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07/01/2012

Campagne militaire Francaise en Pays Bamileke. Chronique d'un genocide annonce.



Campagne militaire Francaise en Pays Bamileke.
Chronique d'un genocide annonce.

Parmi les grands crimes commis par la France aux quatre coins du globefigure un, sans doute le plus scandaleux, premedite, planifie etexecute par le General de Gaulle au tournant des annees 60.En pleine guerre froide, il n'y a pas de camera pour filmer, ni de reporters pour ecrire. Entre les chaines montagneuses du pays BAMILEKE, les Chasseurs-bombardiers francais se livrent a l'implacable jeu de la mort. Les populationsindigenes qu'on massacre ainsi n'ont rien pour se defendre. La situationgeographique de la region martyrisee n'arrange fatalement pas les choses.Le pays BAMILEKE est, a ce moment-la, la seule province camerounaise qui nepartage pas de frontieres avec un pays voisin. Il n'y aura pas d'exode vers lesfrontieres, ni de Camps de Refugies. Il n'y aura pas de Croix Rouge, ni deMedecins Sans Frontieres. Il y a pourtant une sorte d'unanimite et de consensusinternational sur ce crime.L'ONU, de laquelle la France tient son mandat de Tutelle, restera etrangementmuette. La Grande Bretagne, l'autre Mandataire et Alliee de la Premiere GuerreMondiale, est de l'autre cote de la montagne, a un vol d'oiseau de Mbouda et deDschang. Les vas et vient des bombardiers francais n'ont certainement pasechappe a la vigilance des services secrets de sa Majeste. Son silence est, sansaucun doute, un acte de solidarite occidentale. Le Vatican, dont on connait lacapacite a fustiger les crimes de cette ampleur, n'en dira pas un seul mot. Pire, lesecoles et colleges missionnaires a l'Ouest du Cameroun ont abrite le corpsexpeditionnaire francais. Il s'agit, peu de gens le savent, de l'un des plus grandsgenocides de l'histoire de l'Humanite.

Le rayonnement international de la France, qui beneficie de la Loi du silence del'ordre blanc mondial, va reussir a etouffer le crime. Aujourd'hui, les jeunesCamerounais sont surpris lorsqu'on leur apprend, de maniere anecdotique helas,l'histoire de cet effroyable drame. Le General de Gaulle s'est rendu ainsi coupable


d'un deuxieme genocide: Le genocide de la Memoire.

La plupart des Officiers francais qui font partie du Corps expeditionnaire sontd'anciens tueurs de la Guerre d'Indochine. Ils ont ete recases au Cameroun, enraison, croit-on savoir, des Accords de Defense Militaires passes entre M. Ahidjoet Charles de Gaulle. Le Cameroun n'est pourtant pas, si l'on se refere a cesfameux Accords de Defense, sous la menace d'un pays etranger. Le Ministre de ladefense de M. Ahidjo, un certain Sadou Daoudou, - dont le nom devrait entrer dans le registre sinistre des criminels de guerre n'aura pas de mal a convaincreson homologue Francais Pierre Guillauma. Jacques Foccart, le Rambo francaisdes tropiques, est favorable a l'extermination massive des BAMILEKE, que desrapports des services de la SDECE - dont ceux d'un certain Jean Lambertonpresentent comme une dangereuse menace pour les interets Francais auCameroun. Sur place a l'Ouest du pays, dans le champ des operations, se trouveAndze Tsoungui, ministre aujourd'hui retraite.

Parmi les Officiers du Corps expeditionnaire, figure Max Bardet, Piloted'helicoptere. Comme beaucoup d'autres, il a pris une part active auxbombardements. Il a survole et bombarde, avec une cruaute qu'il n'a jamais niee,le pays BAMILEKE. Voici un temoignage edifiant qu'il a fait en 1988 dans un livreintitule OK Cargo. Bardet sait tres bien de quoi il parle. Voici sa declaration:

" En deux ans, de 1962 a 1964, l'armee reguliere a completement ravage le paysBAMILEKE. Ils ont massacre de 300 000 a 400 000 personnes. Un vrai genocide.Ils ont pratiquement aneanti la race. Sagaies contre armes automatiques, lesBAMILEKE n'avaient aucune chance(.) Les villages avaient ete rases, un peucomme Atilla "Bardet prononce bien les mots genocide, race aneantie, villages rases. un peucomme Atilla. Ces mots funebres ne sont pas prononces par un profane, mais par un militaire, acteur et temoin d'un crime. La comparaison que cet Officier fait avecAtilla n'est pas fortuite. Pour ceux qui connaissent un peu l'histoire triste de cepetit village martyr du Liban, il est meme etonnant qu'il ait eu des survivants al'ouest du Cameroun. Ce temoignage a lui seul constitue un element de preuvedont un Tribunal International =Special devrait un jour tenir compte. Bardet avance le chiffre de trois a quatrecents mille victimes. Rien qu'en deux ans!!! Combien y-a-t-il eu entre 1964 et 1970,date annee de la fin de la campagne de " pacification "? Combien y en-a-t-il entre1955 et 1962? C'est pour repondre a cette question que nous enquetons en ce moment a l'ouest du Cameroun. Les recherches se feront maison par maison,quartier apres quartier, et pour cela, la collaboration totale de toute personneresident en territoire BAMILEKE est indispensable, car il est evident qu'aucunefamille BAMILEKE n'a echappe aux massacres.



Constantin Melnik a ete, dans les memes annees 60, un haut responsable de l'EtatFrancais.Il etait conseiller des services secrets de Michel Debre, alors Premier Ministre de France, sous la presidence de Charles de Gaulle. Dans un livre qu'il apublie en 1996 aux Editions Plon, intitule " La mort etait leur mission ", Melnik raconte, page 195, l'epopee sanglante du Corps expeditionnaire francais auCameroun.

" Apres la decolonisation orchestree par le General de Gaulle, des troublesavaient eclate au Cameroun. Ou se situait, a propos ce putain de pays et quellesetaient son histoire et sa singularite? Une fraction extremiste regroupant lesBAMILEKE s'etait soulevee. Selon une tradition africaine qui n'etait pas encorerelayee par la television, des massacres avaient eu lieu, suivis d'une repressionou les forces gouvernementales, epaulees par des Conseillers militaires francais,n'avaient fait preuve d'aucune reserve. Tentes par une aventure africaine, descamarades du Colonel Martineau etaient partis piloter des helicopteres et ilsetaient revenus lourds de recits de cadavres flottant au fil de l'eau ou pourrissantdans la foret "

Dans ce livre qui a secoue la France par la justesse de son contenu et le franc-parler de son auteur, Melnik, aujourd'hui retraite, reconnait que les crimes de laFrance sous le General de Gaulle, ont inscrit le nom du President Francais en tetesur la tableau des horreurs, tres loin devant des personnages aussi ignobles queStaline. Melnik n'etait pas n'importe qui. Il a participe a toutes les strategiesd'extermination elaborees par les services secrets Francais, et n'ignorait rien desmethodes et de la maniere utilisees par le Corps expeditionnaire. Comme MaxBardet, Constantin Melnik dresse un bilan effroyable de ce crime. Des cadavresqui flottent au fil de l'eau ou pourrissent dans la foret. Le livre de Melnik est unprecieux temoignage.

Le Ministre des armees de Charles de Gaulle, Pierre Guillauma, a evoque cettetragedie en des termes plutot elogieux. Dans " La Francafrique ", un livre publieaux Editions Stock en Avril 98 par Francois Xavier Verschave, celebre chercheur Francais, voici =ce que Mr. Guillauma declare:

" Foccart a joue un role determinant dans cette affaire. Il a mate la revolte desBAMILEKE avec Ahidjo et les services speciaux. C'est la premiere fois qu'unerevolte d'une telle ampleur a ete ecrasee convenablement. Il a ete tres sage pour ne pas exciter l'armee ".

C'est le ministre des armees qui parle. La posterite appreciera. Y-a-t-il de preuvesplus convaincantes que celles, aussi claires, qui sortent de la bouche d'unepersonnalite de ce rang? Jamais, de memoire d'homme, on n'a vu un pays quiaccepte d'une facon aussi pertinente et triomphaliste la responsabilite d'undesastre. Max Bardet, Constantin Melnik, Pierre Guillauma, Foccard., ont bienreconnu la responsabilite d'ailleurs indiscutable de la France dans ce genocide.Quatre personnages qui forment une chaine dont le gros maillon de depart n'estautre que Charles de Gaulle, Chef de la France libre, que le Cameroun a pourtantaccueilli et aide en 1940 apres sa lourde et cuisante defaite a Dakar.Au tournant des annees 40, Hitler a occupe la France et Petain est a lacollaboration. Charles de Gaulle quitte le pays et se refugie a Londres d'ou, avecl'aide de Winston Churchill, il va prendre la tete d'une force d'expedition quipartira des Cotes de Liverpool, au nord de l'Angleterre, en septembre 1940. DeGaulle va sillonner les cotes africaines a la recherche de points strategiques. A latete de cette armada, il lance une attaque a Dakar, sur les positions strategiquesd'une armee encore fidele a Petain. Du =23 au 25 septembre 1940, l'attaque est etouffee dans l'oeuf, l'armada detruite, etde Gaulle a juste le temps de s'enfuir. Aucun pays de la cote ouest Africaine n'estdispose a accueillir le General dans sa fuite. Sauf le Cameroun. Le 8 octobre 1940,de Gaulle debarque au port de Douala. Sur le quai, Leclerc, alors Colonel, est venul'accueillir. Avec lui, plusieurs milliers de personnes, qui viennent parfois du fonddes campagnes camerounaises. Le visage de de Gaulle s'epanoui subitement. Ildira dans son discours de remerciements " Aujourd'hui, la confiance est revenueen moi "

Le long sejour du General en terre camerounaise sera marque par une tellehospitalite qu'il decidera d'implanter sa base arriere a Douala. Toute la campagneorchestree dans la sous region de l'Afrique Centrale sera lancee a partir duCameroun, qui deviendra =ainsi dans ses reves , et plus tard dans la realite, la base historique d'ou sontparties les campagnes militaires decisives des pays d'Afrique rallies qui ontpermis de liberer la France. Si les patriotes Camerounais, toujours inflexibleslorsqu'il s'agit de Liberte, n'avaient pas consenti a aider de Gaulle a ce momentcrucial de l'histoire de la France, nul ne peut dire avec exactitude ce que lesFrancais seraient devenus.

La France doit sa Liberation et sa prosperite aux Camerounais. Particulierementaux BAMILEKE. Voici pourquoi : L'Allemagne a ete de tout temps un voisinredoutable pour la France, sorte de cobaye ou les Allemands ont experimentetoutes leurs visees imperialistes. Peu avant l'eclatement de la Premiere GuerreMondiale, L'Allemagne a aussi tente d'etendre son influence en Afrique. Faisantusage d'une grande brutalite, son protectorat s'est rapidement repandu sur lesCotes. Debarques a Douala, ils condamnent Douala Manga Bell qui s'oppose aleurs methodes et l'executent par pendaison. Il s'agit d'une mise en garde severea tout recidiviste. La conquete du Littoral camerounais est une partie de plaisir pour Bismark et ses hommes. Les colons allemands progressent tranquillementet se dirigent vers l'ouest du pays, a coup de travaux forces. En territoireBAMILEKE, Ils seront surpris par la riposte. La resistance des Patriotes estfoudroyante. Les methodes allemandes, pour la premiere fois en Afrique,enregistrent un cuisant echec. Ils optent pour la ruse qui echoue. C'est alors qu'ilsacceptent de negocier. Les Allemands ont compris tres vite qu'il est inutile de fairela guerre a un peuple qui fait preuve d'une telle determination. Les BAMILEKEn'ont pourtant pas une tradition militaire. En 1940, Ils vont mettre cette experiencehistorique au service de Charles de Gaulle. L'aide ne s'arretera pas la.Universellement reconnus pour leur sens legendaire de l'epargne, les BAMILEKEvont mobiliser une forte somme d'argent l'argent etant le nerf de la guerre qu'ilsremettront a titre de pret au General contre une reconnaissance de dette que deGaulle et la France n'ont jamais honoree. Ce bref retour a l'histoire a une valeur pedagogique. Il retablit une verite encore une, qu'aucun livre d'histoire auCameroun n'enseigne.

Logiquement, lorsqu'on a fait preuve d'une telle generosite a l'egard de quelqu'un,on s'attend au moins a un acte de reconnaissance de sa part. Comment de Gaullea-t-il retourne l'ascenseur? Ecoutez la reponse de Francois Xavier Verschave,extrait de La Francafrique, dont il est l'auteur " Foccart expedie au Cameroun une veritable armee : Cinq bataillons, un escadronblinde, des Chasseurs bombardiers T26. A sa tete, un veteran de guerred'Indochine et d'Algerie, le General Max Brillant, surnomme " le Viking ". EnExtreme-Orient, ce colosse blond a commande durant deux ans la 22e RIC, lesCasseurs de Viets. (.) Le General Brillant se pose en rouleau-compresseur, et leColonel Lamberton en stratege. (.) La lutte anti-guerilla menee par lesCommandos coloniaux est d'une brutalite inouie. Vagues d'helicopteres, Napalm.C'est une prefiguration de la guerre du Vietnam que se jouent les veteransd'Indochine. Leur rage est d'autant plus grande que sur plusieurs fronts ilsremportent des succes ponctuels. "

Les massacres de l'armee francaise en pays BAMILEKE ont toujours fascine Verschave. President de Survie, une ONG francaise humaniste, il s'est rendu auCameroun pour enqueter et chercher a comprendre. Dans le No 135 del'hebdomadaire Camerounais Mutation publie le 23 juillet 1998, Verschave tirecette conclusion a la page 5 :

" Ce qui m'a le plus frappe au cours de mon enquete, c'est que ces faits macabressuscitent encore une telle terreur que tous mes interlocuteurs camerounais enetaient comme stupefies. Ils m'ont dit qu'il s'agissait de quelque chose d'explosif,et qu'eux-memes avaient du mal a entreprendre une demarche a caractere historique et scientifique sur ces carnages de l'armee francaise.Des lors, je me suis dit que si 40 ans apres il y a encore une telle =terreur, on peut etre certain qu'il s'est passe quelque chose de terrible. (.)Les Camerounais sont en droit de savoir ce qui s'est passe et d'avantage ce quise passe. Il leur revient de definir l'urgence ou non d'une telle demarche "Verschave vit a Paris, et ses travaux sur ce genocide pourraient constituer unebase de ressources determinante.

Malgre la gravite de ce crime telle que decrite par ses auteurs et des observateursavertis, la conspiration du silence est flagrante. Le genocide du peuple BAMILEKEest le seul qui echappe etrangement au registre des horreurs qui ont marquel'histoire de l'Humanite. Les Juifs, les Armeniens, les Kurdes, les Tutsi.ont eu droita une reconnaissance internationale et/ou a un Tribunal Penal. Une analyse, memesuperficielle des phenomenes historiques, permet de comprendre a quel point lesBAMILEKE ont ete martyrises. Disperses aujourd'hui entre les montagnes del'Ouest du Cameroun, ils font partie de la Grande famille africaine qui a connu 4siecles d'esclavage, suivie d'une tentative de lavage de cerveau par les conquetesreligieuses ( qui a heureusement echoue en pays BAMILEKE ), et de plusieursdecennies de colonisation. Aucun peuple en Afrique n'a aussi souffert que lesBAMILEKE, face a une puissance militaire occidentale. Il y a les Algeriens certes.Mais eux au moins furent soutenus et aides par leurs freres arabes des paysmagrhebins et Moyen-Orientaux, et par une grande partie de l'opinion francaise.En Algerie, l'armee francaise etait en guerre contre une Nation qui se defendaitavec des moyens certes limites, mais appropries. Le Parlement francais vientd'ailleurs de voter un texte qui pour la premiere fois reconnait le terme " guerre "dans la campagne francaise en Algerie. Les BAMILEKE ont-ils beneficie ne fut ceque d'un centieme du soutien semblable a celui dont ont eneficie les Algeriens ?Les Francais n'ont-ils pas eu le loisir d'exterminer un peuple indigene sansdefense au fond de l'Afrique Equatoriale sans que le monde entende le moindre bruit ?

comme les Francais contre les forces du IIIe Reich. Ceci a-t-il donne le droit auGeneral de Gaulle de depecher des chasseurs bombardiers contre un peuple quisavait a peine ce que c'est qu'une arme a feu, et dont la majorite n'etait que desenfants, des femmes et des vieillards? Pourquoi les Francais ont-ils toujoursnourri une telle haine a l'egard des BAMILEKE ?Pour comprendre les raisons, il est conseille de se referer a Jean Lamberton,tristement celebre doctrinaire du gaullisme criminel, qui dans un article intitule "Les BAMILEKE dans le Cameroun d'aujourd'hui " publie dans une revue desstrateges =Francais en mars 1963, declarait : " Les BAMILEKE sont une minorite ethnique quirepresente un caillou bien genant dans la chaussure de la France " On n'en dirapas plus. Voyons ! Les BAMILEKE sont-ils une minorite ethnique au Camerouncomme le decrit Lamberton ? Cette volonte irresponsable de travestir la verite,diffusee grace a une litterature de haine bien structuree, s'inscrivait dans l'optiqueannoncee de ces massacres. La campagne militaire avait donc un but precis :Ecraser les Bamileke pour que les survivants ne constituent plus qu'une minoriteethnique, incapable de troubler le sommeil de la Mere-Patrie. Le temps a prouvecomment Lamberton s'est trompe.

Oui, il est aise de le prouver, les BAMILEKE ont toujours gene la France. Dans leur reve de devenir une puissance planetaire, les Francais ont fait usage de tous lesartifices pour empecher l'emergence des bourgeoisies autochtones dans les paysd'Afrique places sous leur Tutelle par la Societe des Nations. De tous les 14 paysde la zone francs qui restent aujourd'hui, et sans lesquelles les Francais neseraient rien, 13 sont domines economiquement par la France. D'Abidjan a Dakar,de Libreville a Conakry, de Brazzaville a Bangui, de Djamena a Bamako etc. laFrance rayonne.Boulangeries, epiceries, echoppes, bars etc., sont entre des mains francaises, dememe que les centres commerciaux, et l'import-export. Le Cameroun echappe a laregle. Gra ce aux BAMILEKE, dont le flair en affaires a fascine tant de mondeentier, les Francais ont =echoue dans leur tentative d'etendre leur imperialisme economique sur leCameroun. Et les Francais ne comprennent toujours pas comment un peuplesauvage, qui decouvre a peine ce qu'est une route bitumee, ait pu developper untel sens des affaires.Le Colonel Lamberton a donc raison lorsqu'il parle de caillou genant.L'extermination des BAMILEKE dans ce cas doit etre comprise comme une faconbien francaise, lache et criminelle, d'effacer un adversaire economique. Et la rebellion un pretexte. Mongo Beti ne cesse de le dire depuis 40 ans, l'ecroulementde l'influence francaise au Cameroun supposait la fin de son imperialisme danstoute la sous region de l'Afrique Centrale, et une grande partie de ses ouvrages y sont consacres.

Le pretexte de la rebellion pour exterminer un peuple est une pratique bienancienne. Dans le projet de loi relatif a la reconnaissance du genocide armenienen 1915, debattu et adopte au Parlement francais le 29 mai 1998, voici unparagraphe eloquent :" Le gouvernement Ottoman exploite le debut d'un mouvement revolutionnairearmenien pour accrediter la these d'une insurrection des Armeniens Ottomans etl'existence d'un mouvement insurrectionnel, alors que les reactionsd'autodefense, tres limitees, des Armeniens demontrent le contraire ".

Dans leur campagne d'extermination, M. Ahidjo et de Gaulle ont reussi a faireadmettre qu'ils etaient en lutte contre des maquisards, des pilleurs, des violeurs.De tout cela, Il n'en etait rien. Momo Paul, assassine en 1960, son ami Kamdem-Ninyim, Roi Baham qu'Ahidjo n'a pu corrompre, et surtout Ernest Ouandie,Nationaliste intransigeant, etaient avant tout des Patriotes implacables. Ont-ils tued'autres BAMILEKE comme on a tente de l'insinuer pour les discrediter ? Il estpossible. Mais alors ! Les Francais et le General de Gaulle n'ont-ils pas tue etbrule leurs concitoyens qui etaient soupconnes de collaboration avec l'Allemagne? Et le pretexte de la rebellion donnait-il le droit a la France de larguer desbombes chimiques sur des populations innocentes ?

Les BAMILEKE ne doivent, en aucun jour, oublier d'honorer la Memoire de leursmartyrs. Une Memoire qui doit rester vivante et vivifiee sans cesse, et qui doitalimenter le desir de survie des generations de demain. Depuis 40 ans, la Franceet les gouvernements camerounais successifs, y compris celui au pouvoir aujourd'hui, ont reussi a discrediter tous les reperes qui auraient pu permettre a lageneration actuelle de prendre conscience. Le plus efficace des moyensd'etouffement et de discredit a ete une technique chere aussi bien aux Francaisqu'aux gouvernements camerounais :La CENSURE. Les livres d'histoire au Cameroun sont pleins de petites banalites.Ecrits presque tous sous l'oeil vigilent des censeurs francais, il n'y a nulle tracede l'intervention militaire du General de Gaulle. La France y est toujours presenteeen Mere-Patrie, et de Gaulle en bienfaiteur. Ils ont appris a nos parents a chanter la Marseillaise, et les petits eleves des ecoles primaires du Cameroun peuventvous dire ouH se trouve le Boulevard des Champs elysees a Paris. Les placespubliques de Douala et de Yaounde sont truffees de monuments edifies a lamemoire des bourreaux. Nos rues leur sont dediees. Cette capacite legendairepour un bourreau de reussir a se faire accepter comme un bienfaiteur est uniquedans l'Histoire. Jean Rostand disait " On tue un homme, on est assassin. On tuedes millions d'hommes, on est conquerant. On les tue tous, on est un dieu " Cettemetaphore s'applique parfaitement a la France.

Francois Xavier Verschave a declare dans un No de Mutation deja cite qu'il revient aux BAMILEKE et aux Camerounais de definir ou non l'urgence d'une demarche,car il faut l'avouer, il y a urgence, d'autant plus que les Francais comptent sur l'usure du temps. Et pourtant, dans une allocution prononcee a Vienne en janvier 1984, le President Mitterrand a declare :"Il n'est pas possible d'effacer les traces d'un genocide qui vous a frappe. Celadoit etre inscrit dans la memoire des hommes et ce sacrifice doit servir d'enseignement aux jeunes en meme temps que la volonte de survivre afin quel'on sache, a travers le temps, que cepeuple n'appartient pas au passe, qu'il estbien du present et qu'il a un avenir ". ( C'est nous qui soulignons)

Malgre la certitude qui caracterise ce genocide, il y a un certain nombred'elements que seuls les Francais peuvent fournir : Les rapports de missions deleurs Officiers. Il existe un seul moyen credible a la France pour prouver sa bonnefoi : OUVRIR SES ARCHIVES et RECONNAITRE CE GENOCIDE. L'acces a cesarchives permettra d'identifier la plupart des charniers qui restent inconnus. Lareconnaissance d'un crime est un acte qui honore le bourreau. Voici la teneur dumessage de Rene Rouquet, Parlementaire francais, a ses homologues le 26 mai1998 :" Reconnaitre l'existence d'un genocide s'impose a tous, car un tel forfaitinterpelle l'humanite dans son ensemble. Nier son existence atteint directementles survivants, insulte la memoire des victimes et les assassine une seconde fois.Nier l'existence d'un genocide banalise l'horreur (.) Le devoir de memoire et lalutte contre l'oubli s'impose donc a chacun, aux survivants de la tragedie commea ceux qui les cotoient, afin que ces actes barbares ne soient pas ignores ou nies.On sait aujourd'hui qu'il est impossible d'entamer un travail de deuil sans que justice soit rendue et que les coupables soient punis, - ou a tout le moinsdesignes quand il est trop tard pour les sanctionner. Le denier est un assassinatde la memoire " ( C'est nous qui soulignons )Il n'y a rien a ajouter a cette declaration. Il faut simplement esperer ces bonnesintentions, qui ont soutenu la reconnaissance du drame armenien, soitapplicables aux massacres en pays BAMILEKE.Plusieurs pays, y compris les Etats Unis et le Vatican, ont reconnu leursresponsabilites dans les crimes qu'ils ont commis a travers l'histoire. Lareconnaissance d'une faute, quelle que soit sa gravite, ouvre la porte aucompromis. L'ancien Secretaire d'Etat Americain Mac Namara est alle demander pardon aux Vietnamiens. Les Allemands ont reconnu leurs crimes commis enPologne et un peu partout en Europe. Le Vatican, par la voix du Pape, vient dedemander pardon, dans un discours pathetique, pour toutes les atrocites del'Eglise Catholique. Les Japonais ont implore le pardon de la Chine. Le Parlementfrancais, en 3 ans, a pose 2 actes successifs : Le terme Genocide a ete retenupour qualifier les crimes de la Turquie en Armenie, et le terme Guerre pour qualifier la campagne militaire francaise en Algerie.

L'opinion francaise considere toujours le General de Gaulle comme le plus grandheros francais de tous les temps. Que cet homme que les Camerounais et les BAMILEKE ont pourtant accueilli et aide dans ses moments difficiles - se soitrendu coupable d'un tel crime augmente notre revolte, et montre a quel point lesFrancais peuvent etre ingrats.Comme tous les peuples de la terre, les BAMILEKE ont aspire legitimement a laliberte, au droit de disposer eux-memes de leur propre destine, qui est un droitinne et inalienable, comme defini dans la Declaration Universelle des Droits del'Homme, et dans tous les Traites Internationaux. Les BAMILEKE ont souhaite unCameroun fort, uni, prospere. Pour cette cause somme toute legitime,une frangede Patriotes inflexibles s'est soulevee contre une force d'occupation, exactement

Compte tenu de la sensibilite de la question, certains Deputes vont chercher a se derober et a esquiver le sujet. Il se trouvera certainement des Parlementairescourageux pour briser le signe indien. Et l'histoire retiendra. Chaque BAMILEKE,quelle que soit sa condition sociale, ou qu'il se trouve, doit integrer cette questiondans sa facon de regarder le Cameroun. Au fait, le progres et la prosperite duCameroun sont assujettis a ce probleme qui doit liberer le Cameroun,mentalement, psychologiquement et politiquement parlant.

Ce document n'a pas pour intention de reveiller les vieux demons du tribalismesur lequel les gouvernements camerounais successifs ont mise pour regner depuis 40 ans. Il ne donne pas l'occasion a quiconque de l'evoquer pour l'exploiter a des fins criminelles.Il le condamne. Il ne s'adresse pas aux Francais entend que peuple, mais a songouvernement. L'evocation de la responsabilite directe du General de Gaulle n'estpas une atteinte a la Memoire historique du peuple francais. Les informations sur certaines questions sensibles, tel que l'emplacement des charniers en pays BAMILEKE, ne sont pas publiees ici pour des raisons evidentes.

Ce document est public. Sa diffusion et son exploitation n'ont pas besoin Mais les crimes contre les BAMILEKE ne sont pas a l'ordre du jour. Du moins pasencore. Les Francais chercheront-ils a nier des faits aussi evidents ? Ce ne seraitpas etrange. Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix, disait ceci :Au XXe siecle, le genocide demeure un fleau frappant l'humanite de maniererecurrente. Le terrible holocauste des Juifs a ete une des plus effroyablesviolations des droits de la personne et des peuples. Au proces de Nuremberg, lesresponsables ont ete juges et condamnes. Mais combien d'autres genocidesrestent impunis ? les responsables s'efforcent de nier leur culpabilite etpretendent a l'impunite. Or le genocide est un crime contre l'humanite dont lacondamnation doit etre universelle ; Le temps ne diminue en rien la responsabilitede ses auteurs et il n'y a pas de peremption pour un tel crime ". C'est nous quisoulignonsCette publication vise a briser le silence qui entoure tragiquement ce genocide, eta appeler tous les patriotes qui detiennent une parcelle d'information sur cedrame, aussi petite soit-elle, a la livrer, pour la posterite. Elle appelle a laconcertation, a un travail collectif et organise, dirige par une structure centraleconsensuelle. Depuis quelques annees, des recherches isolees ont eteentreprises dans certains villages BAMILEKE. Certaines chefferies ont organisedes funerailles a la memoire des victimes a une echelle reduite. La concertationrendrait ces demarches plus efficaces et plus credibles. Cette publication estegalement un appel pour une Conference Internationale sur ce genocide, sur laquelle un groupe de patriotes travaillent en ce moment a Londres.

Pourquoi une Conference Internationale ? Elle permettra de donner un impactmondial a la demarche, et brisera l'isolement des recherches menees par desvolontes individuelles. A propos de cette conference internationale, voici les avisde deux grands intellectuels, les Professeurs Jean-Louis Dongmo et Mongo Beti.Repondant a la lettre d'invitation a lui adressee pour cette =conference, le Pr Dongmo a ecrit

" En m'excusant du leger retard mis a vous repondre, je voudrais par la presente,d'abord vous remercier de m'avoir invite a participer au colloque de Londres sur le genocide BAMILEKE, et vous dire que je suis tout a fait interesse a prendre parta ces assises. En effet, il s'agit d'un probleme qui me preoccupe depuislongtemps, et je suis content de savoir que l'occasion va m'etre donnee d'endiscuter avec d'autres personnes, et surtout de lui faire acquerir aux yeux dumonde l'importance qu'il merite "( C'est nous qui soulignons)Le Pr Dongmo est Doyen de la Faculte des Arts, Lettres, et Sciences Humaines.Mongo Beti, qu'on ne presente plus, repondant a la meme invitation, a ecrit

" Bien sur, je participerai volontiers a la manifestation que vous envisagezd'organiser. Le genocide dont les BAMILEKE ont ete victimes fait de moins enmoins l'objet d'un doute. Voyez par exemple le livre de Verschave "LaFrancafrique". Ce qui manque, ce sont les chiffres. Il y a probablement descentaines de milliers de morts. Nous avons un devoir de memoire sur cet episodetragique de notre histoire nationale. Vous avez ma totale approbation " (C'est nousqui soulignons)

Plusieurs chercheurs et Historiens Occidentaux sont egalement interesses par cette Conference.

Depuis des annees, un grand philosophe camerounais, le Pr Sindjoun Pokam,defend une these qui ne releve plus seulement des revendications intellectuelles.DES FUNERAILLES COLLECTIVES ORGANISEES A LA MEMOIRE DES VICTIMESDE CE GENOCIDE. Les revendications du Pr. Sindjoun sont fondees, legitimes, etvoici pourquoi : Dans la civilisation BAMILEKE, lorsqu'on perd un membre de lafamille, on porte son deuil et on organise ses funerailles. Les funerailles sont,chez les BAMILEKE, le dernier rempart qui resiste farouchement aux assautsalienants et devastateurs des apports exterieurs. Une communaute, quel que soitson degre de developpement, a besoin de reperes. Dans les moeurs BAMILEKEles plus ancrees, les vivants entretiennent avec leurs morts tout un faisceau derelations, d'obligations constituees de rites divers. Ce sont ces rites quigarantissent la cohesion, la morale, l'ordre social et la survie du groupe. Unecommunaute ne peut ignorer cela sans voir son tissu social se disloquer enlambeau. Les funerailles sont cette vigilance qui rappelle a chaque peuple sonevoir envers les morts. Les revendications du Pr. Sindjoun ont un fondement a lafois historique et culturel. Un grand nombre de BAMILEKE de tous les ages et detoutes les couches sociales commencent a decouvrir et a comprendre le bien-fonde de ces funerailles. Depuis 3 ans deja, quelques associations travaillentdans cette perspective sur place au Cameroun. Parmi elles, " Binam 21e Siecle ",que dirigent le Pr. Nimangue Ti-Hemadeu et l'ingenieur Djouteu Dieudonne et quitravaille avec les Rois BAMILEKE " Poola'a " qui est a la pointe de ce combat, etdes personnalites politiques de premier plan comme M. Albert Dzongang, Dr Njapom Paul, Me Mbami Augustin, ou meme Jean Michel Nintcheu ... L'autre butde cette publication et de susciter un debat general sur cette questionfondamentale. Les BAMILEKE restent un peuple en deuil, et le temps ne fera rien al'affaire. Chaque fille ou fille BAMILEKE porte en lui ou en elle une part demalediction.Les massacres de la France doivent faire l'objet d'un debat national et devraientdesormais conditionner et determiner le type de rapports que les BAMILEKE,grand reservoir electoral, doivent entretenir avec les Hommes politiques. Et cedebat doit commencer, des aujourd'hui, par l'Assemblee Nationale. Lesinstruments juridiques internationaux offrent aux Deputes camerounais desarmes d'une tres grande efficacite. Il leur suffira de s'appuyer dessus. En 1948,l'Assemblee Generale des Nations-Unies adoptait une convention proscrivant la
pratique du genocide.L'article 1er stipule : " Sont caracteristiques du genocide des actes commis dansl'intention de detruire tout ou partie d'un groupe national, ethnique, racial oureligieux.Article 2 : " Les actes vises peuvent etre le meurtre des membres du groupe, lesatteintes graves a l'integrite physique ou mentale des membres du groupe, lasoumission intentionnelle du groupe a des conditions d'existence devantentrainer sa destruction physique, totale ou partielle, les mesures visant aentraver les naissances au sein du groupe ou le transfert force d'enfants d'ungroupe a un autre groupe "Article 3 : " Le crime de genocide recouvre non seulement la mise en oeuvre dugenocide, mais aussi toute tentative de le realiser ainsi que la complicite oul'incitation a la perpetrer "Article 4 : " Toutes personnes s'etant rendues coupables de ce crime doivent etrepunies, quel que soit le degre de leur implication " dirigeantsconstitutionnellement responsables" agents publics de l'Etat et personnesprivees "Article 7 : " Les personnes accusees de genocide sont jugees par un tribunalcompetent de l'Etat, sur le territoire duquel le genocide a ete commis ou par untribunal international "Les Parlementaires camerounais qui debattent actuellement des lois a l'hemicyclea Yaounde ont ici une occasion d'entrer dans l'histoire. Ce debat parlementairedoit integrer cinq elements vitaux :1.. La creation d'une commission d'enquete parlementaire sur ce genocide, ycompris sur les massacres commis en pays Bassa2.. L'inscription au programme dans les manuels d'histoire de cette periodetragique de l'histoire du Cameroun3.. L'interpellation officielle de la France pour l'ouverture de ses archives4.. La demande d'ouverture des archives camerounaises avec appel aux temoinset leur audition5.. L'amendement d'une loi relative a l'edification d'un monument a la memoiredes victimes de ce genocide et autorisant le deuil.Les Presidents des groupes parlementaires des differentes formations politiquessiegeant a l'Assemblee Nationale camerounaise sont directement interpelles etdoivent prendre des dispositions necessaires afin que cette question soit inscritea l'ordre du jour de la prochaine rentree parlementaire. Il s'agit particulierement duRDPC, du SDF, de l'UNDP, et de l'UPC. Chacun de ces groupes a recu ou recevraune requete dans ce sens Comte tenu de la sensibilite de la question, certains Deputes vont chercher a sederober et a esquiver le sujet. Il se trouvera certainement des Parlementairescourageux pour briser le signe indien. Et l'histoire retiendra. Chaque BAMILEKE,quelle que soit sa condition sociale, ou qu'il se trouve, doit integrer cette questiondans sa facon de regarder le Cameroun. Au fait, le progres et la prosperite duCameroun sont assujettis a ce probleme qui doit liberer le Cameroun,mentalement, psychologiquement et politiquement parlant.

Ce document n'a pas pour intention de reveiller les vieux demons du tribalismesur lequel les gouvernements camerounais successifs ont mise pour regner depuis 40 ans. Il ne donne pas l'occasion a quiconque de l'evoquer pour l'exploiter a des fins criminelles.Il le condamne. Il ne s'adresse pas aux Francais entend que peuple, mais a songouvernement. L'evocation de la responsabilite directe du General de Gaulle n'estpas une atteinte a la Memoire historique du peuple francais. Les informations sur certaines questions sensibles, tel que l'emplacement des charniers en paysBAMILEKE, ne sont pas publiees ici pour des raisons evidentes.

Ce document est public. Sa diffusion et son exploitation n'ont pas besoin d'autorisation. Ses eventuels lecteurs peuvent le diffuser autant que possible. Iln'a pas la pretention d'avoir fait une decouverte. Il est ouvert a toutes lescritiques, d'ou qu'elles viennent. Si vous souhaitez etre tenu regulierement aucourant de l'evolution des recherches, si vous avez une contribution intellectuelle,materielle ou un temoignage a faire, ecrivez a 'une des adresses ci-dessous. Sivous etes interessez par la Conference Internationale de Londres, ecrivez al'adresse appropriee. Le travail qui commence maintenant ira a son terme. Peu importe la duree. Il donnera au moins aux generations futures des reperes.

Afin que nul n'en ignore,

Brice NitcheuLondres, le 17 Aout 2000Contacts :Brice Nitcheu


President de la Coordination Internationale de Poola'a99, Gurney CloseLondon BarkingIG11 8JYUnited KingdomTel. : 00 44 208 594 825800 44 771 816 8198Email : bnitcheu@yahoo.co.uk=20

Serge Armel NjidjouSecretaire General de Poola'aBP......CamerounTel. : 00 23700 237Email : njidjouserge@hotmail.com

Marcel TchangueBruxellesBelgiqueEmail : tchang1@hotmail.com

Firmin Michel NgaleuLondon United KingdomEmail : mangal24@hotmail.com

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