topblog Ivoire blogs

18/04/2011

L'ARROSEUR EN VOIE D'ETRE ARROSE

Enfin l'usure du temps donne raison à tous ceux qui aiment l'Afrique, le fauteur de trouble en A frique de l'ouest est entrain de payer le prix de tous les atrocités qu'il a eu orchestré avec l'aide de la France. De son ami intime Thomas SANKARA à Laurent GBAGBO, s'en était de trop pour qu'on en reste là à applaudir au passage ce monsieur qui est au pouvoir depuis 1987 en se passant pour le plus grand diplomate que l'Afrique ait connu, le bras séculier de la France en Afrique. Heureusement que son armée a donné le le ton et le peuple meurtri est en train de chanter le même refrain pour ce tyran dégage afin que l'Afrique revienne aux vrais africains.

Il est l'heure d'encourager les Burkinabés à continuer leur combat, le limogeage des ministres ne sert à rien. Trop de sang sous la main et on en a marre.

Un seul mot continuer, vous n'êtes pas seul dans ce combat.

21:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

15/04/2011

Le Balayeur serait-il balayé au Burkina?

Le président Burkinabé Blaise COMPAORE a-t-il autant de la mort qu'à peine que quelques armes crépitent qu'il a déjà fuis la capitale pour se réfugier dans sa ville natale avec femme et enfant.

Voilà, la confirmation que le totem de Laurent GBAGBO a commencé a hanté les maisons des marionnettes occidentales qui bombaient le torse partout où il fallait vendre l'Afrique moins chère. Aujourd'hui, ce sont ses proches fidèles qui lui rendent la vie dure et Dieu merci. La famille de Thomas SANKARA peut s'en réjouir car ne dit-on souvent que qui tue par l'épée meurt toujours par l'épée?

Ce qui est très intéressant à voir, c'est le peu d'engouement que les médias occidents ont reçu l'ordre de ne pas traiter en profondeur cette information car cette fois-ci leur poulain se trouve dans des sales draps encore que la situation est encore très chaude et le départ de Blaise COMPAORE mettra Alassane OUATTARA dans une position incertaine.

Pour l'instant, laissons voir jusqu'où ira le totem de LUMUMBA à Laurent GBAGBO tout en veillant à ce que la paix revienne. C'est que pour faire les omelettes il faut casser les œufs.

Kamerun

18:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

13/04/2011

Les circonstances du décès du diplomate Désiré TAGRO, arrêté en même temps que Laurent Gbagbo, ce lundi, sont troubles

Les circonstances du décès du diplomate, arrêté en même temps que Laurent Gbagbo, ce lundi, sont troubles. Lire la suite l'article
Désiré Tagro, ex-ministre de l'Intérieur et proche de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, est décédé ce mardi, au lendemain de son arrestation avec Gbagbo à Abidjan. Les circonstances de cette mort demeurent troubles.

Plus tôt dans la soirée, Farhan Haq, un porte-parole des Nations unies à New York, a affirmé que Laurent Gbagbo a été emmené hors d'Abidjan, sans révéler où l'ancien président ivoirien avait été conduit.

Gbagbo, tombé lundi aux mains des partisans de son rival Alassane Ouattara, avait été conduit au QG de ce dernier, l'hôtel du Golf, mais il n'y est plus, a précisé le porte-parole.

Selon des responsables de l'Onu, Laurent Gbagbo devait être transféré dans le nord du pays, bastion d'Alassane Ouattara.

Comme LUMUMBA au Katanga, Laurent GBAGBO est aujourd'hui dans le fief de son ennemi pour une ultime humiliation à l'abri des cameras et peut-être une mort certaine au finish. Ses partisans sont livrés au fanatiques musulmans qui les liquideront avec beaucoup de délectations pourtant le discours officiel est au pardon. Tout laisse croire qu'à l'allure ou les choses se passent beaucoup de pro-GBAGBO n'accepteront jamais de se rendre; car se rendre ou pas à voir les exactions ne servira à rien.

Vivement que le nouveau pouvoir puisse se libérer de ses propres extrémistes qui défilent dans les médias pour vilipender une personne en captivité au lieu de chercher des voies et moyens pour sortir cette belle Cote d'ivoire de l'auberge. L'heure ne doit plus à la haine, car si la situation perdure, ce conflit sera non plus ethnique mais religieux et aucune goutte de sang de la communauté internationale ne se versera, seuls, les Ivoiriens paieront le prix et ces occidentaux se gargariseront partout en parlant de reconstruction ou des aides qui sont elles même que des prêts à rembourser. Tous les signaux des économies des pays occidentaux démontrent qu'ils sont en pleine crise économiques et ne peuvent risquer avec l'argent de leur contribuable dans des œuvres de charité.

La cote d'ivoire s'éveillera un jour ou l'autre.

17:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2011

Jean Paul Ayina. Une analyse des interventions armées étrangères actuelles en Afrique.



Après plusieurs mois de diplomatie de la canonnière (Gun-boat diplomacy), et de stratégie de l’asphyxie d’une certaine Communauté Internationale contre le régime du Président Laurent Gbagbo, les forces d’agression et d’occupation de la France (La Licorne) et de l’ONUCI sont donc entrées en action en Côte d’Ivoire, pour aider les forces de M. Alassane Ouattara à déloger le Président Laurent Gbagbo du Palais présidentiel, et installer au pouvoir par la force des armes (démocratie oblige !), "le Président reconnu par la Communauté Internationale", alors que l’institution nationale de ce pays, chargée d’arrêter en dernier ressort, les résultats de ladite élection, a proclamé le Président Laurent Gbagbo vainqueur !

I- Le plus grand mensonge international du début du 21e siècle, et la mémoire de l’Histoire.
L’Histoire a enregistré le plus grand mensonge international de ce début du 21e siècle, à savoir : la possession des armes de destruction massive par l’Irak de Saddam Hussein qui a servi de prétexte à une certaine Communauté Internationale constituée de quelques pays de l’Occident, de détruire ce pays, de tuer sauvagement ses populations innocentes, d’assassiner cruellement Saddam Hussein et de décimer sa famille, à la barbe du Conseil de Sécurité des Nations-Unies aujourd’hui très actif pour adopter des résolutions pour "la protection des populations civiles" en Afrique, alors qu’il était incapable de prendre quelque action que ce soit contre cette agression perpétrée à l’encontre d’un pays souverain ! L’Histoire a enregistré que les mobiles de cette barbarie de certains pays de l’Occident contre l’Irak, étaient entre autres, de se débarrasser de Saddam Hussein, d’instaurer "la démocratie" (selon leur perception) dans le Grand Moyen-Orient, de s’assurer, voire, de sécuriser l’approvisionnement du pétrole de l’Irak et de l’ensemble du Moyen-Orient et, surtout, de détruire l’Irak pour, ensuite, se tailler les parts de marché pour sa reconstruction, dans la logique de la destruction–reconstruction.

II- Les interventions armées actuelles de l’Occident en Afrique et la théorie de la destruction – reconstruction dans le cadre de la lutte pour un nouvel équilibre mondial.
Maintenant, c’est l’intervention armée de quelques pays d’un Occident Conservateur (qui se croit encore à l’époque de l’esclavage et de la colonisation), contre des régimes africains récalcitrants et insoumis. Le prétexte ici, pour ces pays de l’Occident, c’est la protection des populations civiles contre les exactions des régimes autoritaires, et l’instauration de la démocratie, conformément à leur perception de celle-ci. Cependant, quand on sait que les actions des Etats dans les relations internationales sont motivées prioritairement par les intérêts multiformes, nous inclinons à penser, que les raisons profondes de cet Occident Conservateur sont ailleurs. Elles sont économico-stratégiques et obéissent à la théorie de la destruction – reconstitution qui consiste à détruire les pays du Sud, pour ensuite revenir en "sapeur pompier" pour les reconstruire, en se taillant les parts de marché, pour le bonheur des entrepreneurs, des entreprises, des chômeurs, etc. des pays destructeurs ! Lorsqu’on sait que, à l’heure actuelle, les économies de ces pays occidentaux sont essoufflées et stagnantes, à cause de leurs modèles économiques obsolètes, par ce que basés sur l’appauvrissement du plus grand nombre, (actuellement, les PIB respectifs des pays de l’occident atteignent difficilement 3%), lorsqu’on sait que ces pays sont menacés dans leurs positions de domination mondiale dont ils jouissaient jusqu’à une époque récente, au niveau économique et technologique par les grands pays émergents (si hier, on parlait du G7, du G8, aujourd’hui on parle des BRIC+A, du G20, etc.), toutes choses qui témoignent de la réalité d’un monde multipolaire et polycentrique de l’heure, et qui n’arrangent pas cet Occident conservateur, on comprend aisément la logique de destruction–reconstruction qui anime cette Communauté Internationale là. Une sorte d’application de manière pernicieuse, de la théorie de la destruction – créatrice que Joseph Schumpeter préconisait en son temps, en économie, à travers les vertus de l’innovation. Lors de la récente Conférence de Londres sur la Libye post Kadhafi, cette Communauté Internationale là, n’éprouvait aucune honte d’avoir comme l’un des points à l’ordre du jour, les parts de marché pour la reconstruction de la Libye, alors que Kadhafi est encore au pouvoir ! Une façon de se partager déjà la peau de l’ours, avant même de l’avoir tué ! Bien évidemment, cet Occident là sait ce qu’il veut et fera tout pour atteindre son objectif par tous les moyens. C’est la raison pour laquelle il arme et forme les insurgés Libyens même s’ils sont des terroristes, pourvu qu’ils renversent le Colonel Kadhafi.

III- La démocratie ne doit pas être imposée de l’extérieur par les armes, elle doit découler d’un processus interne au pays.
Les interventions armées en ce moment, de certains pays de l’Occident n’ont pas pour motivations profondes, la mise en place des systèmes démocratiques dans les pays africains, car la démocratie ne doit pas être imposée de l’extérieur par la force des armes. Si c’est le cas, ce n’est plus la démocratie dans le sens de "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple". Si, dans le passé, certaines démocraties sont nées à partir des insurrections et de la violence (la Révolution de 1789 en France par exemple), ces insurrections étaient une affaire intérieure au pays, une affaire des peuples eux-mêmes, et non des étrangers ou, d’une quelconque Communauté Internationale. Il y a démocratie, lorsque dans un pays, dans une société, il existe les règles du jeu, un compromis, à travers les institutions acceptées par toutes les parties prenantes de cette société, pour une vie harmonieuse dans la Communauté et pour la gestion des affaires de la cité. C’est la démocratie dans le sens du Contrat Social de J.J Rousseau. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire et en Libye, c’est une insurrection criminelle de l’Occident contre ces pays. Car, comment ne pas comprendre que certains dirigeants occidentaux, en mal de popularité dans leurs pays, faute de résoudre les problèmes cruciaux, et de satisfaire aux préoccupations de leurs populations, veulent se faire une popularité en agressant les pays africains ? Comment ne pas comprendre que les jeux, les enjeux, les convoitises et autres mains basses de l’Occident sur les ressources et richesses de l’Afrique et, notamment, du Golfe de Guinée à l’heure de la lutte entre les puissances anciennes et émergentes pour un nouvel équilibre mondial ? Les africains qui se laissent prendre dans ce nouveau piège d’une certaine perception de la démocratie, après le piège des plans d’ajustement structurel, font finalement de l’Afrique, le dindon de la farce.

IV- L’Afrique doit choisir les valeurs africaines pour son émergence,comme l’Asie a choisi les valeurs asiatiques pour la sienne.
L’émergence à laquelle aspirent nombre de pays africains à des horizons divers, ne serait qu’un vœu pieux, si elle n’est pas accompagnée d’une réelle volonté d’indépendance de ces pays vis-à-vis d’un Occident Conservateur. Cette émergence serait un vœu pieux tant que certains dirigeants africains continueront d’être les obligés de l’Occident pour les avoir aidé à se maintenir au pouvoir, tant qu’ils continueront de refuser de mettre en place des monnaies communes et souveraines, pour se constituer les réserves de change dont ils peuvent se servir à leur guise. L’émergence serait un vœu pieux tant qu’ils continueront d’appliquer aveuglement les modèles économiques essoufflés et appauvrissants de l’Occident. Comment oublier que c’est l’Afrique qui, avec ses hommes, a sauvé la France de la deuxième guerre mondiale ? Comment oublier que la France tient son rang de puissance moyenne, dans le concert des Nations, grâce aux ressources pillées de l’Afrique ? Comment oublier, comme le disait Frantz Fanon dans les Damnés de la Terre que l’Occident, et notamment l’Europe, « est littéralement la création du Tiers-Monde, et que les richesses qui l’étouffent sont celles qui ont été volées aux peuples sous-développés » ? A vrai dire, l’émergence des pays africains restera seulement déclamatoire et déclaratoire si les africains ne choisissent pas l’Afrique, s’ils ne choisissent pas les valeurs africaines comme les asiatiques ont choisi les valeurs asiatiques pour leur émergence. Et comme le disait encore un universitaire camerounais « l’Afrique doit choisir l’Afrique ».

Ministre Plénipotentiaire,
Enseignant Associé à l’IRIC et à l’ENAM
Contact : Tél. :
(237) 77 95 08 53
E-mail :
ayinajeanpaul@yahoo.fr Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

12:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2011

Laurent Gbagbo, l’indocile


L’histoire de l’Afrique est habitée par de nombreux personnages debout jusqu'au bout: Béhanzin, Kwamé Nkrumah, Thomas Sankara, Lumumba… Ces figures ne cheminent pas seulement l’une après l’autre dans le déroulement des temps ; un combat les lie d’une décennie à l’autre, d’un siècle à l’autre ; le même combat pour l’émancipation du continent. Un combat qui recommence chaque fois avec chacun d’eux, et qui se cristallise à chaque recommencement autour d’un lieu, d’un front, d’une heure, d’un temps donnés. Behanzin et le Benin, Nkrumah et le Ghana, Machel et le Mozambique, Mandela et l’Afrique du Sud, Lumumba et le Congo, Sankara et le Burkina Faso, Gbagbo et la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire : la Côte d’Ivoire fut pendant longtemps un prolongement de la France en Afrique. On ordonnait de Paris et on exécutait à Abidjan. C’était du temps des Houphouët et compagnie. Houphouët-Boigny le bon chef nègre comme on les aime : féroce avec son peuple et frotte-manche, rampant, servile avec l’ex-métropole. Le vieux - comme on l’appelait - la courbette en seconde nature, portait les marques de l’Empire coloniale avec une certaine fierté ; l’aliénation était à ses yeux une gratification : « Que serions-nous sans la France ? Notre bonheur est laqué Paris», clamait-il à tout bout de champs.

Le mot colonie était périmé mais la chose continuait d’exister à Abidjan. La Côte d’Ivoire était toujours ce qu’elle avait été : une grande plantation de cacao organisée de l’extérieur. Cette histoire a duré trois décennies. Trois longues décennies. Jusqu’au surgissement au cœur du pouvoir ivoirien – en l’an 2000 - d’un certain Laurent Gbagbo. Personnage inattendu et apôtre d’une rupture définitive du pacte colonial. Cet homme au parcours sonnant comme une sédition n’était ni sergent colonel ventripotent, ni nègre bouffon sans mémoire ni vision. Embêtant ! Scandaleux ! Enervement dans certaines officines de contrainte et on regrette : on aurait dû… Quelques rafales dans le ventre ou alors un poison impitoyable versé dans un verre d’eau ou de vin et l’affaire aurait été réglée. Comme on fit avec Félix Moumié. On aurait dû... Comme on fit avec Ouandié. Avec du plomb sauvage. On aurait dû… Disparition, enlèvement. Ni vu, ni connu. Comme on fit avec Ben Barka. On aurait dû…

Et on avoue, on s’avoue : « Que voulez-vous ? Il nous semblait évident que ce gars issu d’une généalogie minoritaire était de facto, automatiquement, arithmétiquement exclu du pouvoir suprême.» Et on ergote, on pérore sur le primat, les contraintes, les exigences, les pesanteurs, les gravitations de la tribu d’origine sur le bulletin de vote. Mais là n’était plus la question : la Côte d’Ivoire était une prise, une capture, une saisie, il n’était pas question de la céder à cet homme inattendu sorti de fonderies inconnues. Le scandale ne pouvait pas durer, ne devrait pas durer : il fut décidé le plus naturellement, le plus tranquillement du monde d’œuvrer au renversement de ce Gbagbo.

La suite ? Dix ans de complots, dix ans de guerre, d’encerclement, de harcèlement. Pas un seul jour de répit. Il y’eu d’abord 2002 et cette guerre fiancée, organisée de l’extérieur. Il y eut ensuite cette guérilla diplomatique continuelle menée de Paris avec ses pièges et ses coups fourrés ; il y eut Chirac et Villepin avec leur diplomatie remplie de bruits et de proclamations belliqueuses, promettant de tordre le bras à Gbagbo ; il y eut la brutalité de Sarkozy, cette brutale volonté impériale d’écraser Gbagbo, de le soumettre à tout prix. Dix ans de harcèlement.

Mais de quel crime est donc coupable Gbagbo Laurent? Il fait désordre. Il fait désordre dans le précarré. Il fait tâche dans cet enclos, dans ce pacte de sujétion. Qu’est-ce en effet le précarré, sinon un ordre hiérarchisant qui ne reconnait pour toute respiration que l’obéissance et pour toute sagesse que le silence ? Quelle est en effet la seule ligature reconnue dans cette arrière-cour sinon l’allégeance? Que dit le précarré sinon que tout Président Nègre n’a droit à l’existence que s’il est lèche-botte, que s’il est servile, que s’il est rampant, que s’il est serpentant ? Et malheur à ce dirigeant tenté par la verticalité, tenté par les chemins de l’affranchissement ; celui-là rencontrera la froideur la plus glaciale, l’hostilité la plus terrible, l’animosité la plus furieuse, la violence dans toute sa brutalité. Il sera marqué au fer rouge comme le mal à réduire, comme le mal radical à déplanter. Car toute indocilité est considérée dans cette arrière-cour, comme une transgression inacceptable : l’Afrique. Or Laurent Gbagbo est un indocile. Là est logé son malheur. C’est donc presque de nature qu’il était condamné. Puisqu’il récusait ce statut de laquai, de valet, de majordome réservé de facto aux Présidents Nègres ; puisqu’il refusait d’appartenir au troupeau des servants.

Guerre contre Gbagbo. Au nom de la démocratie. Combat moral. Combat moral ou plutôt forfaiture ? Que voit-on en effet? Qu’à Paris, on ne s’embarrasse pas des contradictions entre les mots et les actes ; qu’un jour, on parle de démocratie bafouée à Abidjan, les tremolos dans la voix et le lendemain qui convie-t-on à table ? Blaise Compaoré. Avec au menu des discussions : le rétablissement de la démocratie en Côte d’Ivoire. Cocasse ! Cocasse quand on connait le pédigrée du sieur Compaoré : accession au pouvoir en marchant sur le cadavre de son plus-que-frère, le très populaire et intègre, Thomas Sankara. Ensuite du sang, du sang, du sang ! Un quart de siècle de pouvoir tâché de sang. Répressions sanglantes, assassinats des opposants, implication jusqu’au cou dans les guerres de Sierra Leone et du Libéria ; parrainage de l’agression contre la Côte d’Ivoire.

Mais Compaoré, voyez-vous, est notre ami, « notre allié », « notre homme ». Donc ? Donc le qualificatif de tyran, donc l’attribut de despote est impropre dans son cas. Car c’est ainsi : dès lors qu’un tyran est notre larbin, il peut séquestrer, torturer, écraser, opprimer en toute impunité, en toute liberté. La règle est implicite : la tyrannie n’est condamnable, n’est condamnée que lorsqu’elle empêche de faire du business as usual, que lorsqu’elle s’amuse à porter atteinte à certains intérêts. Démocrate ou pas démocrate, là n’est pas la question.

Les élections. Qui a gagné les élections ? Tout est déjà joué avant le dépôt du premier bulletin dans les urnes : le décor est déjà planté, le récit clôturé : Ouattara a gagné, Gbagbo a perdu, Gbagbo doit partir. La répartition des rôles est déjà distribuée ; la dramaturgie et le scenario écrits d’avance : avec en gentil vainqueur Ouattara et en figure du Mal absolu, Laurent Gbagbo, défait et mauvais perdant. Les preuves de la victoire et de la défaite de l’un et de l’autre ? On s’en moque. Les fraudes constatées ? On s’en fout. Le recomptage des voix comme demandé par Gbagbo ? Surtout pas. La supercherie serait mise à nue. Alors ? Gbagbo peut crier au hold-up électoral sur tous les toits du monde, que vaut la parole d’un Nègre, même Président d’une république, face à celle des puissants de ce monde? Gbagbo a perdu puisqu’il en a été décidé ainsi à Paris, à Bruxelles, à New York. Tout le monde sait pourtant qu’il y a mensonge ; qu’il y a eu fraude, que le vainqueur n’est pas le désigné, le bon nègre Ouattara. Le mensonge ? La vérité ? Et bien est vérité non pas ce qui est mais ce qui a été énoncé par les puissants du jour. Tout le reste, tout ce qui n’est pas certifié, tout ce qui n’a pas été certifié par Paris, New York, Bruxelles, est faux par essence. C’est ainsi. La vérité ne vaut qu’édictée par le plus fort ; la vérité est ce qui est dit, décrété par le puissant du jour.

Guerre contre Gbagbo. Guerre médiatique. Désinformation. Et on assène le même récit. La Côte d’Ivoire ? Une histoire simple et limpide : un affrontement entre deux camps : le camp du bien et le camp du mal. Le camp du bien représenté par un démocrate élu par le peuple, Alassane Ouattara, l’ange immaculé, décrit comme « un homme posé », « au débit lent » - entendez réfléchi - confronté au camp du mal mené par ce méchant personnage nommé Gbagbo. Voilà la vérité indepassable. Et toute information en contradiction avec ce prêt-à-penser est écartée, étouffée. Toute analyse qui n’essencialise pas Gbagbo comme étant forcément le perdant, nécessairement le despote, est disqualifiée, décrédibilisée, ignorée, ridiculisée, ostracisée, taxée de propagande. Odeur de chasse au courre vichyste, relent de maccarthysme.

Guerre contre Gbagbo. La guerre d’Abidjan ne sera pas déclarée : elle aura lieu. Sournoisement. En sourdine. En sous-mains. On organise, on transporte, on nourrit en armes, en munitions et en fonds des commandos invisibles, sans visages, des tireurs d’élite sortis d’on ne sait où ; on explore le terrain pour eux, on les renseigne, on leur fixe des objectifs, des cibles. Guérilla urbaine. Guerre, guérilla urbaine, guerre psychologique. Intoxication à outrance ; fausses nouvelles, bruits…

Qu’importe la terminaison du destin de Gbagbo : il demeure, il est appelé à demeurer celui qui à un moment donné de l’histoire de l’Afrique, sur un champ de bataille donné – la Côte d’Ivoire – aura reposé la question jadis formulée par les Béhanzin, les Lumumba et les Nkrumah : qui régente l’Afrique ? Qui doit régenter l’Afrique ? La France ou les Africains ? L’Europe ou les Africains ? Les Américains ou les Africains ? Les Nations Unies ou les Africains? L’enjeu est en effet, de nouveau, bien celui-là : le droit à l’autogouvernement. Un droit à affirmer et à défendre aujourd’hui plus que jamais.

Combat d’arrière-garde dans un monde qui se mondialise ? Non, combat d’actualité car combat pour l’égalité des hommes ; combat légitime car refus non pas de l’universalité en soi mais de l’universalité imposée comme droit réservé au plus fort de définir et de nommer ce qui est légitime et ce qui ne le serait pas; combat juste car affirmation du droit de chacun de penser ses problèmes et d’arrêter ses propres solutions ; combat noble car élevé par la défense du droit à différer, car guidé par un seul souci : la protection de l’intangible droit universel à l’invention de soi.

L’invention de soi : tel est le combat de Gbagbo Laurent; le combat pour l'invention de soi restera comme la marque dans la mémoire africaine de Gbagbo Laurent, l’indocile.

17:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Laurent Gbagbo, l’indocile


L’histoire de l’Afrique est habitée par de nombreux personnages debout jusqu'au bout: Béhanzin, Kwamé Nkrumah, Thomas Sankara, Lumumba… Ces figures ne cheminent pas seulement l’une après l’autre dans le déroulement des temps ; un combat les lie d’une décennie à l’autre, d’un siècle à l’autre ; le même combat pour l’émancipation du continent. Un combat qui recommence chaque fois avec chacun d’eux, et qui se cristallise à chaque recommencement autour d’un lieu, d’un front, d’une heure, d’un temps donnés. Behanzin et le Benin, Nkrumah et le Ghana, Machel et le Mozambique, Mandela et l’Afrique du Sud, Lumumba et le Congo, Sankara et le Burkina Faso, Gbagbo et la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire : la Côte d’Ivoire fut pendant longtemps un prolongement de la France en Afrique. On ordonnait de Paris et on exécutait à Abidjan. C’était du temps des Houphouët et compagnie. Houphouët-Boigny le bon chef nègre comme on les aime : féroce avec son peuple et frotte-manche, rampant, servile avec l’ex-métropole. Le vieux - comme on l’appelait - la courbette en seconde nature, portait les marques de l’Empire coloniale avec une certaine fierté ; l’aliénation était à ses yeux une gratification : « Que serions-nous sans la France ? Notre bonheur est laqué Paris», clamait-il à tout bout de champs.

Le mot colonie était périmé mais la chose continuait d’exister à Abidjan. La Côte d’Ivoire était toujours ce qu’elle avait été : une grande plantation de cacao organisée de l’extérieur. Cette histoire a duré trois décennies. Trois longues décennies. Jusqu’au surgissement au cœur du pouvoir ivoirien – en l’an 2000 - d’un certain Laurent Gbagbo. Personnage inattendu et apôtre d’une rupture définitive du pacte colonial. Cet homme au parcours sonnant comme une sédition n’était ni sergent colonel ventripotent, ni nègre bouffon sans mémoire ni vision. Embêtant ! Scandaleux ! Enervement dans certaines officines de contrainte et on regrette : on aurait dû… Quelques rafales dans le ventre ou alors un poison impitoyable versé dans un verre d’eau ou de vin et l’affaire aurait été réglée. Comme on fit avec Félix Moumié. On aurait dû... Comme on fit avec Ouandié. Avec du plomb sauvage. On aurait dû… Disparition, enlèvement. Ni vu, ni connu. Comme on fit avec Ben Barka. On aurait dû…

Et on avoue, on s’avoue : « Que voulez-vous ? Il nous semblait évident que ce gars issu d’une généalogie minoritaire était de facto, automatiquement, arithmétiquement exclu du pouvoir suprême.» Et on ergote, on pérore sur le primat, les contraintes, les exigences, les pesanteurs, les gravitations de la tribu d’origine sur le bulletin de vote. Mais là n’était plus la question : la Côte d’Ivoire était une prise, une capture, une saisie, il n’était pas question de la céder à cet homme inattendu sorti de fonderies inconnues. Le scandale ne pouvait pas durer, ne devrait pas durer : il fut décidé le plus naturellement, le plus tranquillement du monde d’œuvrer au renversement de ce Gbagbo.

La suite ? Dix ans de complots, dix ans de guerre, d’encerclement, de harcèlement. Pas un seul jour de répit. Il y’eu d’abord 2002 et cette guerre fiancée, organisée de l’extérieur. Il y eut ensuite cette guérilla diplomatique continuelle menée de Paris avec ses pièges et ses coups fourrés ; il y eut Chirac et Villepin avec leur diplomatie remplie de bruits et de proclamations belliqueuses, promettant de tordre le bras à Gbagbo ; il y eut la brutalité de Sarkozy, cette brutale volonté impériale d’écraser Gbagbo, de le soumettre à tout prix. Dix ans de harcèlement.

Mais de quel crime est donc coupable Gbagbo Laurent? Il fait désordre. Il fait désordre dans le précarré. Il fait tâche dans cet enclos, dans ce pacte de sujétion. Qu’est-ce en effet le précarré, sinon un ordre hiérarchisant qui ne reconnait pour toute respiration que l’obéissance et pour toute sagesse que le silence ? Quelle est en effet la seule ligature reconnue dans cette arrière-cour sinon l’allégeance? Que dit le précarré sinon que tout Président Nègre n’a droit à l’existence que s’il est lèche-botte, que s’il est servile, que s’il est rampant, que s’il est serpentant ? Et malheur à ce dirigeant tenté par la verticalité, tenté par les chemins de l’affranchissement ; celui-là rencontrera la froideur la plus glaciale, l’hostilité la plus terrible, l’animosité la plus furieuse, la violence dans toute sa brutalité. Il sera marqué au fer rouge comme le mal à réduire, comme le mal radical à déplanter. Car toute indocilité est considérée dans cette arrière-cour, comme une transgression inacceptable : l’Afrique. Or Laurent Gbagbo est un indocile. Là est logé son malheur. C’est donc presque de nature qu’il était condamné. Puisqu’il récusait ce statut de laquai, de valet, de majordome réservé de facto aux Présidents Nègres ; puisqu’il refusait d’appartenir au troupeau des servants.

Guerre contre Gbagbo. Au nom de la démocratie. Combat moral. Combat moral ou plutôt forfaiture ? Que voit-on en effet? Qu’à Paris, on ne s’embarrasse pas des contradictions entre les mots et les actes ; qu’un jour, on parle de démocratie bafouée à Abidjan, les tremolos dans la voix et le lendemain qui convie-t-on à table ? Blaise Compaoré. Avec au menu des discussions : le rétablissement de la démocratie en Côte d’Ivoire. Cocasse ! Cocasse quand on connait le pédigrée du sieur Compaoré : accession au pouvoir en marchant sur le cadavre de son plus-que-frère, le très populaire et intègre, Thomas Sankara. Ensuite du sang, du sang, du sang ! Un quart de siècle de pouvoir tâché de sang. Répressions sanglantes, assassinats des opposants, implication jusqu’au cou dans les guerres de Sierra Leone et du Libéria ; parrainage de l’agression contre la Côte d’Ivoire.

Mais Compaoré, voyez-vous, est notre ami, « notre allié », « notre homme ». Donc ? Donc le qualificatif de tyran, donc l’attribut de despote est impropre dans son cas. Car c’est ainsi : dès lors qu’un tyran est notre larbin, il peut séquestrer, torturer, écraser, opprimer en toute impunité, en toute liberté. La règle est implicite : la tyrannie n’est condamnable, n’est condamnée que lorsqu’elle empêche de faire du business as usual, que lorsqu’elle s’amuse à porter atteinte à certains intérêts. Démocrate ou pas démocrate, là n’est pas la question.

Les élections. Qui a gagné les élections ? Tout est déjà joué avant le dépôt du premier bulletin dans les urnes : le décor est déjà planté, le récit clôturé : Ouattara a gagné, Gbagbo a perdu, Gbagbo doit partir. La répartition des rôles est déjà distribuée ; la dramaturgie et le scenario écrits d’avance : avec en gentil vainqueur Ouattara et en figure du Mal absolu, Laurent Gbagbo, défait et mauvais perdant. Les preuves de la victoire et de la défaite de l’un et de l’autre ? On s’en moque. Les fraudes constatées ? On s’en fout. Le recomptage des voix comme demandé par Gbagbo ? Surtout pas. La supercherie serait mise à nue. Alors ? Gbagbo peut crier au hold-up électoral sur tous les toits du monde, que vaut la parole d’un Nègre, même Président d’une république, face à celle des puissants de ce monde? Gbagbo a perdu puisqu’il en a été décidé ainsi à Paris, à Bruxelles, à New York. Tout le monde sait pourtant qu’il y a mensonge ; qu’il y a eu fraude, que le vainqueur n’est pas le désigné, le bon nègre Ouattara. Le mensonge ? La vérité ? Et bien est vérité non pas ce qui est mais ce qui a été énoncé par les puissants du jour. Tout le reste, tout ce qui n’est pas certifié, tout ce qui n’a pas été certifié par Paris, New York, Bruxelles, est faux par essence. C’est ainsi. La vérité ne vaut qu’édictée par le plus fort ; la vérité est ce qui est dit, décrété par le puissant du jour.

Guerre contre Gbagbo. Guerre médiatique. Désinformation. Et on assène le même récit. La Côte d’Ivoire ? Une histoire simple et limpide : un affrontement entre deux camps : le camp du bien et le camp du mal. Le camp du bien représenté par un démocrate élu par le peuple, Alassane Ouattara, l’ange immaculé, décrit comme « un homme posé », « au débit lent » - entendez réfléchi - confronté au camp du mal mené par ce méchant personnage nommé Gbagbo. Voilà la vérité indepassable. Et toute information en contradiction avec ce prêt-à-penser est écartée, étouffée. Toute analyse qui n’essencialise pas Gbagbo comme étant forcément le perdant, nécessairement le despote, est disqualifiée, décrédibilisée, ignorée, ridiculisée, ostracisée, taxée de propagande. Odeur de chasse au courre vichyste, relent de maccarthysme.

Guerre contre Gbagbo. La guerre d’Abidjan ne sera pas déclarée : elle aura lieu. Sournoisement. En sourdine. En sous-mains. On organise, on transporte, on nourrit en armes, en munitions et en fonds des commandos invisibles, sans visages, des tireurs d’élite sortis d’on ne sait où ; on explore le terrain pour eux, on les renseigne, on leur fixe des objectifs, des cibles. Guérilla urbaine. Guerre, guérilla urbaine, guerre psychologique. Intoxication à outrance ; fausses nouvelles, bruits…

Qu’importe la terminaison du destin de Gbagbo : il demeure, il est appelé à demeurer celui qui à un moment donné de l’histoire de l’Afrique, sur un champ de bataille donné – la Côte d’Ivoire – aura reposé la question jadis formulée par les Béhanzin, les Lumumba et les Nkrumah : qui régente l’Afrique ? Qui doit régenter l’Afrique ? La France ou les Africains ? L’Europe ou les Africains ? Les Américains ou les Africains ? Les Nations Unies ou les Africains? L’enjeu est en effet, de nouveau, bien celui-là : le droit à l’autogouvernement. Un droit à affirmer et à défendre aujourd’hui plus que jamais.

Combat d’arrière-garde dans un monde qui se mondialise ? Non, combat d’actualité car combat pour l’égalité des hommes ; combat légitime car refus non pas de l’universalité en soi mais de l’universalité imposée comme droit réservé au plus fort de définir et de nommer ce qui est légitime et ce qui ne le serait pas; combat juste car affirmation du droit de chacun de penser ses problèmes et d’arrêter ses propres solutions ; combat noble car élevé par la défense du droit à différer, car guidé par un seul souci : la protection de l’intangible droit universel à l’invention de soi.

L’invention de soi : tel est le combat de Gbagbo Laurent; le combat pour l'invention de soi restera comme la marque dans la mémoire africaine de Gbagbo Laurent, l’indocile.

17:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

06/04/2011

Libye: LES MENSONGES DE LA GUERRE DE L’OCCIDENT CONTRE LA LIBYE




A- LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE.
1- Premier satellite Africain RASCOM 1.
C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio WMAX. L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent.

Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2- Fond Monetaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine Des Investissements

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye, la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans. On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de
capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes, La France, la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques. Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux
dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller »

3- UNIONS REGIONALES COMME FREIN A LA CREATION DES ETATS-UNIS D’AFRIQUE

Pour déstabiliser et détruire l’union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’UPM sans le
principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort – né avec Sarkozy comme Président et Mubarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sur. Ce que les dirigeants Africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européennes à financer l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une
organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA, l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

4- KADHAFI, L’AFRICAIN QUI A PERMIS DE LAVER L’HUMILIATION DE L’APARTHEID

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé a la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela que à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations Unis contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie ; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de
route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant a l’ex Président Américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire ». il ajouta : « ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés des dangereux
terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008, pour que le Congrès Américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutient d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ?

B- CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DEMOCRATIE SONT-ILS DE VRAIES DEMOCRATIES ?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France, la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le Président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le Président Français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etat Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuel de jugement et d’appréciation ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France, l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712
qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre « Contrat Social » que : « il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais». Pour qu’un état soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1- Dimension de l’Etat : plus un état est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat Libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points
communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande Bretagne, des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant cote-à-cote pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres. On est ainsi arrivé
jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se dé finissement comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux meurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur
avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’état contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes. Il suffit de voir le classement FORBES 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- PAS DE LUXE. Pour Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Ya-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe
d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme « la dictature des élites ». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui s’est substitué au peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est
donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenue par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc...

Combien de personnes dans les pays autoproclamés « démocratiques » savent qu’au Pérou la constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB. Ceux qui
disent que Kadhafi a tiré sur son propre peuple savent-ils que c’est exactement ce que le héro de Obama, Abraham Lincoln a fait, mais avec 630.000 morts ?

La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot « démocratie » qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de
rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : « Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre.

C- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée « protection des peuples », validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l’Egypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent
ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun.

C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème.

L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute
la fédération africaine, sinon rien.

Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain.

Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disant communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple Chinois en lieu et place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec doit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le Ministre
Chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Cote d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le
président Sud-Africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° disant le contraire après une petite visite de 8 heures à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.

La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.

Genève le 28/03/2011

Jean-Paul Pougala - pougala@gmail.com

(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse.

16:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)