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18/05/2011

Clash verbal entre Charles Konan Banny et Henri Hogbe Nlend Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 18/05/2011 (Auteur : autres)

( cameroonvoice.com ) Pas de chance pour l’ancien premier ministre ivoirien et ancien gouverneur de la BCEAO, Charles Konan Banny, récemment nommé par Allassane Ouattara à la tête de la Commission pour la réconciliation. Devant présenter ce jour un exposé sur le thème « L’Intégration monétaire » au colloque de Pax Africana, Charles Konan Banny a fait dériver le débat en y convoquant indéliquatement la crise ivoirienne. Manque de pot : Henry HOGBE NLEND, mathématicien camerounais, prix 'Nobel' des mathématiques, n’a pas raté l’occasion pour lui dire ses quatre vérités. Incident !

Tout était parti d’une démonstration du Togolais Kako Nouboukpo, professeur d’économie, chef du pôle Analyse et Recherche UEMOA, sur la servitude monétaire qu’est l’intégration dans l’espace UEMOA et la dépendance néo-coloniale que constitue le Franc CFA. Ce sur quoi, intervient le Camerounais pour demander s’il n’est pas possible et souhaitable de créer une monnaie africaine, en tout cas de libérer le CFA de la tutelle française. Il a cité notamment les travaux du Professeur Mamadou Coulibaly, l’économiste du FPI, sur le caractère délétère d’un CFA géré par le trésor public français et comment sortir de la zone Cfa.

Charles Konan Banny (photo), piqué au vif, commence à faire des critiques vives de Laurent Gbagbo et Mamadou Coulibaly. Ce dernier, président de l’Assemblée nationale et musulman du Nord mais anti-Ouattara notoire à ses heures, avait pris ses distances avec Gbagbo depuis deux ou trois ans, pour des raisons liées notamment aux erreurs politiques de l’ex-président ivoirien qui n’aurais jamais appliqué le programme du FPI.

« Celui que vous citez je le connais très bien et je lui ai dit qu’il est juste dans la théorie. D’ailleurs, ils ont tenté de créer dans les derniers mois de la crise une nouvelle monnaie : la monnaie de la résistance ivoirienne (MIR) et ils auraient même fait des tirages. Mais je ne sais à quoi pourrait servir une monnaie dans leur situation. Ceux-là, ils ont même attaqué l’Agence de la BCEAO à Abidjan et ont mis la main sur 300 milliards Cfa », disait M. Konan Banny quand il a été interrompu par le Professeur HOGBE NLEND, un ancien de l’UPC (Union des populations du Cameroun).

« Je ne vous demande pas de nous parler de la crise ivoirienne. Je suis pour Gbagbo, vous êtes pour Ouattara, ça s’arrête là-bas, ce n’est pas ce qui nous occupe ici. Si vous voulez parler de ça, on va foutre en l’air le colloque », a répliqué sèchement HOGBE NLEND.

Il a fallu toute la diplomatie d’Edem KODJO pour mettre fin à cette joute verbale qui devenait dangereuse pour les travaux. M. Banny n’est pas à sa première incartade de la journée. Il s’en est pris au jeune Kako Nouboukpo dont il a dit qu’il était hors-sujet et il a fallu là aussi toute la diplomatie d’Edem KODJO pour faire taire le jeune Togolais qui tenait à avoir son droit légitime de réponse.

Le matin déjà, M. Thabo MBEKI, avait fait remarquer à Konan Banny, qui défendait bec et ongle le CFA, que l’UEMOA est un instrument néocolonial et le CFA une monnaie coloniale. Il lui a dit que l’objectif du colloque est de trouver une solution africaine aux problèmes africains.



Modifié le 18.05.2011 à 10:55

17:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Côte d`Ivoire : des leaders pro-Gbagbo appellent à la réconciliation xinhua

Des leaders de la galaxie patriotique (jeunesse pro-Gbagbo) ont lancé mardi à Abidjan un appel à la réconciliation et au respect des nouvelles autorités ivoiriennes.

Lors d`un meeting à Yopougon (quartier pro-Gbagbo), ceux-ci ont demandé à leurs camarades de cesser définitivement les violences et ont exhorté les Ivoiriens au pardon.

"Il est temps de tourner la page. Ce qui est passé est passé. Le sang a trop coulé et nous devons nous pardonner les uns les autres", a plaidé le chef d`une milice pro-Gbagbo, Maguy le Tocard.

"Le nouveau président de la République est Alassane Ouattara. C`est un homme tolérant et nous demandons qu`il agisse dans le sens de cette tolérance. Pour notre part, nous devons nous engager à respecter les autorités en place pour le bien de notre pays", a énoncé pour sa part Elie Haliassou, responsable d`un mouvement de jeunesse pro-Gbagbo. Le représentant du gouvernement Ouattara, Sidiki Konaté, a invité les jeunes à éviter de se faire justice et à s`inscrire dans la ligne de la cohésion sociale.

L`un des officiers responsables des forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI, force pro-Ouattara), le commandant Cherif Ousmane, a profité du meeting pour lancer un ultime appel aux jeunes en possession d`armes, afin que ceux-ci les déposent auprès des autorités militaires compétentes.

Le meeting baptisé "meeting de la réconciliation" a vu la participation de la jeunesse des forces nouvelles (ex-rébellion armée), en plus des ex miliciens pro-Gbagbo et des leaders de la jeunesse patriotique.

Plusieurs centaines de jeunes de divers bords politiques ont pris part à ce rassemblement qui selon des observateurs, annonce les couleurs de la réconciliation nationale que le gouvernement Ouattara appelle de tous ses voeux.

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16/05/2011

Des vidéos pornos découvertes dans la cache pakistanaise d'Oussama Ben Laden

C'est à ce jour la trouvaille la plus étonnante réalisée par le commando qui a éliminé le chef d'al-Qaida.

Un important lot de vidéos à caractère pornographique a été découvert dans la cache pakistanaise d'Oussama Ben Laden par les forces spéciales américaines lors du raid du 2 mai qui a permis d'éliminer le chef d'al-Qaida, ont révélé, vendredi, des responsables américains. Ce matériel, retrouvé dans la villa d'Abbottabad, paisible ville de garnison située à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Islamabad, comprend des enregistrements vidéo électroniques modernes, ont confié à l'agence Reuters ces responsables sous le couvert de l'anonymat.

On ignore pour le moment où se trouvaient exactement ces enregistrements et qui les visionnait. Les autorités disent également ignorer si l'ex-ennemi public numéro un des États-Unis en était personnellement l'acquéreur et s'il les avait regardés. Selon des informations en provenance d'Abbottabad, le complexe dans lequel vivait Oussama Ben Laden en compagnie de trois épouses et de nombreux enfants était dépourvu de connexion internet. Néanmoins, il était équipé d'un écran de télévision et de matériel d'enregistrement et de lecture.

Une mine d'or



Ce n'est pas la première découverte faite dans la cache de Ben Laden. Lors de l'assaut, Oussama Ben Laden avait 740 dollars en liquide sur lui (soit environ 500 euros), et deux numéros de téléphone soigneusement conservés dans ses poches. Des éléments suffisants, aux yeux de l'intelligence américaine, pour en déduire que le chef d'al-Qaida était prêt à fuir à tout moment en cas d'attaque de sa résidence.

Mais ce n'est pas tout. Avant de quitter la résidence d'Abbottabad, le commando américain qui venait d'éliminer l'homme le plus recherché du monde a pris soin d'emporter tout ce qui pouvait constituer une source de renseignements. Une dizaine d'ordinateurs et de disques durs et une centaine de CD, DVD et clés USB ont ainsi été retrouvés dans la maison qu'il occupait. La quantité est "impressionnante", a reconnu le directeur de la CIA Leon Panetta. La CIA s'est d'ailleurs empressée de constituer un groupe de travail ad hoc, rassemblant diverses agences gouvernementales et de justice, pour "faire parler" ces ordinateurs et exploiter les milliers de documents qu'ils sont susceptibles de contenir. Une mine d'or.




© Source : Le Point.fr

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13:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Des diplomates annoncent la mort de Blé Goudé

Des sources diplomatiques et militaires à Abidjan affirment que Charles Blé Goudé a été tué. Le leader des Jeunes patriotes pro-Gbagbo aurait été enterré dans un lieu tenu secret.

«On n’entendra plus jamais parler de Charles Blé Goudé.» Cette confidence d’un colonel ouest-africain, en poste à l’Opération des Nations unies en Côte d`Ivoire (Onuci), sonne comme une messe de requiem pour le leader des Jeunes patriotes, fidèle parmi les fidèles de Laurent Gbagbo. Le «général de la rue», tombé entre les mains des Forces pro-Ouattara après l`arrestation de Gbagbo le 11 avril 2011, aurait été torturé à mort et enterré dans un lieu tenu secret. Une information confirmée par un diplomate de l’Onuci qui a requis l’anonymat:

«Dès qu’il est tombé entre leurs mains, les FRCI [Forces républicaines de Côte d`Ivoire, ndlr] se sont particulièrement acharnées sur lui. Ils l’ont littéralement massacré.»

Ces révélations corroborent les rumeurs insistantes et inquiétantes qui avaient circulé au sujet de Blé Goudé après la chute de son mentor. L’on avait noté alors un cafouillage en règle dans le camp des pro-Ouattara. Patrick Achi, porte-parole du gouvernement, avait déclaré à la presse que Blé Goudé avait été «appréhendé» et qu’il se trouvait en «résidence surveillée», mais il s’était rétracté peu après.

Alain Toussaint, conseiller de Laurent Gbagbo à Paris, avait déclaré après sa capture: «Charles Blé Goudé est entre la vie et la mort.» «Il a été arrêté par l’Onuci et cette dernière l’a remis aux forces d’Alassane Ouattara», avait-t-il déclaré à Reuters à Paris.

Si cette mort venait à être confirmée, elle n’étonnerait pas grand monde. Charles Blé Goudé était depuis longtemps une cible et ne se déplaçait qu’avec une armada de gardes du corps. D’autres farouches partisans de Gbagbo, dont on n’aurait pas donné cher de la peau, ont pu eux échapper à la vindicte des FRCI. C’est le cas notamment du général Bruno Dogbo Blé, chef de la garde républicaine dont les troupes sont accusées d’avoir commis plusieurs exactions sur les populations civiles, et notamment le meurtre de six femmes après une marche de partisans d’Alassane Ouattara. De même, le chef des miliciens pro-Gbagbo «Maguy-le-tocard», capturé par des éléments du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, avait eu la vie sauve.

Syndicaliste et tribun de choc

Né le 1er janvier 1972 à Niagbrahio, dans le centre-ouest de la Côte d`Ivoire, Charles Blé Goudé était une des figures de proue de l’ancien régime.

Après avoir obtenu son baccalauréat en 1991, il entre à l’Université d’Abidjan où il milite activement à la fameuse Fédération des étudiants et scolaires de Côte d`Ivoire (Fesci), matrice syndicale de bon nombre de leaders ivoiriens dont un certain… Guillaume Soro aujourd`hui Premier ministre d`Alassane Ouattara. Très entreprenant, Blé Goudé occupe des postes à différents niveaux. En 1996, il devient le Secrétaire national à l`organisation au bureau national, et en 1998 succède à Soro en tant que Secrétaire général de la Fesci pour un mandat de deux ans. Adepte des méthodes musclées, il «règne» par la terreur à la Fesci en introduisant les machettes dans le campus universitaire.

Après l’insurrection militaire nordiste du 19 septembre 2002, il fonde l`Alliance des jeunes patriotes pour le sursaut national. Une organisation nationaliste qui sera le fer de lance des manifestations anti-françaises qui feront plusieurs dizaines de morts. «Si c`est gâté, à chacun son blanc», avait-il lancé à ses jeunes partisans.

Tribun hors pair, Blé Goudé était devenu un des piliers du régime. Le «général de la rue», avec ses petites phrases choc, pouvait faire descendre dans la rue des milliers de partisans de Gbagbo chauffés à blanc par ses discours incendiaires.

Barka Ba

http://www.slateafrique.com/2025/diplomates-annoncent-mort-de-ble-goude

13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

13/05/2011

Plusieurs sources confirment que Charles Blé Goudé

, le leader des Jeunes Patriotes de Laurent Gbagbo serait décédé après avoir été torturé par les FRCI (Forces Républicaine de Côte d’Ivoire de Ouattara). Il serait enterré dans un lieu tenu secret rapporte Slateafrique sur la base d’un témoignage d’un diplomate de l’Onuci. Surnommé le "général de la rue", Charles Blé Goudé est à l’origine des violentes manifestations anti-françaises de 2003 et 2004 dans les rues d’Abidjan.

AFRIK.COM

11:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Libye:Kadhafi abandonné par sa cour

Le guide refait surface ! Après un moment de mutisme, Mouammar El Kadhafi a fait une apparition publique sur la première chaîne de télé libyenne. Naturellement, la question se pose de savoir si ce sont des images d’actualité, car il peut bien s’agir d’archives filmées. Pourtant, par ces temps qui courent, s’il y a quelqu’un qui doit bien faire attention à ses déplacements, même étant chez lui, c’est bien le guide.

Parce que sa vie ressemble fort étrangement à celle d’une bête traquée dans les moindres recoins de sa Libye natale. On a encore en mémoire l’attentat de la nuit du 30 avril au 1er mai auquel il a échappé alors que sa villa subissait le bombardement des forces de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique-Nord).

Il venait à peine d’allumer un ses téléphones portables lorsqu’il a été localisé par l’état-major de l’OTAN. Comme par extraordinaire, si lui est sorti indemne, l’un de ses fils, Seif al-Arab, sa belle-fille et 3 de ses petits-enfants y ont perdu la vie. Il ne faut pas non plus perdre de vu le drame intérieur qui doit s’être noué en lui depuis ces moments-là. Quelle tristesse !

A présent, on imagine à peu près la gymnastique qu’il doit faire pour fuir les drones de la coalition, et si ça se trouve, il ne passe pas plus d’une petite heure au même endroit. Pourtant quand les Occidentaux ont pris la résolution de soutenir les insurgés de Benghazi, précisément en anéantissant l’artillerie lourde de Tripoli afin d’empêcher le massacre des civils, il n’était pas question d’attenter à la vie du bédouin de la Jamahiriya arabe libyenne.

A l’heure actuelle, tout porte à croire que ce mandat a insidieusement glissé vers la volonté d’assassinat du guide. Les Occidentaux ont beau dire que ce plan d’élimination n’est pas inscrit dans leur projet funeste, ça crève les yeux que c’est le cas présentement. Il n’y a pas de doute qu’ils le préfèrent en fait mort que vif.

Ce qui est anodin dans l’apparition publique du guide la révolution El Fateh, c’est qu’elle coïncide avec la reprise de Misrata par les rebelles, notamment l’aéroport de ladite ville. C’est donc une sortie médiatique pour remobiliser ses troupes pour qu’elles ne cèdent pas de terrain à l’ennemie.

Kadhafi a beau ne pas être le plus démocrate du monde et ça, c’est un euphémisme, il est des moments où il mérite qu’on le plaigne : voici quelqu’un qui est traqué et qui est lâché par ceux qui étaient, il n’y a pas encore longtemps, ses amis pour ne pas dire ses courtisans ; des gens dont ils arrondissaient les fins du mois, qu’il aidait à sortir du pétrin.

Mais personne, pas le moindre rat, n’élève la voix pour simuler une petite condamnation de la dérive que sont en train de prendre les frappes aériennes de la coalition, ne serait-ce qu’une déclaration de principe. On le plaint d’autant plus qu’il y a le tueur en série, pardon, en Syrie qui n’arrête pas de trucider ses opposants. Quand lui il rate sa cible, c’est au moins 50 morts. Et jusque-là, l’OTAN ne ressent pas la nécessité d’y aller protéger les civils. Deux poids, deux mesures.

Au point où la coalition en est, elle finira par avoir la peau de la bête ; c’est évident. Reste à savoir si son assassinat va résoudre le problème. On peut émettre plusieurs hypothèses à cet effet : soit Kadhafi meurt et ses enfants ainsi que ses lieutenants décident de se rendre parce que le parrain n’est plus, soit ils se résolvent à tenir ne serait-ce que Tripoli.

La 3e voie, c’est qu’on peut courir le risque de voir une somalisation du pays, c’est-à-dire la transformation du pays en un non-Etat divisé entre mille et une bandes rivales plus ou moins criminelles qui s’entredéchirent. Et ce serait le chaos pour tout le monde, à commencer par ceux qui auront occasionné une telle situation : les Occidentaux réunis au sein de la Coalition.
© L'Observateur : Kader Traoré

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12/05/2011

BURKINA FASO : Après la Côte-d’Ivoire, le Burkina ?

Les ingrédients sont rassemblés et les prémices sont déjà visibles. Un Burkina dans un chaos total, à l'image de celui de la Côte d'Ivoire, nous guette. Les courtisans du régime ont endormi la vigilance de leurs maîtres, nécessaire à l'établissement d'un climat de vraie paix. Que n'a-t-on entendu ? "Le Burkina n'est pas à comparer avec tel ou tel pays", "les troubles qui surviennent dans les autres pays ne peuvent pas arriver au Burkina" ou encore "nous sommes un pays de paix".

Pourtant, les récents évènements nous révèlent que nous vivons dans une précarité, qui ne pourra pas s'accommoder plus longtemps de semblants de solutions apportées à la sauvette. La paix n'est jamais totalement acquise. Elle se construit au jour le jour et il faut savoir distinguer la vraie paix de celle que le Pr Joseph Ki-Zerbo a appelé "a paix de cimetière". Presque à chaque saison, des conflits entrainant des morts d'hommes avec actes de représailles sont signalés entre agriculteurs et éleveurs au sujet de la gestion de l'espace. Presque à chaque fois on parvient à imposer le calme grâce à l'intervention, à coups de matraques, des CRS sans pour autant résoudre véritablement le problème.

En ville comme en campagne, la question de la propriété terrienne ou de la gestion des parcelles d'habitation suscite toujours des troubles. Le règlement de ces problèmes, très souvent à la césarienne, divise des habitants d'une même localité et crée des tensions qui couvent dangereusement. Il n'est plus rare d'entendre que pour la désignation d'un leader religieux ou bien pour la construction d'un lieu de culte, des protagonistes se sont affrontés jusqu'à la mort. Toutes ces tensions demeurent sans solutions définitives et restent des bombes à retardement.

Sur le lit de l'injustice, des tâtonnements face aux problèmes sérieux, de la corruption, de l'impunité et de l'absence de recours fiables pour la plupart des citoyens, se sont développés un sentiment de frustration et un désir de se faire justice à soi-même. Nous en sommes presque à la rupture du contrat social. Le sentiment de rejet de l'autre existe déjà dans beaucoup d'esprits. Un danger réel guette le Burkina à l'image de ce que d'autres pays ont connu. Dans ce Burkina de "paix", certaines personnes qualifient leurs compatriotes "d'étrangers" et les chassent au motif qu'ils seraient la source de problèmes locaux. A Boussé, environ cinquante kilomètres de Ouagadougou, des élèves burkinabè se sont vus ainsi traités parce qu'ils n'étaient pas natifs de la localité. Actuellement, dans plusieurs lieux du pays, des témoignages font cas de la formation de milices armées de gourdins, dirigées contre les manifestants.

A Ouagadougou, des lots de gourdins achetés par des personnes opposées aux marches ont été aperçus aux mains de miliciens prêts à les utiliser face aux élèves et étudiants. Par ailleurs, lorsque des commerçants, dans leurs manifestations de colère face aux saccages de leurs biens par les militaires, s'en sont pris au siège du CDP [parti au pouvoir] et à des symboles de l'Etat, on a constaté des répliques visant les sièges de partis d'opposition. Le Burkina, est, dans ce contexte "un produit hautement inflammable" et la moindre étincelle peut être fatale.

Dès maintenant, le Président, qui se dit disposé à écouter la volonté du peuple et la suivre devrait annoncer sa renonciation au pouvoir en 2015. Il n'est pas besoin de consultation particulière pour savoir que le respect de la limitation des mandats présidentiels fait partie de la volonté du peuple aujourd'hui. C'est maintenant qu'il faut désamorcer la bombe qui a enclenché son compte à rebours.
© AFP : Des partisans de l'opposition burkinabè manifestent le 30 avril 2011 à Ouagadougou.

10:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)