime raciste. Il est même prouvé que la couronne anglaise fournissait des armes au pouvoir blanc pour mater la révolte noire.

Du coup, la plupart des pays africains, principalement ceux de l’Afrique subsaharienne qui subissent de plein fouet la France se sont mis dans les rangs en coopérants à leur tour avec le pouvoir raciste. Mandela, aujourd’hui célébré, était taxé de dangereux terroriste. Son parti, l’Anc était alors classé par la grande Amérique parmi les plus grandes organisations terroristes du monde. Jusqu’à une date récente, ce parti et ses militants étaient de ce fait, interdits de séjour sur le territoire américain.

Mandela a donc passé plusieurs années dans la prison de Roben Island qui est devenue maintenant un haut lieu de pèlerinage. Parce que Mandela, le dangereux terroriste est devenu un grand homme célébré à l’échelle mondiale. L’Occident atteint par une sorte d’amnésie collective a subitement oublié que c’est cet homme qui hier, était classé parmi les dangereux extrémistes Noirs d’Afrique du sud qui étaient opposés à la paix avec les Blancs. Mandela était l’extrémiste. Parce qu’il ne voulait pas marchander ses convictions. Au même moment, Buthelezi l’une des pires marionnettes que l’Afrique du sud a connues était le bienvenu dans les grandes capitales européennes et américaines. L’homme avec son parti l’Inkhata. Il semait alors la terreur dans la population noire par des tueries massives. Il était en fait manipulé par le pouvoir Blanc qui lui donnait armes et munitions pour crée la zizanie parmi les militants antiracistes. Rien que pour compromettre toutes les actions de l’Anc.

Aujourd’hui Buthelezi est un simple oublié de l’histoire. L’Afrique et le monde retiennent de lui l’image d’un vil personnage qui a servit les intérêts de l’oppression. Pendant que l’Onu se permet de créer un «Mandela days» célébré chaque année dans le monde. En Afrique du sud, il y a eu Roben Island. Mais dans le Zaïre aujourd’hui Rdc, il y a eu le Katanga. La suite logique de ce qui se passait à l’époque en Afrique du sud.

Au moment où Mandela croupissait dans cette prison de la honte, juste à côté, dans le Katanga, Patrice Lumumba, un autre Africain y était déporté parce qu’il s’est donné lui aussi le culot de réclamer à la couronne Belge, une indépendance totale. Ça été la même rengaine dans les médias occidentaux.

Lumumba y était dépeint comme un dangereux dictateur doublé du qualitatif d’un anarchiste qui veut mettre le Congo à genou. L’Onu, l’Amérique, la France, bien entendu la Belgique ont tous condamné Lumumba. Pris à Léopoldville aujourd’hui Kinshasa, il a été déporté dans le Katanga où il a été assassiné par des agents de la Cia. Mobutu placé à la tête de ce pays était alors présenté comme l’homme de la situation. Il était accueilli avec faste dans toutes les grandes capitales occidentales, qui lui apportent en même temps le soutien nécessaire pour mieux muselé son peuple. Le Zaire est de ce fait mis en coupes réglées.

Il n’y a que le diamant qui intéresse Paris, Londres et Washington. La douleur du peuple congolais s’évanouira dans la vaste forêt tropicale qui longe le Congo. Mais le temps passé, Mobutu est devenu un paria avant de mourir comme un moins que rien dans l’indifférence totale de tous ses parrains occidentaux. Au même moment, la Belgique reconnaît sa responsabilité dans l’assassinat de Lumumba et demande pardon. Certes il y a pardon mais le mal est déjà fait. Le Congo continue en plus de payer un lourd tribut dans la mort de ce grand panafricaniste. Il avait simplement proposé l’unité du Congo. On lui a collé l’étiquète d’un dangereux anarchiste à la solde des puissances communistes. Hier c’était Mandela à Roben Island, et Lumumba dans le Katanga.

Aujourd’hui, c’est Gbagbo qui est déporté dans la prison de la Haye à la demande expresse de la France. Le lieu change certes. Mais l’Occident reste dans sa logique. Gbagbo est dépeint comme un dangereux dictateur avec des chefs d’accusations les plus ridicules. Parce qu’il a refusé de monnayer ses convictions à la toute puissance de la France. Paris a alors juré par tous les moyens d’avoir sa tête. Ne gêne-t-il pas sa politique colonisatrice sur le continent. Et en Côte d’Ivoire, les Mobutu et Buthelezi, sûrs du soutien des même puissances colonisatrices, continuent de crier victoire.

Pour eux, le plus important, c’est d’être au pouvoir et avoir la bénédiction de Paris, Londres et Washington. Les militants manipulés et fanatisés au discours de la haine ethno-tribale peuvent applaudir. Le temps qu’ils se rendront compte, il sera trop tard.
© Le Temps : Guehi Brence

13:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Roben Island, le Katanga, aujourd’hui la Haye : L’histoire douloureuse de l’Afrique continue de s’écrire

L’histoire du continent noir continue de s’écrire dans des lieux qui sont devenus des symboles de la libération contre le colonialisme. Au plus fort de l’apartheid en Afrique du sud, il n’était visiblement pas bon de fréquenter un militant de la lutte antiraciste. Le monde, principalement les grandes puissances se contentaient juste des condamnations de principes. Alors qu’elles coopéraient en sous-main, avec le régime raciste. Il est même prouvé que la couronne anglaise fournissait des armes au pouvoir blanc pour mater la révolte noire.

Du coup, la plupart des pays africains, principalement ceux de l’Afrique subsaharienne qui subissent de plein fouet la France se sont mis dans les rangs en coopérants à leur tour avec le pouvoir raciste. Mandela, aujourd’hui célébré, était taxé de dangereux terroriste. Son parti, l’Anc était alors classé par la grande Amérique parmi les plus grandes organisations terroristes du monde. Jusqu’à une date récente, ce parti et ses militants étaient de ce fait, interdits de séjour sur le territoire américain.

Mandela a donc passé plusieurs années dans la prison de Roben Island qui est devenue maintenant un haut lieu de pèlerinage. Parce que Mandela, le dangereux terroriste est devenu un grand homme célébré à l’échelle mondiale. L’Occident atteint par une sorte d’amnésie collective a subitement oublié que c’est cet homme qui hier, était classé parmi les dangereux extrémistes Noirs d’Afrique du sud qui étaient opposés à la paix avec les Blancs. Mandela était l’extrémiste. Parce qu’il ne voulait pas marchander ses convictions. Au même moment, Buthelezi l’une des pires marionnettes que l’Afrique du sud a connues était le bienvenu dans les grandes capitales européennes et américaines. L’homme avec son parti l’Inkhata. Il semait alors la terreur dans la population noire par des tueries massives. Il était en fait manipulé par le pouvoir Blanc qui lui donnait armes et munitions pour crée la zizanie parmi les militants antiracistes. Rien que pour compromettre toutes les actions de l’Anc.

Aujourd’hui Buthelezi est un simple oublié de l’histoire. L’Afrique et le monde retiennent de lui l’image d’un vil personnage qui a servit les intérêts de l’oppression. Pendant que l’Onu se permet de créer un «Mandela days» célébré chaque année dans le monde. En Afrique du sud, il y a eu Roben Island. Mais dans le Zaïre aujourd’hui Rdc, il y a eu le Katanga. La suite logique de ce qui se passait à l’époque en Afrique du sud.

Au moment où Mandela croupissait dans cette prison de la honte, juste à côté, dans le Katanga, Patrice Lumumba, un autre Africain y était déporté parce qu’il s’est donné lui aussi le culot de réclamer à la couronne Belge, une indépendance totale. Ça été la même rengaine dans les médias occidentaux.

Lumumba y était dépeint comme un dangereux dictateur doublé du qualitatif d’un anarchiste qui veut mettre le Congo à genou. L’Onu, l’Amérique, la France, bien entendu la Belgique ont tous condamné Lumumba. Pris à Léopoldville aujourd’hui Kinshasa, il a été déporté dans le Katanga où il a été assassiné par des agents de la Cia. Mobutu placé à la tête de ce pays était alors présenté comme l’homme de la situation. Il était accueilli avec faste dans toutes les grandes capitales occidentales, qui lui apportent en même temps le soutien nécessaire pour mieux muselé son peuple. Le Zaire est de ce fait mis en coupes réglées.

Il n’y a que le diamant qui intéresse Paris, Londres et Washington. La douleur du peuple congolais s’évanouira dans la vaste forêt tropicale qui longe le Congo. Mais le temps passé, Mobutu est devenu un paria avant de mourir comme un moins que rien dans l’indifférence totale de tous ses parrains occidentaux. Au même moment, la Belgique reconnaît sa responsabilité dans l’assassinat de Lumumba et demande pardon. Certes il y a pardon mais le mal est déjà fait. Le Congo continue en plus de payer un lourd tribut dans la mort de ce grand panafricaniste. Il avait simplement proposé l’unité du Congo. On lui a collé l’étiquète d’un dangereux anarchiste à la solde des puissances communistes. Hier c’était Mandela à Roben Island, et Lumumba dans le Katanga.

Aujourd’hui, c’est Gbagbo qui est déporté dans la prison de la Haye à la demande expresse de la France. Le lieu change certes. Mais l’Occident reste dans sa logique. Gbagbo est dépeint comme un dangereux dictateur avec des chefs d’accusations les plus ridicules. Parce qu’il a refusé de monnayer ses convictions à la toute puissance de la France. Paris a alors juré par tous les moyens d’avoir sa tête. Ne gêne-t-il pas sa politique colonisatrice sur le continent. Et en Côte d’Ivoire, les Mobutu et Buthelezi, sûrs du soutien des même puissances colonisatrices, continuent de crier victoire.

Pour eux, le plus important, c’est d’être au pouvoir et avoir la bénédiction de Paris, Londres et Washington. Les militants manipulés et fanatisés au discours de la haine ethno-tribale peuvent applaudir. Le temps qu’ils se rendront compte, il sera trop tard.
© Le Temps : Guehi Brence

13:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Côte d'Ivoire,Laurent Gbagbo à la CPI: Grandeurs et misères d’un pouvoiriste

La prison de Scheveningen a un nouveau pensionnaire célèbre. Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, vient d’y passer sa première nuit, en qualité de détenu. C’est la fin de toutes les illusions pour ses partisans qui croyaient en la possibilité de le juger sur le sol ivoirien, voire même de le relaxer. Après s’être opposé des années durant au régime trentenaire de feu Félix Houphouët-Boigny, premier président de la république de Côte d’Ivoire, Laurent Koudou Gbagbo, historien de son état, accéda à la plus haute fonction de l’Etat ivoirien en 2000.

Nonobstant les circonstances non idéales par lesquelles il est arrivé au sommet de l’Etat, le légendaire opposant était de loin le candidat le plus aimé de la présidentielle d’alors. Le vieux Robert Guei, qui avait pourtant impressionné l’Ivoirien moyen par son apparente détermination à débarrasser la maison ivoirienne de tout détritus, ayant déçu par ses errements. Ce fut donc en sauveur que la rue ivoirienne porta à la tête de l’Etat le président du Front populaire ivoirien (FPI) qui était censé avoir comme tâche primordiale d’organiser une élection transparente à laquelle pourront participer tous ses concitoyens sans discrimination aucune.

Mais bien que l’opposant devenu gouvernant par le hasard de l’histoire n’ait pas pu relever ce noble défi, il réussit, contre toute attente et par des stratégies plus ségrégationnistes les unes que les autres, à étendre et fixer plus profondément les tentacules de son règne qu’il voulait, a-t-on deviné plus tard, éternel. Pour ce faire, il emprunta à Henri Konan Bédié (HKB), successeur constitutionnel du père de l’indépendance ivoirienne, son lugubre concept d’« ivoirité » qu’il dirigea contre son plus sérieux probable concurrent, à savoir Alassane Dramane Ouattara (ADO). Et pour se rassurer de ne voir se dresser contre son projet de pérennisation au pouvoir aucun obstacle inquiétant, il entreprit de jouer sur le temps avec comme objectif d’éliminer, par le biais de la limite d’âge, l’autre « empêcheur de régner en boucle » que représentait Henri Konan Bédié.

Des citoyens ivoiriens, civils comme militaires, ne tardèrent pas à comprendre son manège qui consistait à surfer sur la vague nationaliste et régionaliste pour semer les graines de la haine et de la violence, sur les braises desquelles il comptait asseoir sa dictature démocratique. Ceux-ci prirent alors le maquis avec à leur tête le jeune mais brillant étudiant Guillaume Kigbafori Soro. Même après voir frôlé le pire à cause de la fougue des rebelles en quête d’élections dignes d’un Etat de droit, l’apprenti potentat n’en a pas démordu, allant jusqu’à accepter malgré lui une gestion partagée du pouvoir juste pour le conserver.

C’est ainsi qu’avec l’aide du voisin burkinabè, avec qui il s’est réconcilié pour les besoins de sa cause, il a su émousser un tant soit peu l’ardeur du bras armé de la rébellion, en l’occurrence les Forces nouvelles (FN), en en mettant pleine la bouche à son leader. Comme un chien à qui on jette un os pour arrêter ses aboiements, Guillaume et ses plus proches collaborateurs finirent par avoir la bouche si pleine que leurs cris de protestation étaient devenus rares ou à peine audibles. L’enfant de Mama tenait ainsi subtilement en laisse ses contempteurs d’hier et était devenu si sûr de lui qu’à l’apogée de son règne, il s’accommoda parfaitement de son pseudonyme de christ de Mama que n’hésitèrent pas à lui attribuer ses thuriféraires. Sans doute cette griserie du culte de la personnalité a-t-elle été pour beaucoup dans la perte de cet homme qui réfléchissait plus par le sixième sens de sa femme Simone que par son intellect d’universitaire. Tel un serpent négligé mais rusé, celui dont il avait la plus grande crainte politique mais qu’il croyait, à défaut d’en avoir pu faire un outsider électoral, avoir réussi à ranger pour de bon parmi les indésirables, ADO pour ne pas le nommer, sortit de sa méditation pour venir au chevet d’une nation dont les fondements avaient commencé à s’effriter. Les bons auspices augurés par l’acceptation de sa candidature conduisirent immanquablement l’ancien Premier ministre de Nanan Boigny à son ascension politique après une lutte de longue haleine.

Commença alors le calvaire du christ en disgrâce, depuis sa dégradante capture, et qui poursuit son cours logique avec l’étape, sans doute la plus importante, de son transfert suivi de son incarcération à la prison de la Cour pénale internationale (CPI). Une véritable misère qui n’a d’égale que la fulgurante et éphémère grandeur d’un pouvoiriste dans son élan stoppé. Deuxième ex-chef d’Etat africain à être remis à la CPI, l’’ex-pensionnaire de la prison spéciale de Korogho est donc bien parti pour de très longs mois de réclusion dans les mêmes locaux que Radovan Karadzic, Ratko Mladic et Charles Taylor. Devant répondre de quatre chefs d’accusation de crimes contre l’humanité, à savoir meurtres, viols, violences sexuelles, persécutions et actes inhumains commis entre novembre 2010 et mai 2011, le nouveau reclus international risque la perpétuité. Ainsi a été exaucée la prophétie du président burkinabè Blaise Compaoré.

L’actuel chef de l’Etat ivoirien avait également promis, de concert avec le procureur de la Cour internationale de La Haye, que tous les criminels de la période postélectorale seront poursuivis, tous bords politiques confondus. Une parole donnée et que les deux hommes doivent respecter, au nom de la bonne conduite du processus de réconciliation. Il faut aussi éviter de donner raison à ceux qui crient à une justice des vainqueurs. Ouattara et Ocampo, sur ce point, sont sur la même longueur d’ondes : personne n’échappera au glaive de la justice. Qu’il en soit ainsi !
© Source : Le Pays

13:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

L’Afrique face aux prédateurs

Avant même que le guide libyen Mouammar Kadhafi ne soit abattu sans procès par le Conseil National de Transition (CNT) libyen, les pays occidentaux se partageaient sans vergogne ni aucune décence le pétrole libyen (35 % pour toi, 25 % pour moi etc.). Le nouvel impérialisme a de beaux jours devant lui. Avec mandat des Nations Unis, tout se justifie, on peut intervenir et déloger qui l’on veut et surtout de préférence lorsque le pays de celui qu’on veut déloger regorge de pétrole.

Et à ce jeu là, la France est passée maître. Les partis politiques français, de gauche comme de droite se sont toujours alignés aux intérêts hautement stratégiques de la France. Que le sang impur des pauvres africains abreuvent donc les sillons des impérialistes ! La France doit vivre. Il paraît d’ailleurs que l’Afrique n’est pas assez mûre pour la démocratie, peut être bien qu’elle est mûre pour la dictature ? Raison pour laquelle les Eyadema, Bongo et autre Bokassa peuvent mourir de leur belle mort sans que jamais la France ne dénonce le caractère inique de leur règne. Avec la bénédiction des pays impérialistes, en Afrique, les enfants meurent très tôt de faim et de maladies tandis que les dictateurs font de vieux os.

Le peuple français doit dénoncer la Françafrique, le plus long scandale de la République. Peut être bien que beaucoup n’ont pas conscience de ce qui se passe vraiment sous leurs yeux, tous les jours. Par exemple, un pays comme le Gabon, dirigé pendant des décennies par Bongo père (celui là même qui finance tous les hommes politiques français avec l’argent des Gabonais) et Bongo fils ( actuel président adoubé par la France) n’a pas besoin de l’aide au développement puisque ce pays de quelques 1,5 millions d’habitants est riche de tout. Pétrole, manganèse, bois, et bien que le PNB par habitant soit un des plus élevés d’Afrique, les Gabonais n’ont pas un hôpital de qualité pour se soigner ou encore de bonnes universités et écoles pour s’instruire. Normal, l’argent des Gabonais sert à financer les politiques français et cela, tout le monde le sait. La grande hypocrisie des hommes politiques de gauche comme de droite est manifeste quand il s’agit de l’Afrique. Promesse, promesse toujours, on attend encore la fin de la politique africaine inique de la France depuis le discours de Mitterand de la Baule du 20 juin 1990, repris en 2008 presque 20 ans après par super Sarkozy en Afrique du sud. Promesse donc, promesse toujours et beaucoup qui y ont cru comme Bokel et Cot s’y sont cassés les dents.

Aujourd’hui, les prédateurs nouveaux s’attaquent à la terre africaine, le sous sol ne suffit plus.

A Madagascar, les multinationales achètent des milliers d’hectares non pas pour promouvoir l’agriculture locale mais pour nourrir la spéculation. Quant aux pauvres agriculteurs malgaches et d’autres pays africains qui subissent cette injustice, peut être bien qu’ils ne sont pas assez mûrs pour l’agriculture…et la dignité de vivre de la force de leur bras et le fruit de leur travail de la terre.

Les prédateurs ne sont donc pas seulement occidentaux, ils sont aussi africains. Ils faut toujours des alliés locaux pour faire la basse besogne. Et ils sont nombreux les alliés. Les non-alignés ainsi que les empêcheurs de tourner en rond comme Patrice Lumumba, Thomas Sankara sont tués afin que l’exploitation de l’Afrique et des Africains puissent continuer. Il appartient à tous les indignés du Capitalisme et de l’impérialisme qu’ils soient d’Europe ou d’Afrique de dénoncer avec force cette prédation inique qui ruine l’Afrique et enlève tout avenir à sa jeunesse.

Le lien entre immigration et l’exploitation de l’Afrique par les prédateurs est évident. Les Congolais n’ont certainement pas besoin de s’exiler si les richesses du Congo étaient partagées entre tous les filles et fils du Congo. Il en est de même pour les Gabonais et beaucoup d’autres pays africains.

Ce ne sont pas des murs qu’il faut construire pour empêcher les Africains de venir en Europe mais surtout détruire brique par brique le mur de la corruption qui seule est l’ennemi de l’Afrique. Et les corrupteurs sont ici et là bas. L’impérialisme international est toujours solidaire quel que soit le continent. Le sommet du G20 est l’occasion de dénoncer avec force l’impérialisme international qui ruine les peuples faibles pour le bien de quelques nantis des pays riches.

Nous sommes 99%, ils sont 1 % . Indignés de tous pays, soyons unis !
© Correspondance : Le Groupe de Travail Afriques du NPA

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