topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

27/05/2011

Massacres en Côte d’Ivoire: Les démons sont partout

« Ils ont regardé sa carte d’identité et l’ont abattu ». Le moins que l’on puisse dire est que le rapport d’Amnesty International sur les violences perpétrées en Côte d’Ivoire depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle le 28 novembre 2010 est à l’image de son titre : poignant ! 6 mois d’enquête auront été nécessaires pour dresser le bilan des exactions commises dans la ville d’Abidjan et dans l’ouest du pays.

Ce rapport dénonce « l’usage excessif de la force » par le camp Gbagbo, notamment à Abidjan, contre des civils (abattus pour leur appartenance à des quartiers pro-Ouattara ou leurs prénoms musulmans), mais aussi les « exécutions systématiques » d’hommes de tous les âges sur la base de leur appartenance ethnique et politique à Duékué par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), fidèles à Alassane Ouattara. On le sait bien, il n’y a pas de conflit sans dérapages ni bavures. Il ne faut pas se faire des illusions. Il ne faut pas non plus pousser l’angélisme jusqu’à penser qu’il y a les bons d’un côté et les méchants de l’autre.

La Côte d’Ivoire ne fait pas exception à la règle. Certes, Laurent Gbagbo avec ses escadrons de la mort, ses miliciens, ses mercenaires n’ont pas respecté le droit de la guerre et Dieu seul sait quelles exactions ils ont pu commettre aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays. Mais bien avant la fin des hostilités, il y a eu le scandale de Duékué, l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly dit "IB", les joyeusetés à Yopougon, où parfois de simples militants du FPI (parti de Gbagbo) ont été massacrés.

Comme quoi chaque camp traîne ses casseroles et les anges et les démons peuvent se retrouver du même côté. En fait, Amnesty international ne fait que confirmer ce dont on se doutait déjà : il y a eu des dérapages dans les deux camps. Le plus grave, cependant, c’est la passivité des casques bleus de l’ONUCI, qui ne se sont pas contentés d’intervenir directement dans les combats comme on l’a vu dans les derniers jours qui ont précédé la chute de Gbagbo, mais, selon le rapport, auraient également assisté impuissants aux massacres de civils faute d’effectif suffisant.

Jusque-là, ce ne sont que des accusations, mais si cela venait à être confirmé, ce serait une grosse forfaiture de la part de l’ONUCI. Cela rappellerait la tragédie rwandaise en 1994, où les casques bleus et la Force Turquoise ont pratiquement démissionné, facilitant quelque peu le génocide par leur lâcheté, leur laxisme, leur attentisme.

Quoi qu’il en soit, ce rapport montre l’une des tâches ardues qui attendent Alassane Dramane Ouattara dans sa reconstruction de la Côte d’Ivoire, en l’occurrence rendre justice. « Sans justice pour toutes les victimes, quelle que soit leur appartenance politique ou leur groupe ethnique, les appels à la réconciliation risquent de déboucher sur un compromis instable et insatisfaisant qui pourrait faire le lit de violences et de vengeances futures », conclut d’ailleurs Amnesty International.

L’ONG salue à ce titre la demande faite par ADO à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter en Côte d’Ivoire, de même que la promesse d’une Commission vérité, réconciliation. Maintenant que chacun a des cadavres dans son placard, on imagine bien la difficulté qu’il y aura à punir dans le camp des vainqueurs. Gare à l’effet boomerang, écrivions-nous justement dans notre Grille de lecture du jeudi 19 mai 2011.

De toute évidence, le glaive de la justice fera tomber des têtes d’anges comme de démons ; chose qui ne manquera pas de provoquer des grincements de dents.
© L'Observateur : Hyacinthe Sanou

10:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

26/05/2011

Les troupes françaises se rapprochent du sol libyen

Des hélicoptères de l’armée de terre vont prendre part aux combats contre les forces du colonel Kadhafi, aux côtés de la rébellion libyenne. Après deux mois de frappes aériennes, le conflit s’enlise . Paris entend désormais agir vite.

Alors que le conflit libyen s’enlise, les différents acteurs engagés contre le régime de Muammar Kadhafi jouent leur partition. Deux mois après le début de l’opération aérienne sous commandement de l’Otan, le 19 mars, la situation est en effet largement figée sur le terrain, où les insurgés libyens ne parviennent pas à progresser vers l’ouest du pays et la région de Tripoli, toujours sous le contrôle du colonel Kadhafi. On rapporte même que des villageois s’opposent aux rebelles dans certaines zones occidentales.

C’est, une fois de plus, du côté de la France que sont venus les plus importants coups de butoir pour tenter de faire basculer la situation militaire du côté des rebelles. Selon le Figaro, Paris veut maintenant utiliser des hélicoptères de combat dans les opérations contre les forces du colonel Kadhafi, en complément des frappes des avions de chasse conduites depuis deux mois. Selon le quotidien de Dassault – qui sait de quoi il parle quand il évoque les questions d’armement et plus particulièrement de matériel aérien –, douze hélicoptères de combat ont été embarqués à bord du BPC (bâtiment de projection et de commandement) Tonnerre, parti jeudi de Toulon à destination de la Libye. C’est un bâtiment de la classe Mistral, conçu pour le débarquement de troupes et de matériel et la mise en œuvre d’hélicoptères d’attaque et de transport. Ces hélicoptères appartiennent à l’Alat, l’aviation légère de l’armée de terre.

L`Union européenne soutient la rébellion

L’état-major des armées certifie que, «pour l’instant», le Tonnerre « n’est pas engagé dans les opérations en Libye », sans toutefois exclure l’utilisation prochaine d’hélicoptères de combat. «Tous les moyens français, du fait de la crise actuelle, peuvent être engagés à un moment ou à un autre dans la crise libyenne», souligne le porte-parole de l’état-major, le colonel Thierry Burkhard. « Il y a une évolution de la situation qui ouvre des créneaux, mais pour l’instant, il n’y a aucun hélicoptère qui a été engagé en Libye », poursuit-il.

L’engagement de ce type d’appareils signifierait en outre que les forces françaises se rapprochent du sol, alors que Paris a toujours juré, la main sur le cœur, qu’il n’était pas question d’envoyer des troupes au sol. Pourtant, une source citée par le Figaro explique : « Utiliser les hélicoptères du BPC Tonnerre, c’est un moyen de se rapprocher du sol. » 
Un diplomate français a vendu la mèche : « Il ne s’agit pas que d’hélicoptères français, a priori, c’est une action coordonnée du groupe d’intervention », a-t-il expliqué, précisant que la décision a été prise dans le cadre de l’Otan, qui coordonne les frappes en Libye.

Dimanche, le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a affirmé depuis Benghazi que l’Union européenne soutiendra la rébellion libyenne aussi longtemps que celle-ci le souhaitera. « Je suis très claire : il est fondamental de protéger les civils. Trop de gens sont morts d’ores et déjà », a-t-elle martelé, sans expliquer pourquoi ses « interlocuteurs » du Conseil national de transition (CNT) se refusaient alors à tout cessez-le-feu ! Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) ont étendu à un membre de l’entourage du colonel Kadhafi, ainsi qu’à une compagnie aérienne libyenne, les mesures – gel des avoirs et interdictions de visa – déjà prises contre des membres du régime. Surtout, l’UE a élevé le CNT au rang d’« interlocuteur politique clé représentant les aspirations du peuple libyen », ce qui rapproche Bruxelles d’une reconnaissance en bonne et due forme.

P. B.

http://www.humanite.fr/23_05_2011-les-troupes-fran%C3%A7aises-se-rapprochent-du-sol-libyen-472793

14:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Classement : Des Africains dans la cage à milliardaires

Le dernier hit-parade mondial des hommes les plus riches pointe 14 ressortissants du continent.

Le magasine américain Forbes vient de délivrer son classement mondial des 1210 plus grandes fortunes évaluées en millions de dollars. A elles seules, ces personnalités représentent 4.500 milliards de dollars de la fortune planétaire. 14 Africains pointent dans cette notation et sont originaires du Nigeria, d`Afrique du Sud et d`Egypte. Ces de richesses sont issus des milieux de l`immobilier, des mines, des hydrocarbures ou encore des télécommunications. Le classement qui suit, précise-t-on, ne tient pas compte des «richesses informelles» ou de celles - souvent inavouées - de certains dignitaires, qui comme de juste échappent à toute traçabilité.

- 1er (51è mondial), Aliko Dangote (Nigeria) : les Camerounais se souviennent sans doute que le groupe Dangote a, voici quelques mois, proposé d`investir l`équivalent de 50 milliards Fcfa dans notre pays dans la mise en place d`une unité de fabrication du ciment. Agé aujourd`hui de 53 ans, la fortune d`Aliko Dangote, qui exerce dans des domaines aussi divers que le sucre, la farine, le textile, l`immobilier, le pétrole ou encore le gaz, est actuellement estimée à 13,8 milliards de dollars (+500%, par rapport ) 2010).

- 2è (136è mondial), Nicky Oppenheimer (Afrique du Sud) : l`homme le plus riche du pays de Nelson Mandela pèse 7 milliards de dollars. Il s`est enrichi dans l`extraction des diamants. Ce propriétaire de mines possède aussi une joaillerie aux très sélectes Galeries Lafayette de Paris.

- 3è (182è mondial), Nassef Sawiris (Egypte): la fortune de cet ancien étudiant en économie de l`université de Chicago (Etats-Unis), 50 ans, tutoie les 5,6 milliards de dollars. Deuxième actionnaire du groupe français Lafarge, il a fait son trou dans l`univers de la construction industrielle (Orascom Construction Industries).

- 4è (219è mondial), Johann Rupert (Afrique du Sud) : avant de se lancer dans les hydrocarbures (Shell), ce sexagénaire tâta de la banque, puis les vins et le tabac à la tête du groupe suisse Richemont (Cartier, Chloé, Dunhill et Montblanc). Avec une fortune évaluée à 4,8 milliards de dollars, on le présente généralement comme le propriétaire des deux meilleurs vignobles de son pays que sont Rupert&Rothschild et l`Ormarins).

- 5è (310è mondial), Naguib Sawiris (Egypte): à 56 ans, il est issu d`une lignée de fortunés dont quelques uns figurent également dans le dernier classement Forbes. Avec quelque 3,5 milliards de dollars de patrimoine, il est le président du groupe Orascom et Orascom Telecom Holding, qui exerce dans les télécommunications.

- 6è (336è mondial), Patrice Motsepe (Afrique du Sud) : avec 3,3 milliards de dollars sur la balance, ce quinquagénaire est considéré comme la première fortune noire de son pays. L`ancien avocat en droit minier le doit aux fluctuations avantageuses des cours des matières premières intervenues voici une décennie. Il a repris plusieurs mines délaissées par des multinationales, qu`il a fait fructifier à travers des méthodes d`exploitation de son cru.
- 7è (393è mondial), Onsi Sawiris (Egypte) : bien que sa fortune ait régressé (2,9 milliards de dollars), le chef de la famille Sawiris, 81 printemps, compte toujours parmi les têtes couronnées de l`univers. Il a pris du recul dans la gestion du holding qu`il fonda, Orascom (télécommunications, tourisme, sciences, technologie et de industrie), en laissant la gestion selon les filiales à se descendance.

- 8è (595è mondial), Mohammed Mansour (Egypte) : 2 milliards de dollars de fortune et 63 ans de vie terrestre. C`est cet ingénieur et de commerce qui, après ses études de commerce chez l`oncle Sam, introduisit, dans son pays, les marques américaines Caterpillar, Chevrolet et Marlboro. L`ex-ministre des Transports (2005 et 2009) a ensuite diversifié ses activités en se lançant dans grande distribution. Sa famille a aussi créé Métro, une chaîne de supermarchés.

- 9è (ex-æquo, 595è mondial), Nike Adenuga (Nigeria) : avec ses 2 milliards de dollars, le Nigérian de 58 ans a fait fortune dans la banque (Equatorial Trust Bank) et le pétrole (Conoil). Dès ses 26 ans, il engrangeait déjà de forts bénéfices à travers la distribution en Afrique de la marque Coca-Cola. Ancien opérateur dans l`immobilier, il détient également des actions dans des entreprises de télécommunications. C`est le fondateur du groupe Globacom qui exerce dans la pose du câble Internet sous-marins devant relier le Nigeria au reste du monde.

- 10è (692è mondial), Yasseen et Youssef Mansou (Egypte) : ces deux frères, qui, pèsent chacun à 1,8 milliard de dollars au classement Forbes, ont respectivement 49 et 65 ans. Le premier est le patron de la Palm Hills Developments (Phd), qui est le deuxième plus grand promoteur immobilier de son pays en matière de construction de villas de luxe et de centres commerciaux. Le deuxième, qui lutte contre l`analphabétisme et promeut l`éducation dans son pays, dirige le chaîne de supermarchés Métro.

Synthèse de Félix C. Bolé Bola

14:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

COMMENT GBAGBO EST VU DE L'INTERIEUR DU POUVOIR OUATTARA : Entretien révélateur avec un proche de Ouattara enregistré discrètement par un « agent secret » Source : Telediaspora.net

Appelez-moi DM, 47 ans, américain d'origine sénégalaise, cadre dans un cabinet américain d'évaluation de risque d'investissement. Je rentre d'une mission en Cote d'Ivoire pour le compte d'un de nos clients. Nous avons eu à faire, mes collègues et moi, en plus d'Abidjan, un fructueux déplacement à Yamoussokro pour assister à l'investiture de monsieur Ouattara Alassane.

Nous ne pouvions pas manquer, comme certains cabinets concurrents qui avaient aussi leurs hommes en mission, ce grand rendez-vous qui se présentait à nous comme une véritable aubaine pour réactiver nos contactes dans l'entourage des présidents africains, et surtout sonder, dans le cas du nouveau pouvoir ivoirien, ceux que nous appelons dans notre jargon les "back sits", et qui ne sont rien d'autres que les hommes de l'ombre qui aspirent un jour à être en première ligne. Ceux-là sont plus ouverts, francs, un peu bavard pour certains, que les officiels qui, très souvent, nous tiennent un langage diplomatique, lorsqu'ils savent l'objet de notre visite.

C'est dans cette perceptive que je fais la rencontre, parmi tant d'autres, de celui que je nommerais AK, à qui je n'ai pas révélé le but réel de séjour en Cote d'Ivoire, et dont j'ai enregistré la conversation à son insu comme le veut ma profession. Rien de méchant en cela, puisque ce que nous faisons peut être assimilé à de l'espionnage. Nos clients ont besoin de savoir où et avec qui, ils iront faire du business. Passé de gros contrats pétroliers nécessite un minimum de garantie.
Je précise que AK que je voyais pour la troisième fois ne sont pas ses initiales réelles. Je me dois sincèrement de protéger l'identité de cet homme intelligent, sympathique, plein de bon sens, dont on m'a dit après, qu'il a d’énormes chances de rentrer au gouvernement dans les jours à venir. Mon but n'étant pas de l'exposer, j'ai délibérément retiré de notre entretien que je publie en dessous de mon introduction, certains passages qui pourraient amener ses connaissances à l'identifier. A lui-même qui se reconnaitra probablement, je voudrais d'ores et déjà lui présenter mes excuses les plus honnêtes pour l'acte que je pose. Qu'il se rassure, ma nature, mon honneur et mon métier ne me permettront jamais de le porter au grand jour. Seulement voilà, je ne pouvais pas m'empêcher de publier cet aveu fait sur Laurent Gbagbo, cet homme politique que j'admire pour ses idées, son audace et son courage à défier la France qui du reste, pour moi, reste un des maux majeurs pour nous les africains. Ne dit-on pas que le meilleur hommage vient de son adversaire? AK et moi avons eu un long échange "amical". C'est peu à peu, astucieusement, comme le veut ma méthode de travail que je l'ai conduit à un jeu de question-réponse. Voici l'extrait concernant uniquement le président Gbagbo que je souhaite partager avec vous, frères africains, pro et anti Gbagbo. Merci pour vos commentaires qui j'en suis sûr seront diamétralement opposés les uns aux autres. C'est ça aussi la beauté de la démocratie qui ne devrait pas nous amener à nous entre-tuer pour le toubab. Que la paix revienne en Cote d'Ivoire.


Moi : Ouf ! Pourrait-on dire. Après tant d'années de lutte, le président Ouattara y est enfin.

AK : Oui, on pourrait voir les choses comme ça. Sauf que nous y sommes pas encore parfaitement. La tâche n'est pas aisée pour être franc avec vous.

Moi : Non, mais, monsieur...

AK : A...

Moi : Pourquoi? Laurent Gbagbo est en résidence surveillée, le président Ouattara est investi aujourd'hui devant ses pairs africains et Sarkozy...

AK : Oui, ça, c'est le coté cérémonial de la prise du pouvoir. Mais le volet sécuritaire qui est du domaine de l'exercice quotidien du pouvoir, nous le laisse croire. Quand vous avez eu affaire à un adversaire politique chevronné, aussi coriace que Laurent Gbagbo, vous ne racolez pas les morceaux aussi aisément après lui. Son ombre, nous en sommes tous conscients au parti, planera encore sur le mandat du président Ouattara, si Allah nous aide à le conduire à terme. Politique jusqu'au bout des ongles, je crois sincèrement qu'il a préféré cette sortie pour mieux nous discréditer à la face du peuple et des panafricanistes. Nous entendons beaucoup de choses à ce propos. Si son départ avait été autre que celui que nous avons connus, gagner l'estime d'une partie de la population qui répugne le président Ouattara aurait été plus facile par des actes concrets de développement. Mais là, c'est très compliqué pour lui et ses collaborateurs que nous sommes. Il y a une partie de la population qui, quelque soit ce que nous ferrons de bien pour elle, ne nous acceptera jamais. Mais ce n'est pas pour autant que nous baisserons les bras dans la voie de la réconciliation.

Moi : Ses principaux généraux ont faits allégeance ! Avec un peu de temps, leurs subalternes suivront certainement...

AK : Ça fera bientôt deux mois que nous les attendons ! (rires) Nous avons l'impression d'être dans une situation savament orchestrée, où on nous donne la tête et on garde le cœur pour soi. Hors vous conviendrez avec moi que sans le coeur, le corps ne fonctionne pas ! Avec Gbagbo tout est possible. (rires) Il est d'une perversité hors paire dans son approche de la chose politique, et personne ne peut limiter son champ d'action dans ce domaine. Ce que nous savons, par contre, tous de lui, c'est qu'il affectionne l'adversité. Cela semble l'exciter. C'est homme extrêmement rusé ne vous lâche pas dans un affrontement politique. Vous savez, s'il y a quelque chose que Laurent Gbagbo a parfaitement réussi, c'est son appareil sécuritaire. Cette armée qui a fondu dans la nature est une armée redoutable qui dispose de quatre composantes : les FDS, les milices, la FESCI et les mercenaires, le tout avec encore assez d'armes dissimulées un peu partout sur le territoire que nous cherchons vainement.

Moi : Et pourtant, elle n'est pas parvenue à le maintenir au pouvoir...

AK : C'est là où il y a lieu de s'interroger profondément. Hormis le fait que ce soit à cause de la puissance de feu française, l'on pourrait aussi se demander, comment une armée pour laquelle L'ONUCI et la France ont eues une attention particulière, parce que bien équipée et très bien entrainée
(nombreux de ses jeunes officiers font partie des meilleurs de leur promotion), peut-elle décrocher et refuser de rejoindre les nouvelles autorités? On suppose que si elle a décrochée, c'est parce qu'elle ne voulait plus suivre son chef. Mais pourquoi ne veut-elle pas nous rejoindre dans ce cas alors?

Moi : Par peur de représailles peut-être !

AK : Je veux bien croire pour ceux qui étaient à des postes de commandements. Mais qu'avons nous comme moyens pour mener des actions de représailles contres des milliers d'hommes de rang sans attirer les regards de la communauté internationale? Non, la vraie cause doit etre ailleurs. Est-ce un piège qu'on nous a tendu? Du genre prenez place et nous nous occuperons de vous après. N'oubliez pas que pendant dix ans, elle n'a pas renversé Gbagbo comme nous l'aurions aimés. Aujourd'hui, c'est à ce niveau que se situe notre plus grosse inquiétude. Comment gouverner avec tous ces milliers de militaires dans la nature? Qu'ils fassent allégeance ou pas, ils resteront, de toute évidence une épée de Damoclès sur nos tète. Si nous leur confions la sécurité du pays, ils pourront nous renverser. Si nous les laissons là où ils sont, ils pourraient mener une attaque depuis leur cachette. Je ne vous le cache pas, notre situation est très inconfortable, au point que beaucoup d'entre nous gardent encore femmes et enfants hors du pays.

Moi : Qu'allez-vous faire maintenant? Le premier ministre qui est aussi celui de la défense s'attèle à cela je suppose?

AK : Qui ça? Le jeune frère Soro? Non..., il a joué sa partition, il est maintenant temps qu'il prenne un bon repos mérité. Il faut que le grand-frère (Ouattara) fasse appelle à quelqu'un de plus étoffé, plus âgé ayant un CV requis pour la fonction. Nous sommes en Afrique et cela est très embarrassant pour beaucoup de se voir appeler tonton en privé et de lui donner du monsieur le premier ministre avec révérence en publique. (rires)

Moi : Ç' a quand même marché avec le président Gbagbo !

AK : C'est la particularité de l'homme Gbagbo ça ! (rires) On croyait lui faire mal en lui demandant de prendre le jeune frère comme PM, il l'a accepté pour plutôt mieux ridiculiser nos amis qui étaient au gouvernement dans l'ordre protocolaire.

Moi : La Licorne et l'ONUCI vous aident à sécurisé le pays, je constate?

AK : Oui, mais cela nous fait passer pour un pouvoir à la solde de l'étranger et ne rassure ni nos compatriotes quant à la fin de la guerre, ni les éventuels investisseurs qui verront en cette présence un signe d'instabilité. Voilà pourquoi certains au parti disent que même chassé du pouvoir, Laurent Gbagbo codirige la Côte d'Ivoire avec nous. (rires)

Moi : Vous qui semblez le connaitre, comment le décrirez-vous?

AK : Vous êtes un Gbagboïste, il me semble ! (rires)

Moi : Non, pas nécessairement... Je suis chez vous, autant me faire une idée autre que celle de la presse !

AK : Nos frères sénégalais sont en général pour le président Ouattara. (rires) Ou bien, c'est parce que vous vivez aux USA, vous? Non...Il est humain, généreux, très généreux, amusant, aimant la femme (rires)..., et un redoutable adversaire politique pour ce qui me revenait très souvent des amis du parti qui ont eus à bien le côtoyer. Pour ma part, j'ai eu à le rencontrer que quatre fois où il nous à bien fait rire avec des histoires drôles qu'il aime conter pour détendre l'atmosphère. Mais quand nous allions le croiser, la consigne était claire : faire attention à ce qu'il propose comme solution. Car, il a un don inouï de piéger ses adversaires politique qui ont finis par le surnommer le boulanger. (rires) Oui, c'est vrai, avec Gbagbo vous prenez goût à la politique qui devient un jeu de réflexion excitant. Ce serait faux de dire qu'il ne nous passionne pas tous quelque part.

Moi : A vous entendre, c'est vous plutôt le gbagboïste ! (rires) Apercevez-vous la noblesse de son combat dont parlent encore ses partisans?

AK : Noblesse de son combat... Vous savez, il y a ceux qui veulent changer les choses et qui n'y arrivent pas. C'est le cas de Gbagbo. Et il y a ceux qui disent, l'ordre est déjà établi, autant faire avec. Pour le reste, le débat peut être lancé en ayant à cœur la question suivante : avons-nous les moyens nécessaires, en tant qu'africain, d'inverser l'ordre de la domination occidentale? S'il s'en est lui-même remis à l'aide divine, c'est parce qu'il n'avait pas la capacité de l'emporter sur la France.

Moi : Attendez-là, je croyais qu'il s'agissait d'un duel entre lui et le président Ouattara ! (rires)

AK : (Rires) Je vous sais intelligent pour croire que c'en est la principale raison. Il y a un chanteur reggae de chez nous qui dit "ils ont partagés le monde, rien ne m'étonne...". C'est Tiken Jah.

Moi : Je m'apprêtais à poser une autre question, lorsque je suis interrompu par une tape dans le dos. Qui vois-je en me retournant? TH, ancien compagnon d'université aux USA. Devenu membre influent du cabinet présidentiel de son pays, il était du voyage avec son président Toute suite, il se lance dans une violente critique, en anglais biensûr, pour ne pas que les gens nous comprennent, cela, à l'endroit de la France impérialiste qui venait de renverser le président Gbagbo pour installer Ouattara. Je profite pour lui demander: " what about your boss? How he is seeing the all situation?" ( et ton patron? Comment voit-il la situation? ). Il me répond qu'il n'a pas cessé de se plaindre tout le temps qu'a duré le vol de ce que ce petit (Sarkozy) les ait presque obligé à venir à Yamoussokro. Ce dernier aurait ironisé à un de ses homologues africain en lui disant : "ça t'ennuierait pas de le provoquer (Sarkozy) pour qu'il te bombarde et qu'il me mette à ta place? Toi au moins, tu as la forêt que je n'ai pas, moi ! ".
Lorsque TH nous quitte, AK qui comprend l'anglais, j'aurai du m'en douter vu son niveau d'étude, me fait remarquer que si TH était dans l'opposition en train de courir après le pouvoir d'état, il n'aurait pas tenu ses propos presque désobligeants à l'endroit de son patron à lui, le président Ouattara. Quand il me demande de quel pays est-il? Je presse de lui dire gentiment qu'il n'y aura pas d'incident diplomatique par ma faute. Il a fallu aller à la recherche d'autres sujets avant de revenir sur celui qui m'intéressait le plus ce jour-là, c'est à dire le président Gbagbo.

Moi : Allez-vous vraiment l'envoyer devant la CPI?

AK : J'en sais rien. Je ne suis pas en charge du dossier. Mais si tel était le cas, nous aurions empirés une situation déjà chaotique de laquelle nous peinons vraiment à sortir. Et puis dans le fond, sommes-nous, nous-mêmes exempts de tout reproche? Ce que je sais, par contre, c'est que plus il sera entre nos mains, moins il sera probable que nous subissions une attaque armée de ses partisans. Cela nous donne donc le temps d'asseoir notre pouvoir avec l'aide de l'armée française à laquelle le grand-frère (Ouattara) a demandé un plan de restructuration de la notre en incluant des coopérants français dans sa chaîne de commandement comme au temps du président Houphouët. C'est après cela que nous pourrions être sûrs d'être réellement aux commandes. (rires) La politique, c'est aussi l'art de faire diversion. Garder Gbagbo, c'est amener ses partisans à plus réclamer sa libération que contester la légitimité du président Ouattara.

Moi : Entre nous, de vous à moi, la présidentielle, vous l'avez vraiment remportés? Parce que sur le net, j'ai vu des preuves...

AK : (Eclats de rires) Eh bien là, vous vous êtes dévoilés maintenant ! Vous êtes pour Gbagbo. (rires) Vous savez, il y a un proverbe chez nous qui dit, et je cite : quand vous avez faim et qu'on vous donne à manger, vous ne vous demandez pas, si les mains qui ont cuisiné la nourriture étaient sales. Nous avons le pouvoir et nous avons l'intention de l'exercer pleinement. La polémique des élections, c'est du passé. (rires)


Moi : Il va falloir compter avec la résistance dite patriotique de Blé Goudé alors !

AK : Mais elle était là avec ses meetings qui coutaient au contribuable, et puis nous sommes arrivés au pouvoir ! Vous savez, elle était d'ordre pécuniaire. Et comme ils n'ont plus les caisses de l'état et qu'ils vivent dans des conditions déplorables au Ghana, elle s'essoufflera à coup sûr ! Dans peu de temps beaucoup d'entre eux négocieront leur retour pour retrouver le confort de leur palace qui leur manque tant. La seule chose que nous craignons, je vous le repete, ce sont les militaires et non Blé Goudé que d'aucun déclare mort. Lorsque les français nous auront aidés à les mettre sous l'éteignoir, nous rouleront en roue libre. Les partisans de Gbagbo qui, nous le reconnaissons, est un doué de la politique, n'ont pas la persévérance qui est la notre. C'est elle qui nous a amenée à acculer leur champion pendant dix ans. Leur machine est décapitée, ils baisseront les bras tôt ou tard. Vous verrez qu'à votre prochaine visite, ils seront tous rentrés dans les rangs. Ya rien en face, comme ils avaient l'habitude de nous le dire.


Moi : Pourtant, pour ce que j'ai entendu de nombreux pro-Gbagbo, vous ne seriez pas au bout de vos peines, parce qu'ils ne vous lâcheront pas !


AK : Ils peuvent menacer. Quand ils se seront remis de la chute de Gbagbo, cela leur passera. (rires)

11:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Arsene Dogba: Mr Alassane se trouve à la tête d’un pays ruiné par lui-même

ynx.info : Comment le politologue que vous êtes décrit la Côte d’Ivoire actuelle ?

Arsène DOGBA : La Côte d’Ivoire peut simplement être décrite comme un Etat en total déconfiture, un état défaillant. Arrivez en Côte d’Ivoire et vous verrez qu’aucune institution ne fonctionne véritablement là-bas. Pas même le pouvoir exécutif. L’Etat ne peut même plus assurer son devoir régalien qui consiste, entre autres, à veiller sur la sécurité des biens et des personnes vivants en Côte d’Ivoire. Au plan international, le pays a cédé sa souveraineté, à tant qu’état indépendant, à plusieurs entités institutionnelles (Union Européenne, USA, Union Africaine) à plusieurs multinationales (Bouygues, Bolloré, Cargill, Total, etc.…). Bref à l’assemble de la communauté internationale (ONU), y compris la CEDEAO. Cela me semble un cas isolé dans la vie des états modernes. Surtout en ce qui concerne les relations entre les états indépendants dans ce nouveau contexte de mondialisation.

Lynx.info : La carte politique avec le front entre Houphouetistes, voit l’arrivée du FN de Guillaume Soro. C’est une opportunité ou une aubaine pour Alassane Ouattara ?

Opportunité ou aubaine, c’est Alassane seul qui sait ce que l’arrivée prochaine des Forces Nouvelles sur la scène politique représentera pour son parti, le RDR ou pour la coalition des Houphouetistes, le RHDP. Pour moi, les dirigeants de ce mouvement rebelle (ce n’est pas encore un parti politique) gagneraient à le dissoudre le plus tôt possible pour éviter qu’il réveille davantage les souvenirs des atrocités commises depuis 2002. Mais, si les « Forces Nouvelles » devait se muer en parti politique légalement constitué, avec Soro Guillaume en tête, M. Alassane perdrait un allié de taille d’autant que Soro lui a servi de marche pieds dans sa longue marche vers le coup d’état du 11 Avril 2011 qui l’a porté au pouvoir.

Lynx.info : Prenons les chiffres de la communauté internationale, avec 46% qui ont voté pour Laurent Gbagbo. Comment expliquez-vous qu’Alassane Ouattara semble faire fi ?

L’agenda réel d’Alassane Ouattara me semble être autre que celui de gérer autrement la Côte d’Ivoire pour le bonheur des populations ivoiriennes. Sinon, comment comprendre qu’après l’arrestation du Président Gbagbo, le 11 Avril 2011, par les forces spéciales Françaises et sa mise en résidence surveillée dans un endroit tenu secret, la chasse aux militants, aux cadres de LMP et aux Bétés, l’ethnie de Gbagbo, continue. Je pense que l’agenda caché d’Alassane était de se venger des ivoiriens qui lui auraient dénié la nationalité ivoirienne. Pour vivre aujourd’hui sans crainte en Cote d’Ivoire qui compte 60 ethnies, il faut être Dioula (son ethnie) ou Baoulé (l’ethnie de Bédié).

Pour revenir au fond de votre question, je vous remmène à la carte électorale du premier tour de la présidentielle. Parce que les résultats représentés sur cette carte indiquent clairement la force politique de chacun des trois principaux leaders ivoiriens, notamment, Gbagbo, Bédié et Alassane. Cette carte électorale nous indique que la zone d’influence de Laurent Gbagbo part du grand Ouest (Biankouma) jusqu’au Nord-est (Tehini), aux portes de Kong, la ville d’origine d’Alassane. De l’Ouest à l’Est, cette zone d’influence LMP couvre tout le grand sud à l’exception des régions des lacs et du N’zi Comoé. Sur les 19 régions de la Cote d’Ivoire, le président Gbagbo a remporté dans 11 régions, ce qui représente 57.89 % du territoire national alors qu’Alassane n’a remporté que dans seulement 06 régions localisés dans la zone Nord sous contrôle rebelles. Ce qui représente 31.57 % du territoire. Si nous considérons les faux résultats du second tour certifié par l’ONU, le candidat Gbagbo a obtenu à lui tout seul 2.107.055 voix soit 45,9 % du vote tandis que les 2.483.164 voix soit 54,1 % du faux gagnant, Alassane, constitue la somme des voix transférées du PDCI (3eme au 1er Tour), de l’UDPCI (4eme) et du PIT à son parti, le RDR.

Au regard de ces résultats, il n’est pas faux d’affirmer que le président Gbagbo est le leader politique le plus populaire de Côte d’Ivoire. Cette popularité a même été renforcée par la barbarie du 11 Avril dernier, les tueries et les pillages des forces de M. Ouattara. Alassane ne doit donc pas faire fi d’une telle personnalité s’il veut vraiment gouverner la Côte d’Ivoire dans la sérénité.

Lynx.info : Pour le politologue et écrivain Bernard Doza, le PDCI peut cesser de rêver, c’est Guillaume Soro qui est aux commandes. C’est ça ?

M. Doza n’a peut être pas tord. Aujourd’hui Alassane n’a aucun contrôle de son nouveau pouvoir. Il est conscient de son impopularité puisqu’il sait que sa valeur réelle est 22% de l’électorat ivoirien. Un pourcentage obtenu par la commission LMP chargée des élections après le premier tour. Les experts LMP ont déduit les voix frauduleusement données à Ouattara au nord des résultats définitifs. Nous l’avions dit plus haut, Alassane n’a aucune popularité sans le PDCI. C’est grâce au transfert des voix issues du PDCI, de l’UDPCI et du PIT qu’il a pu obtenir les 48,10 % des voix annoncées par le Conseil Constitutionnel ivoirien. Par conséquent, une rupture avec le PDCI mettrait son pouvoir en face d’une opposition (PDCI et FPI) qui détiendrait environ 75 % de l’électorat national. Sa survie politique dépend donc de la survie du RHDP. Pour ce qui concerne Soro Guillaume, avec le nouveau parapluie militaire qu’il vient d’obtenir de la France, Alassane peut se débarrasser d’un seigneur de la guerre (Soro) devenu trop gênant. Ne l’a-t-il pas fait avec Ibrahim Coulibaly (IB) ?

Lynx.info : Beaucoup d’analyses voient venir un déchirement entre Houphouetistes. Vous êtes aussi d’avis ?

Il y a beaucoup de chance que le fossé s’élargisse entre les houphouetistes avec le maintient de Soro Guillaume au poste de Premier Ministre, un poste que Alassane avait promis au PDCI. Il y a aussi que beaucoup de militants du vieux parti n’ont pas apprécié du tout les bombardements d’Abidjan qui ont permis l’arrestation de Gbagbo. Car beaucoup croyaient qu’Alassane n’en arriverait pas là. Ceux-là vont donc grossir le rang des partisans du dissident (PDCI) M. Atse Jean Claude qui travaillait déjà dans le sens de la rupture avec le houphouetistes, membres du RHPD. Cet houphouetiste ultraconservateur avait même prévu un congrès extraordinaire du vieux parti en Avril passé. Malheureusement, leur action a été arrêtée par la chute du président Gbagbo. Ce clan Atse Jean Claude s’oppose à la fusion RDR-PDCI et récusait le règlement de la crise post-électorale par la voie des armes. Avec les événements du 11 Avril 2011, la fracture s’est davantage élargit entre les houphouetistes puisque le camp Atsé Jean Claude est aussi recherché comme les militants de Gbagbo.

Lynx.info : Comment expliquez-vous qu’Alassane a plutôt voulu changer tout ce qui était l’Etat de Côte d’Ivoire au lieu d’apporter des touches comme dans tous les pays sérieux ?

Malheureusement, depuis l’arrivée d’Alassane en Côte d’Ivoire, le pays ne fait plus parti des nations sérieuses. Si vous lisez le projet de société et le programme de gouvernement que M. Alassane a présenté aux Ivoiriens pendant la campagne électorale de 2010 vous verrez bien que c’est la copie conforme du programme de refondation du président Gbagbo. Il n’a rien proposé de nouveau aux Ivoiriens dans ce qu’il appelle « ADO Solutions». Il n’avait donc rien de nouveau à proposer. Il voulait être président de Côte d’Ivoire pour protéger les intérêts français. Il fallait qu’il le devienne contre vents et marrées. C’est ce qui s’est passé. A l’origine, le président reconnu par l’ONU n’avait pas de plan pour détruire la Côte d’Ivoire. Parce qu’il voulait quand même hériter d’un pays debout. Mais tout est arrivé après sa défaite et grâce au soutient de la communauté internationale avec la France en tête. Ce soutient tenait lieu d’une licence pour autoriser tous les moyens nécessaires pour déloger le président Gbagbo et occuper sa place.

Depuis le 11 Avril 2011, Mr Alassane se trouve à la tête d’un pays ruiné par lui-même. Il lui revient maintenant de prendre la facture à son compte. Je vous assure que cinq ans de mandat, même tranquille, ne suffiront pas pour ramener la Côte d’Ivoire au niveau du développement où elle était avant la chute de Gbagbo. Pour la simple raison qu’en cette période de restriction budgétaire en Europe et aux Etats-Unis et avec le départ de son ami DSK du FMI, Alassane n’aura pas les ressources financières nécessaires pour payer la facture de la reconstruction et amorcer le développement. Les exigences domestiques de ses alliés occidentaux feront que leur priorité ne sera pas la Côte d’Ivoire.

Lynx.info : …. Sarkozy voudrait garder les militaires français en côte d’Ivoire. Comment le politologue que vous êtes explique la présence d’une force étrangère dans un pays souverain ?

Cette force étrangère est en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance. Et cela n’a pas empêché au pays le progrès que nous connaissons. Comme au Japon et en Corée du Sud avec la présence des forces Américaines, cette couverture sécuritaire a certainement contribué au développement de la Côte d’Ivoire. Mais ce qu’il faut faire remarquer est qu’au lendemain des indépendances cette présence française était nécessaire. Aujourd’hui les temps ont changé et la technologie militaire aussi. Une force amie n’a donc plus besoin de s’établir sur place pour intervenir en cas de besoin. En plus, si les pères fondateurs pouvaient être fiers d’avoir une force étrangère sur leur territoire au lendemain des indépendances, ce n’est plus le cas pour la nouvelle génération d’Africains qui sont assez jaloux de la souveraineté de leurs pays. C’est vrai que la question de la souveraineté devient de plus en plus discutable avec les nombreuses ingérences des Etats, des institutions internationales, des multinationales et même des Organisations non gouvernementales. Mais nous n’en sommes pas encore au déni de cette souveraineté à l’Etat. Il faut donc respecter et protéger ce qui lui reste comme souveraineté. Et cela passe par la maitrise de la sécurité et de la défense nationales. Quand un Etat livre ce pan de sa souveraineté à un état tiers, il se dénie sa propre souveraineté, son indépendance.

Lynx.info : La réconciliation entre ivoiriens. C’est bien ou mal parti ?

A notre avis la réconciliation entre les ivoiriens est mal parti pour au moins trois raisons : Premièrement, l’attitude de M. Alassane pendant les trois jours de deuil qu’il a décrété les 12, 13 et 14 Mai. Pendant que les ivoiriens pleuraient leurs morts, il fêtait à Dakar et à Ouaga. Cette attitude laisse croire qu’il est conscient que ces hommes n’ont pas encore fini de tuer. Ce qui fait que les ivoiriens s’interrogent encore sur l’opportunité de la cérémonie. Deuxièment, jusque là Alassane n’a posé aucun acte qui rassure ; les principaux opposants avec qui il devait se réconcilier sont toujours en prison, dans les forêts ou en exil. Troisièment, la personnalité qu’il a choisie pour conduire la commission de réconciliation. M. Konan Banny n’est pas la personne indiquée pour ce boulot du fait qu’il est partie prenante au conflit. N’oublions pas qu’il a été l’un des Premiers Ministres (2005-2007) issu des Accord de Marcoussis.

Lynx.info : Selon-vous qu’aurait dû faire les nouvelles autorités ?

Nous croyons que la première action qu’Alassane aurait posée est la mise en liberté sans condition du Président Gbagbo et de tous les autres prisonniers politiques. Ce qui lui permettrait d’entamer une discussion franche et privée avec son frère Gbagbo pour qu’ensemble ils rassurent les ivoiriens, la communauté internationale et les investisseurs. Ceci aurait l’avantage de décrisper la situation sécuritaire sur le terrain et de remettre donc le pays sur la voie du développement. Je pense donc que la libération de Gbagbo et des cadres LMP est la clé de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Il faut le faire sans trop attendre. En ce qui concerne la commission de réconciliation, elle aurait pu être dirigée par une personnalité neutre. Surtout pas politiquement marquée.

Lynx.info : Comment expliquez-vous qu’en Europe, Alassane Ouattara ait acquis un soutien jamais accordé à un opposant africain ?

Les états n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts, dit-on. Il n’y a donc pas d’ami à mettre au pouvoir ici, il y a plutôt les intérêts des européens à protéger. Mais plus particulièrement le pouvoir de Nicolas Sarkozy et les intérêts stratégiques de la France à protéger. En Côte d’Ivoire, celui qui par sa position idéologique (Liberal) peut le faire mieux est M. Alassane Ouattara. Ce n’est donc pas sa personne qui intéresse le gouvernement français, l’Union Européenne ou les Etats-Unis. C’est plutôt ce à quoi il va leur être utile qui prime pour ces impérialistes. Il faut vraiment cesser de faire allusion à une quelconque amitié entre Sarkozy et Alassane quand il s’agit de justifier son soutient par la communauté internationale. A preuve les amis socialistes de Gbagbo n’ont rien faits pour lui. M. Sarkozy soutient donc Alassane pour que ce dernier l’aide à conserver son poste en France et pour sécuriser les contrats des gisements pétroliers en Côte d’Ivoire.

Lynx.info : Quel regard portez-vous sur l’Union Africaine et les Chefs d’Etat africains avec les drames ivoiriens et libyens ?

L’Union Africaine a échoué, les dirigeants Africains ont tous échoué. Et c’est dommage que notre continent traine encore des leaders comme Wade, Compaore, Goodluck. Ces trois personnages mettent en mal la sécurité du continent. Ils sont corrompus et n’ont aucune personnalité. Nous ne sommes pas fier d’eux. Pas du tout. Le premier s’accroche au pouvoir, le deuxième est élu à plus de 80% et le troisième a tué environ un millier de personne après son élection, selon une ONG local, Civil Rights Congress. Mais cela n’a pas eu d’écho auprès des medias internationaux et des autorités occidentales parce qu’il est un de leurs pions en Afrique. C’est dommage pour l’Afrique. Comme l’ONU, l’Union Africaine est devenue un agent au service de l’impérialisme occidental.

Lynx.info : Je vous remercie Mr Dogba

C’est moi qui vous remercie pour l’occasion que vous me donner d’apporter ma contribution à ce débat sur le retour de la France en Afrique par la Côte d’Ivoire après 50 années d’indépendance.

Interview réalisée par Camus Ali Lynx.info

http://www.lynxtogo.info/interviews/interviews/1256-arsene-dogba.html

11:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

25/05/2011

Cameroun/exploitation illégale de bois: 9 millions d`euros de pots-de-vin/an



YAOUNDE - L`exploitation illégale de bois au Cameroun pour le marché domestique engendre la corruption de fonctionnaires qui perçoivent plus de 9,1 millions d`euros de pots-de-vin par an, ont affirmé mardi à Yaoundé des chercheurs d`une organisation scientifique internationale.

Cette activité (l`exploitation illégale de bois) engendre la corruption et des payements informels versés aux agents des administrations, a affirmé lors d`une conférence de presse Paolo Cerutti, chercheur au Centre de recherche forestière internationale (Cifor), une organisation scientifique internationale.

Le montant estimé des pots-de-vins perçus par ces agents est compris entre 6 et 7 milliards FCFA par an, soit entre 9,1 et 10,7 millions d`euros, a précisé un autre chercheur du Cifor, Guillaume Lescuyer.

Les deux chercheurs s`exprimaient pour la présentation d`une étude qu`ils ont menée avec leurs collègues camerounais sur le marché domestique du bois au Cameroun, utilisé notamment dans la construction ou pour le mobilier.

Ce marché, qui reste presque entièrement informel, est devenu ces dernières années au moins aussi important que le secteur industriel de l`exploitation forestière avec environ 2,1 millions de mètres cubes (de bois) produits, souligne l`étude.

Le commerce de bois exploité de manière informelle fournit un moyen de subsistance à plus de 45.000 personnes, une importante source de revenus à des fonctionnaires corrompus et pas un centime à l`Etat, souligne une note de synthèse de l`étude.

Les fonctionnaires qui imposent aux petits exploitants de leur verser de l`argent en contrepartie de la liberté d`exercer sont issus notamment du ministère de la Forêt et de la Faune (Minfof), des communes, de la police et de la gendarmerie, selon la note.

Les actes de corruption sont enregistrés à plusieurs niveaux, notamment en forêt lors de la coupe du bois et sur les axes routiers lors de son transport pour les marchés internes ou de la région (Tchad, Nigeria), selon M. Cerutti.

D`après lui, le commerce illégal de bois ne doit pas être criminalisé notamment parce qu`il apporte des revenus substantiels aux exploitants mais l`activité doit être sortie de l`informel.

13:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Côte d'Ivoire, Mamadou Coulibaly du FPI: Le faucon est-il devenu colombe ?

Jusque-là président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et désormais aussi patron par intérim du Front populaire ivoirien (FPI), il est resté silencieux durant les quatre mois de la crise et s’était réfugié avec sa famille au Ghana voisin.Il est finalement retourné au bercail courant avril 2011 et beaucoup étaient étonnés de le voir assistant à l’investiture du nouveau président, Alassane Dramane Ouattara. Le lecteur l’aura deviné, il s’agit de Mamadou Coulibaly, qui vient de faire une sortie médiatique dont le contenu continue de faire des gorges chaudes.

Beaucoup ont vite fait de lui reprocher de sortir du bois aujourd’hui, mais avouons qu’à une époque où tout était permis, il était hasardeux, voire suicidaire, d’adopter certains comportements. Le petit bémol à ce reproche fait, précisons qu’aux temps forts de la crise et même quand l’option militaire avait pris le dessus, il avait toujours proposé le dialogue comme seule voie de sortie pacifique de la crise.

Mieux, il avait même reconnu la victoire d’Alassane Ouattara et même confessé avoir, avec des camarades du parti, rencontré nuitamment celui qui était le principal locataire de l’hôtel du Golf pour le convaincre d’entrer en pourparlers avec Laurent Gbagbo.

Propos de vaincu ? Peut-être. Néanmoins cet agrégé d’économie entré dans la politique ne manque pas de saveur quand il a dit ceci : « Si j’arrive à organiser une réunion avec le secrétaire général du FPI (Ndlr : Affi N’Guessan, qui est aux arrêts) et que décision est prise d’entrer dans un gouvernement d’union, j’aviserai.

Mais ma propre conviction est que l’Afrique n’a pas besoin de gouvernement d’union. Lorsqu’on va à une élection et qu’il y en a un qui gagne, ma philosophie est qu’il prenne l’entièreté du pouvoir et qu’il l’assume complètement pendant la durée de son mandat. La réconciliation n’a pas forcément besoin d’un gouvernement d’union. Il faut déjà renoncer à la vengeance justicière et permettre que l’opposition s’organise et ait le droit d’exister ». L’on peut donc tout reprocher à l’auteur de ces lignes sauf de dire qu’il n’a pas une certaine pertinence dans les propos.

C’est vrai que la réconciliation nationale doit être recherchée par tous les moyens. Cependant, il y a souvent des pactes qui vous perdent presque à jamais. En effet, sous nos cieux, beaucoup qui voulaient prospérer dans l’opposition se mordent aujourd’hui le doigt pour avoir participé à un gouvernement d’union nationale, de large rassemblement ou de réconciliation. Rejetés par la base pour avoir pactisé avec l’ennemi, ils ne savent plus finalement à quel saint se vouer.

Foi de Mamadou Coulibaly, le pouvoir gouverne, l’opposition s’oppose, et l’éthique politique est sauve. Mais comme les chemins de cette science qui n’est pas exacte sont insondables, attendons de voir quelle position vont adopter dans les mois suivants le FPI et ses bonzes.
© L'Observateur : Issa K. Barry

12:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)