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04/05/2011

D'ou vient le gbagboisme et quel espoir ?



J'écris cette note en réponse à celle d'un ami qui a titré sa note comme suit "Le gbagboisme, maladie infantile du mouvement démocratique camerounais". J'essaye d'expliquer les sources de ce gbagboisme et de dépersonnaliser le débat sur la crise ivoirienne.

Patrice, ton analyse est pertinente, je dirai même brillante et je souscris à ce que tu présentes comme étant les dangers du « gbagboisme infantile » sur beaucoup de points. L’émotion improductive que génère non seulement le « gbagboisme » mais aussi le «ouattaraisme » me semble déraisonnée. En tout cas ce serait surprenant qu’il y ait de la raison dans l’émotion. Quand Michael Jackson chantait, ou quand Mohammed Ali combattait contre Georges Foreman, il y avait des gens qui criaient, d’autres qui tombaient évanouie et certains qui observaient, peut pas sans émotion, mais qui gardaient la tête sur les épaules jusqu'à la fin afin d’analyser et en tirer les leçons. C’est ce qui se passe aujourd’hui dans cette affaire Ivoirienne. Je veux revenir sur certaines idées qui me semblent dans ton post.

Ce qui m’a l’air un peu incongrue dans cette affaire ivoirienne, c’est qu’aujourd’hui on une tendance assez facile à faire fi des faits que nous avons tous observés en CI et à avancer rapidement dans la condamnation de Laurent Gbagbo (LG) puisqu’il en est sorti « perdant ». C’est peut-être une réaction instinctive et humaine de remettre les choses en question lorsque tout tourne mal. J’ai même vu certains, après le tremblement de terre de mars au Japon, lorsque le réchauffement des centrales nucléaires menaçait la vie des civils, questionner les décisions du gouvernement japonais sur sa politique nucléaire qui pourtant dans les années 70 étaient louable parce qu’elle devait comble le déficit énergétique de ce pays. Ce nous devons ajouter a la froideur de nos analyses c’est la capacité à évaluer la pertinence des actes selon le contexte dans lesquels ils ont été posés et par la suite d’en tirer les conclusions

Je veux orienter la discussion non pas sur les qualités de démocrate ou de dictateur des acteurs de cette crise mais dans un tout autre sens basé sur des faits postélectoraux qui peuvent être la cause de ce Gbagboisme mal maîtrisé. Je vais supposer que LG a perdu les élections, bien que rien ne le prouve pour moi (rien ne prouve le contraire non plus), même pas la prise de position de l’ONU, ni les félicitations empressées de Barack Obama, ni même celle de l’UE (je ne parle de l’UA, car je ne sais à quoi sert ce « machin ») . Il faut le reconnaître toutes ces prises de position ont été pour la plus part prématurées. Le bon sens aurait voulu que Mr Choi et l’ONUCI dont la prise de position a donné un bon argument d’alignement à la « communauté internationale » joue vraiment se rôle d’arbitrage au moment critique ou la proclamation des résultats commençait à créer la fracture entre les deux parties. Dans un match de tennis lorsqu’un jour n’est pas convaincu d’une décision de l’arbitre il peut faire appel à la vidéo et l’arbitre aussi peut changer de décision après observation de la vidéo. Ces prises de position au moment le moins indiqué, et le refus de relativiser ont été pour moi le déclencheur de ce combat où personne n’entendait jeter l’éponge. La lutte a d’abord été médiatique et je pense que c’est en ce moment la que le Gbagboisme est commencé à naître, et je pense que c’est important de s’en rendre compte. Face à la manipulation exécrable de l’information par la « communauté internationale », LG a opposé une information tout aussi manipulée de la RTI . L’ambiguïté des informations venues des deux sources et passées au crible de leur analyse personnelle a permis à plusieurs de réaliser qu’il y avait une supercherie visiblement orchestrée par la France, ce qui a conduit à la transformation en beaucoup , du complexe d’ex- ou de néo-colonisé en « Gbagboisme infantile ». Mais il faut noter qu’une grande majorité de ceux qui supportaient LG dans ce combat ne le faisait pas pour la personne de LG, mais par opposition à cette injustice criarde qui se pratiquait ; à cette volonté d’imposer une solution en brandissant la démocratie et la protection des civils pourtant dans le fond ce n’était que du « pipeau » pour parler comme quelqu’un.

Mandela lui-même le disait dans ses mémoires pour justifier l’armement de l’ANC qu’il a du envisage a certain moment de son combat et pour expliquer certains actes terroriste que son parti a posé pendant l’apartheid « c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui choisit la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’a pas d’autre choix que de répondre par la violence ». On ne parle pas beaucoup de ça lorsqu’on évoque l’histoire de Mandela, c’est pour cela qu’il a pris l’image du leader parfait, sans erreurs dans nos esprits. Je n’ai pas l’intention de comparer LG à Mandela, mais je le dis simplement pour illustrer le fait que dans un combat quelque fois on est amené à prendre des décisions difficiles qui dans l’absolu ne serait pas bonnes, mais qui en philosophie politique seraient relativement acceptable. Le réalisme politique à pousser LG à utiliser les moyens de luttes qui lui était imposés. Je ne pense pas que la vie des jeunes patriotes qu’il a utilisé en bouclier humains n’avait pas de prix à ses yeux, tout autant que je crois que la vie de tous les partisans de Um Nyobe qui ont été liquidés en 1958 avant que l’armée française ne mette la main sur lui n’avait pas du prix à ses yeux. Il me semble que ce à quoi LG n’a pas pense c’est que l’ONU et la France qui brandissait la protection des civiles comme étant la raison de leur intervention et a qui, on pouvait donc attribuer le crédit d’un grand respect pour la vie, LG disais-je, n’a pas pensé que cette même ONU viendrait bombarder la résidence du président d’un pays avec des centaines de jeunes civils tout autour. Mon analyse est que le cessez le feu qu’il a demandé, la présence du bouclier humain étaient la stratégie de LG pour pousser ses adversaires à la table de négociation. Je suis conforté dans cette position par le fait que les assauts des forces de Ouattara après le cessez le feu ont été repoussés plusieurs fois avec succès par les forces de LG. En considérant que toutes les parties accorderaient du prix à la vie humaine, il n’y avait que 2 issues en ce moment : soit Ouattara négociait, soit ses forces se faisaient battre et c’était terminé. La France et l’ONU ont compris cela assez rapidement, ont mis sur le du camp Gbagbo l’attaque de l’hôtel du golfe et de la résidence de l’ambassadeur français pour se donner une nouvelle raison d’attaquer. Ils ont décidé de verser tout le sang qu’il fallait pour installer Ouattara et ceci n’a contribué qu’à faire grandir la flamme du « gbagboisme ».

Moi je pense que LG avait à faire cette résistance et là, je parle comme une femme cocue et qui sait qu’elle l’est. Elle a beau avoir conscience d’être cocue, mais le jour où elle voie son marie avec l’une de ces filles avec qui il la trompe, elle est révoltée est poussée à l’action. Comme pour dire qu’on a beau avoir conscience d’être sous le joug de la France, mais d’être victime de la manifestation de cette domination en direct, en ayant les moyens de faire quelque chose et ne rien faire me semble défaitiste et propice à l’emprisonnement définitif de l’Afrique. On peut y voir une exagération, mais je dirai même que LG a relativement bien menée sa résistance jusqu'à la dernière minute, certes au prix de beaucoup de vie humaine, mais est-ce évitable dans de telles circonstances ? Combien de personnes sont mortes dans le putsch qui a mené Sankara au pouvoir ?Peut-être pas autant. Combien sont mortes sous le règne de Sékou Toure ?Je pense beaucoup. Je prends l’exemple de ceux qui sont communément accepté comme grand leaders Africains pour dire que même si ça avait été Sankara – l’homme intègre- à la place de LG dans les mêmes circonstances il y aurait eu du sang versé. Certains me diront peut-être que Sankara ne se serait jamais mis dans une telle situation. En cela je suis d’accord et c’est pour cela que sur beaucoup de plan je blâme LG. Il a fait de grosses erreurs dont la première pour moi était même d’aller aux élections malgré l’opposition de son épouse. Peut-être ne supportait –il plus les accusations parfois fondées et parfois pas, qu’on lui faisait de vouloir rester indéfiniment au pouvoir. Il fallait respecter les accords signés, il a reçu toute la pression qu’il fallait pour respecter ses engagements pendant que l’ONUCI et Ouattara ne respectait pas les leurs (désarmement). On a plutôt l’impression que les rebelles on été nouvellement armés. Pour être l’homme de la situation il aurait du respecter ce principe fondamental « do the right thing, for the right reason, at the right time,with the right people for the right results” .Pour moi le bonne chose aurait été de mener son combat en amont de résister et de ne pas aller aux élections, de montrer que les engagements pris dans les multiples accords signés n’étaient pas totalement respectés et de montrer le risques qu’une élection présenterait dans un tel contexte. S’il avait adopté cette attitude on serait sûrement en train de critiquer sa volonté de vouloir rester au pouvoir sans mandat, mais on ne serait pas en même temps en train de dénombrer les cadavres dans les rues des villes ivoiriennes. Mais que ce soit clair, on ne saurait lui attribuer à lui seul la responsabilité de tout le sang versé.

Pour chuter, je dirai que le gbagboisme émotionnel et infantile que nous déplorons n’est en fait qu’un accouchement prématuré par l’esprit de certains, suite à la gestation des idées et des événements vus, entendus et conçus ces derniers mois. Pour positiver un peu , je dirai que toutes ces images, toutes ces idées et toutes ces informations subissent encore leur cycle de gestation dans plusieurs esprits et mon espoir est qu’il puisse en résulter d’autres mots en «isme» comme le patriotisme , le nationalisme qui vont grandir dans la conscience collective africaine vont pousser les jeunes africains à l’engagement politique et aux actions intelligentes qui nous conduiront à l’indépendance totale et la construction durable de nos pays et de notre continent.


Stanislas G. Bianou. Réponse au texte de Patrice Nganang publié dans le quotidien le jour édition N0 921 du mercredi 20 avril 2011.

12:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

03/05/2011

Les zones d`ombre autour de la mort de Ben Laden



Pourquoi aucune photo du cadavre de Ben Laden n`a été dévoilée au public? Le Pakistan l`a-t-il protégé ? Les États-Unis avaient-ils prévu de le tuer? Retour sur les principales interrogations après la mort du leader d`al-Qaida.

• Ben Laden a-t-il été protégé par le Pakistan?
Comment Ben Laden a-t-il pu vivre dans un complexe sécurisé situé à quelques encablures d`une académie militaire formant de haut-officiers de l`armée pakistanaise ? Au lendemain de la mort du leader d`al-Qaida, la question d`une possible complicité du Pakistan est centrale.

Dans une tribune publiée dans le Washington Post, le président du Pakistan, Asif Ali Zardani défend son pays. «Nous avons pris notre part du travail» dans l`arrestation de Ben Laden, écrit-il. «Il n`était jamais là où nous avions prévu qu`il serait, mais maintenant il est parti.»

L`ambassadeur pakistanais aux États-Unis a annoncé qu`une «enquête complète» allait être lancée. «Il est évident que Ben Laden disposait d`un réseau de soutien. Toute la question est de savoir si ce réseau se trouvait au sein du gouvernement, de l`Etat pakistanais ou de la société pakistanaise», a expliqué Hussain Haqqani sur la chaîne CNN.

Pour Christophe Jaffrelot, chercheur au CNRS,«cet épisode nous montre à quel point le Pakistan est impliqué dans les réseaux islamistes», a-t-il affirmé sur France Inter. Certaines théories affirment que le Pakistan aurait «lâché» Ben Laden pour que les États-Unis quittent plus vite l`Afghanistan. Ainsi, le Pakistan aurait les mains libres pour étendre son influence dans le pays.




• Les États-Unis avaient-ils prévu de tuer Ben Laden durant l`opération?
Lors de son discours annonçant la mort du leader d`al-Qaida, le président Barack Obama a affirmé avoir «autorisé une opération destinée à capturer Oussama Ben Laden et à le présenter devant la justice». La réalité est bien plus nuancée. Selon différents responsables de la sécurité nationale américaine, l`opération prévoyait bel et bien la mort de Ben Laden s`il opposait une résistance. «Il s`agissait d`une opération pour tuer. Mais s`il avait sorti le drapeau blanc pour se rendre, il aurait été capturé vivant», explique un officiel américain.

John Brennan, le conseiller de Barack Obama sur l`antiterrorisme, a confirmé cette version au New York Times. «Si nous avions eu la possibilité de capturer Ben Laben vivant, s`il n`avait pas présenté de danger, les membres du commando étaient capables de l`appréhender». Mais l`hypothèse d`un Ben Laden se rendant sans difficulté aux Américains apparaissait hautement improbable lors de la préparation de l`opération.

• Pourquoi aucune photo du cadavre n`a été diffusée par les autorités américaines?
Officiellement, les autorités américaines hésitent à rendre publiques les photos de la dépouille de Ben Laden car les images seraient difficiles à voir. Selon un membre du Congrès, le visage du commanditaire du 11-Septembre serait cruellement défiguré et les chaînes de télévision pourraient craindre de choquer leur audience. D`après le présentateur du JT d`ABC Jeffrey Schneider, il serait néanmoins possible de montrer la photo à une distance suffisante pour ne pas heurter le public.

Autre argument avancé par le député républicain Mike Ogers, qui préside la commission sur les renseignements américains : «Nous voulons être sûrs de préserver la dignité d`Oussama Ben Laden, afin d`éviter de créer des incidents dans le monde.» Néanmoins, Joe Lieberman et Susan Collins, membres du Comité du Sénat sur les questions de sécurité intérieure, ont affirmé que le gouvernement devrait rendre publiques les photographies afin de faire taire les sceptiques. «Certains vont faire croire qu`il est toujours vivant. Nous pouvons l`éviter en publiant des photos, des vidéos ou bien le résultat du test ADN», estime Susan Collins.

• D`où vient la fausse photo du cadavre diffusée par les médias?
Le photomontage, associant le visage de Ben Laden avec celui d`un véritable cadavre, a été diffusé lundi par la chaîne de télévision pakistanaise Geo TV, avant d`être reprise par des télévisions et des sites du monde entier. Si l`auteur du montage n`est pas encore connu,
cette image avait déjà circulé à plusieurs reprises sur Internet au cours des dernières années.

La première trace du montage remonte au 6 novembre 2010. La photo apparaît dans un billet publié sur le blog d`un soldat américain à la retraite. Il affirmait dans son billet que Ben Ladent était mort depuis décembre 2001 et s`interrogeait sur l`intérêt politique de cacher cette information au grand public. L`image et l`argumentaire sont repris en avril 2011 sur un blog français.

Mais la chaîne pakistanaise Geo TV n`a pas expliqué comment le photomontage est tombé entre ses mains.

• Pourquoi les États-Unis ont-ils choisi l`immersion du corps de Ben Laden?
Après avoir été enlevé du complexe sécurisé par les forces spéciales américaines, le corps de Ben Laden a été immergé en mer d`Oman. Les autorités américaines affirment avoir respecté les règles de l`islam, en lavant le corps et en l`enveloppant d`un linceul blanc. Le cadavre fut ensuite placé dans un sac lesté, et descendu en mer à l`aide d`un des ponts élévateurs du navire après qu`un officier a lu des paroles religieuses qui ont été traduites en arabe par un interprète.

Selon des hauts responsables américains, l`immersion a été choisie pour deux raisons. La principale est d`éviter de créer une tombe qui aurait pu se transformer en lieu de pélerinage pour les jihadistes. La seconde est qu`il aurait fallu trop de temps avant de trouver un pays qui accepte d`enterrer le corps, alors que le rite musulman exige que les cadavres soient inhumés en moins de 24 heures.

Le choix de l`immersion fait néanmoins débat au sein des autorités musulmanes. Cette initiative «est en contradiction avec l`ensemble des valeurs religieuses et du droit humain», affirme la mosquée de l`université d`Al Azhar, au Caire, considérée comme la plus haute autorité de l`islam sunnite. «On doit honorer les morts en les inhumant». A contrario, la direction du Conseil pour les relations américano-islamique (CAIR), la plus importante organisation représentative des musulmans aux États-Unis, a affirmé que l`immersion n`était qu`un «détail anecdotique».

• La torture a-t-elle été utilisée pour obtenir des informations ?
Les États-Unis ont retrouvé la trace de Ben Laden en apprenant l`existence d`un messager auprès de qui il se trouvait certainement car il avait une entière confiance en lui. Cette information a été dévoilée par Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, selon un ancien responsable de la sécurité nationale américaine.

Or, Khalid Sheikh Mohammed a subi 183 fois la pratique du «waterboarding», qui consiste à plonger la tête d`un prisonnier dans l`eau pour simuler la noyade et lui extorquer des informations. Paul Wolfowitz, ancien secrétaire adjoint à la Défense sous George W. Bush, s`est empressé de souligner l`efficacité de ces «politiques controversées» que Barack Obama a interdit lors de son entrée en fonction en 2009.

D`anciens responsables de l`antiterrorisme américains doutent cependant que le pseudonyme du messager de Ben Laden soit apparu lors d`une séance de waterboarding. Cette information a été dévoilée par Khalid Sheikh Mohammed en 2004, alors que la CIA avait cessé la pratique en 2003. Selon un autre responsable, Khalid Sheikh Mohammed n`a plus subi de waterboarding après 2003, mais il a continué à livrer des informations pendant trois ans. Néanmoins, si la CIA a arrêté le waterboarding, elle a continué à utiliser des techniques d`interrogatoire brutales, a précisé ce responsable.

Selon des documents secrets dévoilés par Barack Obama en 2009, la CIA avait recours jusqu`en 2005 à l`humiliation, la privation de sommeil, les coups au visage et au ventre, les douches d`eau glacées, le confinement dans des espaces restreints ou l`alteration de la nourriture. Ces pratiques ont depuis été interdites par le président américain.

http://www.lefigaro.fr/international/2011/05/03/01003-20110503ARTFIG00471-les-zones-d-ombre-autour-de-la-mort-de-ben-laden.php

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02/05/2011

Le president Gbagbo a t´il vraiment donné l´ interview suivante ?

Nous vous proposons en exclusivité la première interview du président LAURENT GBAGBO après son arrestation. Genève, 24 avril 2011 22h41, nous recevons un sms d`un numéro de portable ivoirien qui nous est inconnu. Il est écrit : "c`est Laurent Gbagbo. Appelez-moi si vous pouvez, c`est pas une blague". Après quelques minutes d`interrogation, nous appelons le numéro qui sonna finalement au bout d`une vingtaine de minutes. Ce qu`on croyait être une mauvaise blague s`avère être une heureuse surprise. Le président Laurent Gbagbo himself au bout du fil. Le scoop était énorme pour le petit monsieur que nous sommes devenus journaliste pour la circonstance. Après un instant de conversation off, le président accepte de nous accorder une interview. Celle-ci n`étant préparée, nous lui avons posés les questions à mesure qu`elles nous passaient par la tête.

NT : Comment allez-vous monsieur le président?
LG : Ça va... Et chez vous?
NT : Je vais bien, merci.
LG : Je voudrais avant tout m`incliner devant les dépouilles des victimes sans exclusive, et manifester ma compassion à tous ceux qui ont perdus un être cher pendant cette guerre absurde qu`aucun démocrate n`aurait permis. Que Dieu soit avec eux en ces moments difficiles. Soyons forts dans cette autre épreuve à nous imposée par l`adversaire. Il n`y rien qui soit qui n`ait pas de fin ici bas
NT : Pouvez-vous, pour le besoin de l`interview, nous expliquez, comment se fait-il que vous avez un téléphone alors que vous êtes sensés ne pas en disposer?
LG : Quelqu`un a du l`oublier ici. Je l`ai entendu sonner, je me suis gardé de répondre. Et puis voilà, l`idée m`est venue de contacter quelques personnes dont vous. (rires)
NT : Avez-vous une idée de votre lieu d`incarcération?
LG : Posez la question à ceux qui me tiennent prisonnier.
NT : Votre vie est-elle en danger?
LG : On a beau appréhender le danger, c`est celui qui vous l`apporte qui est déterminant dans son évaluation. Est-ce que celui qui me tient prisonnier ici est-il un homme dangereux? Seule la réponse à cette question vous situera.
NT : Vous a-t-on signifié le ou les chefs d`accusation justifiant de votre arrestation?
LG : Non. J`attends toujours de le savoir.
NT : Le premier ministre Soro dit que vous aurez pu éviter ce gâchis, j`emploie son propre terme, en acceptant l`exil doré.
LG : C`est vrai que nous aurions pus. Mais en acceptant uniquement le recomptage des voix. Au lieu de cela, ils ont malheureusement choisis la voie des armes par laquelle ils sont venus en 2002. Je ne suis pas rentré en politique pour le gout du luxe. Mais plutôt pour défendre mes idées que je trouve justes et bonnes pour mes compatriotes. Mes origines modestes font de moi quelqu`un de très peu attaché au confort royal. Si je me suis refusé à m`offrir un seul petit appartement en occident, ce n`est pas après mon exercice du pouvoir que l`envie me viendrait d`y aller vivre ! Je me sens mieux dans mon pays. Évitons donc de réduire l`africain au seul goût du luxe. La maison qu`ils ont aidés à détruire est la propriété de l`état de Cote d`Ivoire, tout comme son contenu qui aurait servi à tous ceux qui se succèderont à la tête de notre pays. Ce n`est pas moi qui l`ai construite et encore moins meublée.
NT : Que dites-vous de ces images humiliantes de vous qui ont faites le tour du monde?
LG : Vous savez, ce que vous appelez humiliation et moi avons peut-être en commun un chemin. (rires) Ce n`est pas la première fois que ma vie la croise. C`est d`ailleurs la deuxième fois, pour ceux qui l`ignorent, que Ouattara nous la sert, ma femme, mon fils et moi. Sauf que cette fois-ci il y a ajouté d`autres membres de ma famille, mes collaborateurs et mes partisans. Est-ce une manière pour lui de me remercier, moi, qui n`ai jamais voulu toucher à un seul de ses cheveux? Je n`en sais rien. (rire) C`est quand vous vous prenez pour mieux que tous que vous êtes malheureux d`être humilié. Honnêtement, je n`ai pas de problème avec ça. Personne ne me reprochera de n`avoir pas été moi-même au-delà de ma fonction de président de la république. Certains m`en voulaient de ne pas les regarder de haut. En avaient-ils besoin pour se sentir inférieur? Être président n`est pas une fin en soi. Un président de la république est un être humain comme vous et moi. Vouloir lui dénier cette qualité, c`est l`aider à se prendre pour ce qu`il n`est pas. Voici comment on construit un dictateur qui après vous terrorise.
NT : En face on vous accuse aussi d`avoir tué !
LG : Oui, j`entends les gens le dire. Ils auraient peut-être aimés qu`on ne se défende pas depuis 2002. Qui a introduit la violence en politique dans notre pays ? Quand vous armez des marcheurs qui attaquent les forces de l`ordre, il faut aussi accepter qu`il en meure quelques uns dans le maintient de l`ordre ! Les policiers, militaires et gendarmes égorgés souvent lâchement, est-ce de mon fait? La présente chasse ouverte à l`homme, les viols, les ivoiriens qui ont perdus leurs biens... c`est peut-être aussi moi ?! Soyons sérieux, et que les autres ne me voient pas dans leur miroir. Dire de Gbagbo qu`il est un dictateur n`empêchera pas nos compatriotes de nommer leur bourreau.
NT : Ne sentez-vous pas trahi par tous ces pasteurs qui vous entouraient?
LG : Ce serait simpliste que de croire qu`un président ne sait pas dissocier sa foi de sa fonction. Maintenant, si vous me demandez ai-je honte de ma croyance en Dieu, je vous répondrais non. Elle, au moins, m`a empêchée d`infliger ce que je subis à mes adversaires. Et j`en suis très heureux. Vous saurez un jour pourquoi.
NT : Pourquoi avoir acheté tant d`armes que vous n`avez pas utilisés contre les hélicoptères français pendant les bombardements de votre domicile?
LG : Parce que je n`étais pas en guerre contre la France. C`est peut-être à monsieur Sarkozy de nous expliquer pourquoi avons-nous eu droit à ce déluge de feu sur nos têtes. Pour un contentieux électoral? Ou bien pour tordre le coup à la démocratie? Dans mon entendement, l`armement ne doit pas à servir à faire la guerre, mais à dissuader l`ennemi. Je ne me reconnais pas comme un être violent, méchant, cruel, assassin. C`est pourquoi que j`ai plaidé pour le recomptage des voix qui aurait désigné le vrai vainqueur de l`élection, et l`aurait mis à l`aise dans l`exercice de son pouvoir. Mais à cela, ils ont préféré un coup d`état en bonne et due forme. La guerre n`est pas une bonne chose. On sait quand on la commence, mais on ignore quand elle prendra fin. Voyez ce qui continue de se passer à Abidjan.
NT : Reconnaissez-vous Ouattara comme président?
LG : je ne crois pas que cela l`aiderait.
NT : Il parle de son investiture à la mi-mai
LG : A sa place j`aurais assumé mon coup d`état. Quelqu`un qui joue à cache cache avec son ombre est dangereux pour lui-même. On est soit putschiste ou démocrate. Mais jamais les deux à la fois.
NT : Le premier ministre français François Fillon soutient qu`aucun soldat français n`est rentré à votre domicile.
LG : Je ne lui en veux pas de soutenir le contraire, il n`y était pas avec nous.
NT : Pouvez-nous faire le film de votre arrestation.
LG : permettez que je n`en dise pas un mot pour l`instant.
NT : N`était-ce pas suicidaire de défier la communauté internationale?
LG : penser ainsi voudrait dire qu`on est pour ne pas que les choses changent. J`ai plus peur de la population qui vous chasse par la rue, parce que vous êtes un dictateur corrompu, que du dictat des puissances impérialistes. J`ai certes perdu le pouvoir par le vœu de la France, une chose qui, de toute les façons, aurait été une réalité en fin de mon mandat. Mais je suis très heureux de ne pas être celui par qui mon pays sera pillé. Ceci est une des choses essentielles que je retiendrai de ma présidence.
NT : Feriez-vous la même chose si c`était à refaire ?
LG : Absolument. S`il y a une chose que je ne supporte pas c`est la soumission. Surtout quand elle engage la vie de tout un peuple. Mes convictions ne sont pas négociables. Tant pis si j`en paie le prix.
NT : Croyez-vous en la réconciliation prôné par Alassane Ouattara?
LG : C`est vrai qu`on dit du menteur qu`il se ment toujours à lui-même en premier. Mais il faut toujours faire l`effort de croire aux intentions des uns et des autres jusqu`au jour où ils vous démontrent le contraire. Ce que je constate par contre, c`est qu`il va falloir batailler pour y parvenir vu la grandeur de ce désastre jamais observée dans notre pays. De la barbarie des temps anciens. Les gens tués froidement ; des villages incendiés avec leurs populations réfugiées en brousse... C`est une méchanceté gratuite qui ne grandit pas son commanditaire.
NT : Avez-vous les nouvelles de votre femme, votre fils et autres collaborateurs détenus au Golf?
LG : En lieu et place d`une réponse à votre question, je demanderais à Ouattara de les faire libérer immédiatement, tout comme je lui demande de faire cesser ces graves exactions perpétrés sur les populations partout dans le pays. Nous avons un régime présidentiel qui fait de moi le premier responsable de ce qu`il pourrait leurs reprocher. Qu`il fasse honneur à la Cote d`Ivoire, pendant qu`il est encore temps en rétablissant l`état de droit très rapidement. La terreur ne résout rien. Le calme qu`elle procure est très souvent trompeur. Les gens sont certes apeurés, c`est dans l`ordre des choses, parce que face à une situation nouvelle. Mais qu`il ne les amènent pas à s`y habituer et à surmonter leur peur.
NT : Alassane Ouattara est-il un danger pour la démocratie?
LG : Pour ce que nous voyons, il serait insensé de dire non. Arrêter Affi pour avoir donné une interview et fait une déclaration qui dépeint la situation socio-politique. C`est impensable après de longues années de lutte pour l`instauration de la démocratie ! Que Ouattara fasse attention dans son envie de tuer la démocratie, les ivoiriens sont très jaloux de leur liberté devenue effective depuis une décennie. L`homme politique qui ne met pas le peuple au centre de ses préoccupations s`expose gravement.
NT : Ouattara peut-il gouverner la Côte d`Ivoire ?
LG : il lui faudra bien ! Puisqu`il en a rêvé avec obsession. Maintenant qu`il l`a obtenu en cadeau à coup de canon de Sarkozy, il n`a pas le choix ! Va-t-il y parvenir? Tout dépendra de son acceptation par le peuple de Côte d`Ivoire durement éprouvé par sa passion pour les armes et dont on peut imaginer le rejet pour sa personne.
NT : Le tout n`était donc pas de réussir son coup d`État ?
LG : Absolument pas ! Renverser Gbagbo et se proclamer président était peut-être l`étape la plus facile. Mais qu`en sera-t-il pour chaque ivoirien ayant subit le courroux de ses hommes? La réconciliation entre lui et le peuple sera laborieuse, peut-être même jamais une réalité. Le problème de sa légitimité se posera à lui de façon récurrente.
NT : Comment faites-vous pour garder votre légendaire bonne humeur, malgré ce que vous traversez?
LG : Que voulez-vous que je fasse, mon cher Navy? Il est souvent bon de rire des choses tragiques. D`abord parce que les pleures ne changeront pas leurs courts, mais, mieux leur avènement est porteur de plusieurs enseignements. Pour certains c`est gagné et pour d`autres c`est perdu. Et pourtant...
NT : Vous considérez-vous toujours comme président de la Côte d`Ivoire?
LG : Si tel était cas, je suis bien loin du palais présidentiel maintenant. (rire)
NT : Votre chute n`a pas été saluée par une liesse populaire.
LG : C`est à Ouattara qu`il faut porter ce message.
NT : Le mot de la fin aux internautes pour qui vous êtres un héros africain et à vos électeurs qui sont traqués par les rebelles de Ouattara.
LG : Merci à nos amis internautes qui se mobilisent pour la Côte d`Ivoire, mes partisans, mes collaborateurs, ma famille et moi. Cela me va droit au cœur de savoir qu`ils existent. Au delà de mes électeurs, je recommande à tous mes compatriotes et africains de rester dignes.
NT : Au revoir Monsieur le président en espérant qu`il ne vous arrivera rien.
LG : Si tel était le cas, il aura prouvé à tous ce qu`il est. (rire)
Que Dieu benisse la Cote d`Ivoire

http://eburniaplus-wohi.blogspot.com/2011/04/exclusivite-apres-son-kidnapping-par-la.html?spref=tw

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Côte d’Ivoire : Thabo MBeki hausse le ton contre l’ONU

— L’ancien president sud africain Thabo MBeki a condamné le rôle de l’ONU dans la crise en Côte d’Ivoire dans une contribution publiée vendredi par Foreign Policy.

Thabo MBeki a estimé que la crise en Côte d’Ivoire résulte de l’incapacité pour les organisateurs de gérer les « pré-réquis électoraux« . Il a dénoncé le contrôle exercé par la rébellion sur la partie nord du pays et le maintien de la capacité militaire de celle-ci qui ont constitué les moyens par lesquels Alassane Ouattara s’est installé au pouvoir en Côte d’Ivoire.

Il n’est pas étonnant, poursuit-il, que Laurent Gbagbo dénonce une trahison au regard de l’aggravation de la crise post-electorale.

Pour Mbeki, les événements tragiques en Côte d’Ivoire ont consacré la marginalisation de l’Union africaine dans la résolution des défis majeurs de l’Afrique. L’UA a plutôt été utilisée par les grandes puissances « pour légitimer leur actions en persuadant l’ONU d’autoriser leurs interventions égoïstes« .

Selon Mbéki, accepter l’ONU comme une force neutre dans la résolution des conflits internes, comme celui vécu en Côte d’Ivoire, est aujourd’hui gravement compromis. « Il sera désormais difficile pour l’ONU de convaincre l’Afrique et le reste du monde en développement que cette organisation n’est pas un simple instrument entre les mains des grandes puissances du monde » s’est-il insurgé.

Aussi, l’ancien président sud africain préconise-t-il « l’urgente nécessité de restructurer le système des relations internationales qui ont mis en évidence la réalité de l’abus de pouvoir dans l’ère post-guerre froide« .

« Nous ne pouvons qu’espérer que Laurent et Simone Gbagbo et le peuple ivoirien ne continuent pas à souffrir en étant les victimes maltraitées et humiliées d’un système mondial qui, dans son intérêt, tout en prônant haut et fort les droits universels de l’homme, ne cherche en réalité qu’à perpétuer la domination du plus grand nombre par quelques-uns qui disposent de l’essentiel du pouvoir politique, économique, militaire et médiatique » poursuit-il.

« Les procédures perverses et nefastes qui ont frappé la Côte d’Ivoire amènent à se poser d’urgence la question suivante : Combien de violations flagrantes de pouvoir devra subir l’Afrique et le reste des pays en développement avant que la vision d’un système démocratique de la gouvernance mondiale soit réalisée ? » a-t-il conclu.

Thabo MBeki a été médiateur de la crise en Côte d’Ivoire. Sous son égide a été conclu l’Accord de prétoria qui a notamment permis à Alassane Ouattara, inéligible selon la Constitution ivoirienne, d’être candidat à titre exceptionnel, à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire.

La crise ivoirienne est née d’une tentative de coup d’état suivie d’une rébellion armée démarrés le 19 septembre 2002 à l’initiative d’Alassane Ouattara avec l’appui de la France, contre le régime de Laurent Gbagbo démocratiquement élu en 2000. Après différents accords de paix, les rebelles ont obtenus, en échange de leur promesse de désarmement jamais réalisée, plusieurs postes dont ceux clés de Premier ministre, ministre de la Justice, ministre de l’économie et des finances de même que la présidence de la commission électorale et la majorité absolue des sièges dans cette institution.

Le contentieux électoral né du refus de Ouattara d’accepter les résultats du scrutin du 28 novembre s’est transformé en une guerre marquée par l’ingérence armée de la France et de l’ONU qui soutiennent Ouattara.

Le Président Laurent Gbagbo, élu le 28 novembre 2010, reconnu et investi Président par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs en Côte a été capturé le 11 avril par les forces françaises sous mandat de l’Onu et remis aux mains de son adversaire Ouattara qui le détient prisonnier dans un lieu inconnu du « nord du pays ». De nombreuses organisations et des milliers de personnes exigent la libération immédiate de Laurent Gbagbo et de ses proches.

Source : Directscoop.net

http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve6808

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29/04/2011

APRES I.B QUI SERA LE PROCHAIN?

La mort d'IB sonne comme un avertissement envoyé à tous ceux qui hier ont pactisé ou qui le feront avec Alassane OUATTARA de bien se tenir avant toute révendication, car l'important pour celui-ci; c'est son pouvoir et rien d'autre. Même les anciens partisans de GBAGBO qui ont encore une dernière partition à jouer payeront le prix qaund on se sera servi d'eux pour avoir la légalité de fait que le régime veut s'octroyer.

Au jour d'aujourd'hui; le cynisme s'est emparé de l'état de droit et bonjour la liquidation quasi totale de l'intelligentsia Ivoirienne.

Au sortir de cette période tumultueuse; la Côte d'ivoire sera l'ombre d'elle même et la soi-disant communauté internationale se frottera les mains pour mieux piller les richesses de son sous-sol.

Pour que vive la démocratie à la canonière, Vive les présidents faxés!!!

Kamerun

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Burkina Faso : base arrière de tous les putschs





Le général Robert Guéï l’avait nommé attaché militaire au Canada. Un éloignement lié aux soupçons de velléités putschistes. Peu après cette décision, certains soldats avaient été arrêtés et torturés par le général Guéï qui les accusait d`avoir fomenté un coup d`Etat « le complot du cheval blanc ». Parmi eux se trouvaient Wattao, Chérif Ousmane, Tuo Fozié, Diarrassouba et Souleymane Diomandé alias «La grenade», qui allait succomber des suites de ses blessures. Lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, les mêmes hommes, devenus des déserteurs de l`armée ivoirienne menaient les opérations. « Ib» pilotait toute l`opération depuis le Burkina Faso.

Dans un entretien datant du 13 août 2010, Abdoulaye Traoré, ex-chef de guerre de Man, a fait des déclarations accablantes pour Alassane Ouattara à la suite de l’échec d’une attaque en mars 2010, à Abidjan : « Le coup était préparé depuis Ouagadougou. Nous vous avons dit dans une interview que Blaise Compaoré ne joue pas franc jeu. Il tient Soro dans sa main (…) Alassane Ouattara est également dans le coup. C’est lui le vrai père de la rébellion. Il veut prendre le pouvoir par les armes. Parce qu’il est convaincu qu’il ne pourra pas gagner les élections par les urnes(…) Le seul recours dans ce combat, sont les armes. Il est toujours dans la logique de coup d’Etat. Il n’a pas baissé les bras».

Pour Abdoulaye Traoré, Alassane Ouattara était le financier de la rébellion : « C’est lui qui a payé les armes pour nous (…) Chaque fin du mois, il déboursait la somme de 25 millions Fcfa pour notre nourriture (…) Nous avons les preuves (…) Ce sont les armes qui ont fait qu’il est devenu candidat exceptionnel. Le moment viendra où nous allons tout déballer. On le comprend il a peur d’aller au Tribunal pénal international. Dans tous les cas, il va répondre de ses actes un jour. Nous avons intégré la rébellion avec bon nombre de jeunes pour la cause d’Alassane Ouattara. Nous avons eu plusieurs réunions avec lui-même à Ouagadougou avant les attaques du 19 septembre 2002 », avait témoigné Abdoulaye Traoré.



« Faire tout pour qu’Alassane arrive au pouvoir …»



Il avait même souligné que « Quelques fois, il (Alassane Ouattara) faisait venir certains de ses émissaires. Il s’agit de Hamed Bakayoko, Amon Tanoh, Aly Coulibaly, Amadou Gon... (…) Pour nous préparer, il a pris attache avec les autorités du Burkina Faso et du Mali pour qu’on soit logé et entraîner dans un camp militaire (…) On se rappelle quant le général français Joana est venu nous voir à Man. Il nous a demandé de faire tout pour qu’Alassane Ouattara arrive au pouvoir. Et qu’ils sont prêts à nous apporter un soutien logistique. Puisque la France veut que ce soit lui le nouveau Président de la Côte d’Ivoire pour remplacer Laurent Gbagbo ».

Abdoulaye Traoré avait aussi révélé comment la France les a aidés : « Il (le général français Joana) a tenu parole. Nous avons reçu du matériel, des treillis. Nos hommes ont été entraînés. En plus, l’armée française nous servait d’éclaireur. Ce sont les soldats de la Licorne qui nous donnait la position des Forces loyalistes. Si nous devons allés devant les tribunaux pour répondre de nos actes, Alassane Ouattara ne va pas échapper. On connait ceux qui ont fait le recrutement des hommes pour intégrer la rébellion (…) C’est IB. Il était supervisé par des proches d’Alassane Ouattara. Aly Coulibaly, Hamed Bakayoko (...) ».

Tous ces seigneurs de guerre ont une responsabilité dans les plaies laissées par la guerre civile de 2002-2003. L’enquête criminelle qui a été ouverte par la justice ivoirienne et qui vise l`ancien président Laurent Gbagbo, sa femme Simone et une soixantaine de leurs proches ne devrait objectivement pas épargner ces soldats pro-Ouattara qui ont commis des exactions en Côte d’Ivoire pendant toute une décennie.

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25/04/2011

Alassane Ouattara est aux prises avec des luttes entre chefs de guerre

De Michelle Faul, La Presse Canadienne

ABIDJAN, Côte d’Ivoire — Le ministre ivoirien de la Défense, Guillaume Soro, a ordonné dimanche aux soldats fidèles au chef de guerre Ibrahim Coulibaly de déserter son armée et de rejoindre immédiatement les nouvelles forces armées nationales.

Un porte-parole du Ministère a lancé cet appel à la télévision, après que Coulibaly eut manqué sa rencontre avec le ministre de la Défense, son éternel rival politique.

Les deux hommes s`étaient livré une dure lutte en 2004 pour la tête de la milice rebelle derrière Alassane Ouattara, maintenant président de la Côte d`Ivoire. Guillaume Soro est sorti gagnant de ces combats, disputés dans la ville de Bouaké.

Vendredi dernier, Alassane Ouattara a ordonné à Ibrahim Coulibaly de déposer les armes et aux hommes de Guillaume Soro de retourner dans leurs baraques.

La rivalité entre Guillaume Soro, qui est aussi le premier ministre de M. Ouattara, et Ibrahim Coulibaly, est le principal défi auquel fait face le nouveau gouvernement depuis l`arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril dernier.

Le président ivoirien ne contrôle que très peu les anciennes forces rebelles qui l`ont poussé jusqu`au pouvoir et qui formeront la nouvelle armée ivoirienne. Elles sont dirigées par cinq chefs de guerre distincts.

L`entourage de Coulibaly a affirmé que celui-ci rencontrera Alassane Ouattara lundi.

Ibrahim Coulibaly a collaboré à deux tentatives de coup d`État en Côte d`Ivoire, dont une couronnée du succès, en 1999. Il a aussi déjà affirmé qu`il avait ses propres ambitions présidentielles, mais soutient pour le moment accepter l`autorité du président actuel.

Ce pays d`Afrique de l`Ouest, le plus grand producteur de cacao sur la planète, est plongé en crise depuis plus de 10 ans. Ibrahim Coulibaly a mené une rébellion en 2002 qui a divisé le pays entre sa partie nord, dirigée par les rebelles, et sa partie sud, menée par le gouvernement, jusqu`à ce que Guillaume Soro le pousse à l`exil.

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