topblog Ivoire blogs

14/03/2011

La Démocratie Universelle selon Mr SHANDA TONME

Par Pérignama SYLLA, architecte D.E.I.A.U

"La répression brutale et sanglante contre les manifestants qui réclament le départ du vieux dictateur, a été qualifiée de crime contre l’humanité par l’organe suprême de l’ONU dont la responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationale est fondamentale dans l’armature du système de sécurité collective planétaire".

C’est par cette perle que Mr SHANDA introduit l’exposition de sa théorie nouvelle sur la DEMOCRATIE UNIVERSELLE. Pauvre KADHAFI, pauvre KADHAFI car c’est au moment même où il entreprend une action de grande envergure pour son peuple (distribution de 20 000 logements) à Benghazi que le sort se retourne contre lui et offre à l’Occident l’étalage de sa bonne conscience universelle. L’occasion est trop bonne pour se débarrasser du leader libyen et faire main basse sur le pétrole du peuple libyen.

Cela dit en passant, car mon article n’est pas destiné à défendre Mouammar KADHAFI mais plutôt à réagir face à l’enthousiasme infantile et suspect de Mr SHANDA. N’ayant pas suivi le débat entre le Pr. Jean Emmanuel PONDI et monsieur Alain FOKA, je ne saurai prendre parti dans ce débat. Néanmoins je suis totalement d’accord avec Mr Shanda TONME que l’on ne peut soutenir pour quelques raisons que ce soit, des dictatures ou défendre des génocidaires tribalistes. Là s’arrêtent nos points d’accord. Car il me semble bien que l’on ne peut comparer GBAGBO et KADHAFI à A. HITLER sans friser le ridicule. G. BUSH et les dirigeants israéliens sont plus proches des pratiques d’HITLER que les deux dirigeants africains suscités.

Deuxième perle de Mr Shanda :

"Que personne ne s’y méprenne donc, car la sortie du Conseil de sécurité, est une sonnette d’alarme forte à l’endroit d’individus convaincus de tricherie avec les principes, et pourfendeurs de normes générales de progrès, de démocratie et d’unification des valeurs de transparence, d’humanisme et de solidarité".

On croit rêver face à des déclarations aussi candides si la situation n’était pas des plus tragiques. Mr Shanda ne comprend même pas que la démocratie moderne est une vaste fumisterie et que si l’on inventait une formule mathématique de la démocratie, peu de pays rempliraient les conditions minimales de cette formule. Et mieux, ceux qui la rempliraient ne seraient pas forcément ceux que beaucoup imaginent être des pays démocratiques. En fait le vrai problème de KADHAFI est qu’il est toujours resté à égale distance des grandes puissances. Or la règle actuelle du monde en voie "de démocratisation universelle" est qu’il faut toujours se mettre sous le manteau protecteur d’une grande puissance en avalant de temps en temps les couleuvres qu’elle voudrait bien qu’on avale.

Mais passons

Mini perle :

"Du Darfour à Abidjan en passant par Tripoli et Pékin, le message est celui de l’avènement d’une nouvelle ère, balancé aux partisans de l’idéologie du village et des dictatures au nom des clans mafieux restreints".

Monsieur, pensez-vous que les dirigeants chinois soient devenus subitement myopes en votant la résolution contre la Libye (la déclaration de KADHAFI déclarant d’ailleurs réserver un nouveau Tian an men à ses manifestants n’est pas des plus heureuses), eux qui justifiaient déjà la répression de 1990 en disant qu’ils ne pouvaient se permettre une diversion pour ne pas laisser le monde entre les mains des américains ? Qu’est –ce qui peut nous protéger aujourd’hui face à l’arrogance envahissante des Etats – Unis ? La Chine montante.

« A. La mutation obligée du monde

Au départ, c’est le principe de l’obligation de l’Etat nation en fonction de ses engagements dans le cadre des traités et des conventions qui fonde les rapports internationaux et cimente le droit international. En somme, l’Etat n’est lié que pour autant qu’il a, au préalable, accepté d’être partie à un arrangement, un instrument de régulation des relations internationales.

Toutefois, en revisitant le préambule de la charte de l’ONU, où les peuples sont définis de façon collective et le destin de l’humanité traduit dans un discours globalisant, on s’aperçoit que la théorie de l’Etat indépendant, de l’Etat arrogant et libre qui ferait ce qu’il veut et ne respecterait que les accords et conventions auxquels il serait partie, est un leurre.

Dans la convention de Vienne de 1969 relative au droit des traités, l’article 53 établit déjà une norme impérative qui ne pourrait pas être transgressée par quiconque et sous aucun prétexte. C’est ici, la véritable consécration d’un ordre public international, porteur des valeurs morales universelles communes à toutes les civilisations ».

Que le lecteur m’excuse pour des citations aussi longues de Mr SHANDA TONME qui n’arrive pas à réaliser que le véritable problème pour une véritable consécration d’un ordre public international est que chaque grande puissance du moment essaie de faire passer certains de ses particularismes pour "des valeurs morales universelles". Ainsi les valeurs morales universelles de l’Occident chrétien et capitaliste du moyen âge jusqu’au début du 20 eme siècle est que le noir est infrahumain et mérite d’être réduit à l’état d’esclave pour aller remplacer les pauvres amérindiens qu’on abat comme du bétail pour la bonne marche de la société capitaliste chrétienne.

Pire, il ne s’aperçoit même pas que l’Etat indépendant, … arrogant et libre qui ferait ce qu’il veut et ne respecterait que les accords et conventions auxquels il serait partie, n’est pas un leurre. Cet Etat, ce sont justement les Etats-Unis d’Amérique qui occupent de manière arrogante la base de Guantanamo en République libre de Cuba contre la volonté des autorités cubaines, qui envahissent L’Irak contre l’avis des Nations Unies sous des prétextes fallacieux de possession d’armes de destruction massives (qui est fou pour aller attaquer un pays possédant des armes de destructions massives ?), qui maintiennent artificiellement la division de la Chine en entretenant l’illusion de l’indépendance de Taipei (origine du déclenchement de la troisième guerre mondiale ?), sabordage des accords de Kyoto et mise en échec du sommet mondial sur l’environnement aux Pays Bas. Et j’en passe.

Sur la "Transcendance des solidarités négatives"

Si Mr SHANDA TONME faisait la somme des solidarités négatives au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies, il verrait que les Etats-Unis détiennent le record avec leur veto de soutien à l’Etat raciste et colonialiste d’Israël.

J’ai déjà expliqué plus haut l’origine de l’unanimité du vote contre KADHAFI. A cela je dois ajouter le tapage médiatique et ce que les russes appellent "l’obligation pour les grandes puissances de se prononcer dans le chaud au risque de se tromper".

Sur la Cour pénale internationale, l’hypocrisie des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine est des plus révoltantes. Voila trois pays membres du Conseil de Sécurité des Nations qui n’adhèrent pas à cette Cour et qui ont souvent l’outrecuidance d’y envoyer des citoyens ou dirigeants d’autres pays. Qu’il est beau et juste le Nouvel Ordre International de Mr S. TONME.

L’extraterrestre Mr S. TONME ignore ce que c’est que le droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations, ce qui lui permet de rêvasser à un "demain, où, ni Israël traditionnellement protégé par les Etats Unis, ni les Etats Unis eux-mêmes, n’échapperont à une mise en cause automatique et sévère en cas de dérapage ouvert attentatoire à la constance de la paix et de la sécurité internationale". Ha ! Solidarité négative quand tu nous tiens !

Nous n’allons pas épiloguer sur la puérile imagination de notre cher Mr SHANDA TONME qui fait s’entendre STALINE, CHURCHILL et ROOSEVELT.

La peur panique que STALINE inspirait à CHURCHILL est légendaire. Et dès 1950 la confrontation armée entre l’occident capitaliste et expansionniste et l’Union soviétique de Staline avait commencé en Corée. Conflit qui perdure jusqu’à nos jours.

Que "La charte adoptée à San Francisco, était et demeure futuriste par certains aspects…", prouve tout simplement que le monde a peu évolué depuis la deuxième guerre mondiale.

Troisème perle, que j’appellerai PERLE DES PERLES.

"Le monde comprendra bientôt, que pour les riches et pauvres de Chine, riches et pauvres des Etats Unis et de Russie, les riches et pauvres de Dakar et de Brasilia, la liberté a une même évidence".

Mais Mr, le monde entier sait que pour les riches de Chine, des Etats Unis et de Russie, de Dakar et de Brasilia, la liberté a « un goût délicieux » et qu’il ne faut justement pas que les pauvres travailleurs des villes et des campagnes goûtent à ce fruit défendu qui a causé la perte du monde depuis la désobéissance biblique de Adam et de ève.

Tant que Le célèbre professeur camerounais, ne pourra pas dire où se trouve le téléphone mobile qui porte la couleur de la culture africaine, ni que la voiture qui roule dans les régions froides de la Sibérie n’est pas adaptée aux conditions du Sahara ou de la savane africaine, l’Afrique sera condamnée à être à la traîne des autres nations du Monde.

Elle sera tellement à la traîne du reste de l’humanité que lorsqu’elle se débarrasse de ces dictateurs, l’Occident mobilisera toujours ses forces de répression pour barrer la route à ces hordes de sous hommes qui menacent d’envahir "l’eldorado" européen construit sur l’esclavage du peuple noir, la colonisation des peuples d’Asie, le Génocide des peuples du Continent Outre Atlantique, l’Apartheid, l’extermination des peuples noirs d’Australie et des autres îles de l’Océanie. Ô peuple noir, s’il avait été facile de t’éliminer de la surface de la terre, l’humanité aurait-elle fait pour autant un pas vers l’extinction des particularismes et l’unification des doctrines, des idéologies et des besoins de bonne gouvernance ? Assurément non.

C. Last but not the least comme disent les cousins anglo-saxons des latins. Parlons de "L’unification des causes et la fin des régimes sauvages négateurs des transitions démocratiques pacifiques".

Pour parler franchement on a l’impression d’avoir à faire à un agent propagandiste de la CIA. Ecoutez ou lisez plutôt :

"De Brazzaville à Téhéran en passant par Yaoundé et Caracas puis La Havane et Pékin, les dirigeants tremblent et perdent le sommeil. Ce que le conseil de sécurité a fait pour la Libye , ouvre sans aucun doute la porte, à au moins trois voies d’action qui sont susceptibles de mettre fin à certaines formes de conduite des affaires publiques :

Premièrement, l’institution des critères rigoureux pour la qualification d’Etat membre de la communauté des nations, se profile inéluctablement à l’horizon. Le président américain Ronald REAGAN soutenait déjà en 1983, qu’il est inapproprié de mélanger dans la même fournaise et avec des considérations d’égalité souveraine qui ouvrent la voie à tous les abus, des nations à peine sorties de l’obscurité, avec des nations très développées qui ont atteint un seuil de respect des principes importants".

Il avait raison le génial Ronald REAGAN. De toute façon il ne faisait que répéter comme un perroquet ce que ses ancêtres avaient méthodiquement appliqué : la race aryenne est la race supérieure, les autres peuples ne méritent qu’esclaves et travail forcé.

"Aucun président de la nation la plus puissante et la plus riche du monde que sont les Etats unis, ne peut disposer d’une fortune équivalente à celle du dernier des chefs d’Etat Africain".

Qui est le dernier des chefs d’Etat africain ? Moi je sais que si l’on mettait ensemble les fortunes de NKRUMAH, LUMUMBA, MODIBO KEITA, SEKOU TOURE, JJ RAWLINGS, MANDELA, MBEKI et de SANKARA, le montant sera inférieur à celle du plus pauvre Président des Etats-Unis jusque et y compris notre cher OBAMA.

Il est vrai qu’il ne sied pas de "jouer au nationaliste blessé ou au nègre révolté…", mais, sied-il pour autant de jouer au nègre ignare ébahi devant les turpitudes de l’Occident ? Tout le monde sait que votre MOBUTU était un agent de la Central Intelligence Agency (CIA) qui l’a utilisé pour assassiner le nationaliste et nègre Patrice LUMUMBA avant de le jeter comme le malpropre qu’il était quand ils n’en ont plus eu besoin.

Dans votre rôle macabre vous en arrivez l’on ne sait guider par quoi à oublier que L’Iran et le Vénézuéla sont des pays démocratiques selon les standards "internationaux" et occidentaux actuels. Pour vous tout régime qui est opposé aux Etats-Unis est automatiquement classé antidémocratique. Avec des raisonnements de ce genre, l’Humanité universelle est à plaindre.



Cher Mr SHANDA TONME, vous pouvez être certain d’une chose. La Biélorussie n’a rien à craindre du prétendu règne de la prétendue universalité si ce n’est des gesticulations de l’occident car figurez-vous que la Russie a déjà mis en garde contre la déstabilisation de ce pays et fait comprendre qu’elle est prête à collaborer avec n’importe quel régime dans cet pays qui est une autre Russie (Biélorussie signifiant Russie blanche).

Je ne suis ni musulman ni chrétien, mais vous avec votre universalisme transcendantal, pouvez-vous m’expliquer tout le combat que l’Occident chrétien est en train de livrer à l’Islam aujourd’hui ? Ou bien peut être que Jésus est plus Universel que Mahomet ? Mais tous deux ne viennent-ils pas du Moyen Orient ?

L’humanité aura franchit un pas de géant lorsqu’il sera ancré dans la tête des humains (femmes et hommes) que l’Universel existe dans le particulier et que seule l’existence du particulier rend possible l’existence de l’Universel.

Savez-vous pourquoi la "dictature communiste en Chine" comme vous dites va durer ? Parce que très bientôt, la Chine va ravir la place de première puissance économique mondiale aux Etats-Unis et que de ce fait elle deviendra la première puissance militaire du Monde. Et les peuples ont toujours confiance en leurs dirigeants quand ils les amènent aux premières places des nations dans le Monde.

Vous êtes tellement emporté par votre lyrisme que vous ne pouvez même pas réaliser que le système étasunien est tellement peu démocratique. Remarquez d’ailleurs que vous n’êtes pas le seul à ne pas comprendre la nature oligarchique de ce système. Savez-vous par exemple que le seul suffrage qu’OBAMA a gagné a été celui organisé entre lui et Hillary CLINTON par le parti démocrate ? Savez- vous que pour briguer ce mandat, il a fallu qu’il soit sénateur ? Que pour être sénateur, il n’a point été élu mais désigné à ce poste par son prédécesseur ? Or en 2008 même si c’est vous qui étiez désigné comme candidat des démocrates, vous auriez battu Mac CAIN ? Et c’est ce même oligarque Mac CAIN qui est en train de donner des ordres aujourd’hui à OBAMA pour qu’il donne l’ordre d’attaquer la Libye. Que va-t-il arriver à OBAMA s’il refuse d’obtempérer ?

Notre démocrate révolutionnaire est si emporté qu’il est prêt à livrer un combat sans merci aux monarchies constitutionnelles d’Europe pour cause de rentabilité économique nulle.

Travail titanesque que tout cela ! Qu’allons-nous faire de ces monarques une fois déchus ? Les mettre en prison ? Les envoyer au champ ? À l’usine ? Les guillotiner ? Moi je propose que l’humanité universelle les envoie en exil sur la lune qu’ils pourront écumer à leur aise. Dommage que notre révolutionnaire économiquement utile ne comprenne pas encore une fois que les monarchies constitutionnelles d’Europe ne gouvernent ni "explicitement ou implicitement", ni "directement ou indirectement".

Assurément il faut se débarrasser de toute forme de monarchie mais pour d’autres raisons que des raisons de gouvernance.

Parlons de Jean Bedel BOKASSA de Centrafrique. N’est-ce pas le Général De GAULE qui l’a mis au pouvoir, lui que BOKASSA appelait Papa ? GISCARD l’a-t-il seulement déconseillé quand il a voulu se proclamer Empereur ? Cela ne facilitait-il pas les plans impérialistes français en Centrafrique tout en accréditant l’infantilisme "immobile" du peuple noir ?

"La nouvelle éthique démocratique, interventionniste et radicalement exigeante dans sa substance politique, morale et légale, s’appuiera inévitablement sur la prééminence des valeurs dialectiques contraignantes pour tous les citoyens du monde".

Belle perspective que cette nouvelle éthique démocratique qui certainement ne manquera pas de rattraper G. BUSH pour ses crimes odieux en Irak, sa loi légalisant la torture que les oligarques américains glorifient parce qu’elle serait efficace. Et que dire de B. OBAMA qui s’est empressé de déclarer dès son arrivée à la Maison Blanche qu’il n’a pas l’intention de le poursuivre devant les tribunaux américains malgré tous les actes de barbaries avérées ?

"Le scandale révélé lors de la mise en œuvre de la résolution de l’ONU pétrole contre nourriture à la suite de la première guerre du Golfe, laquelle fut baptisée, a apporté une preuve irréfutable du jeu trouble des dirigeants occidentaux. L’on se souvient que le Vice-président des Etats Unis, et le secrétaire Général de l’ONU, s’étaient retrouvés au centre des controverses, et par ailleurs que de nombreuses sociétés dans lesquelles les dirigeants de premier plan détenaient des actions, étaient les principaux bénéficiaires des milliards de dollars générés cette résolution".

Conclusion cher Mr SHANDA TONME ? Ce que vous appelez jeux trouble des dirigeants occidentaux n’est que leur mode d’existence universelle que seule votre solidarité négative outrancière empêche de voir. Dans la "démocratie universelle" que vous clamez à tort et à travers, la raison du plus fort est toujours la plus universelle. Voilà une vérité universelle que l’universelle humanité devrait connaître.

10:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

10/03/2011

Révolutions en Afrique Subsaharienne : Qui verra venir ?



Par Danièle HUBERT

Il est aujourd’hui reproché aux dirigeants occidentaux de "n’avoir rien vu venir" à propos des révolutions en cours en Afrique du Nord. Facile à dire après coup : qui pouvait prévoir que le suicide d’un jeune marchand de quatre saisons allait enflammer le monde arabe ?
Mais il serait impardonnable qu’il en soit de même quant aux évolutions parfaitement prévisibles du reste de l’Afrique.
Chacun sait que le continent africain, réservoir de matières premières considérable, joue un rôle de plus en plus déterminant dans l’économie de la planète et les équilibres géostratégiques. Les entreprises multinationales y réalisent des bénéfices qu’elles veulent bien sûr préserver, mais le sous-sol africain suscite aussi la convoitise des pays émergents qui veulent assurer les approvisionnements indispensables à leur développement.
Parallèlement, la lutte contre le terrorisme et la nécessité de sécuriser les approvisionnements énergétiques amènent les grandes puissances à être particulièrement attentives à ce qui se passe en Afrique.
Malgré le trésor que constituent les ressources de son sol, l’Afrique peine à se développer. Ceci tient au fait que l’émergence de dirigeants pouvant permettre la mise en place d’un nouveau partenariat gagnant/gagnant avec les grandes puissances et les entreprises multinationales se trouve entravée par un management politique d’un autre âge, plus ou moins pérennisé par des acteurs internationaux qui manquent de vision : la communauté internationale et le monde entrepreneurial doivent cesser de soutenir de quelque manière que ce soit des régimes prévaricateurs, au Gabon ou ailleurs. Ils doivent refonder la préservation légitime de leurs intérêts sur le développement, l’enrichissement des populations et l’ouverture de nouveaux marchés potentiellement considérables. Tout le monde à tout à y gagner.
Incapables de considérer l’intérêt commun, les dirigeants de ces pays se montrent le plus souvent déconnectés des préoccupations de leurs peuples et détournent au profit de leur clan les richesses nationales, au lieu de gérer la part du commerce mondial qui leur revient dans l’intérêt de tous. Ces abus se traduisent par une misère inacceptable et des inégalités explosives (le Gabon enregistre le premier PIB d’Afrique avec 14 500 $ par habitant et par an, alors que 60% de la population y vit dans des bidonvilles au-dessous du seuil de pauvreté).
Les peuples protestent, font grève, manifestent, se mobilisent au travers d’associations… tandis que les pouvoirs issus de la prétendue démocratisation des années 1990, tendent à se crisper. Coups d’état, falsification des élections, manipulations constitutionnelles… maintiennent au pouvoir quasi systématiquement des régimes rejetés par des peuples résignés, et contraints au silence par la peur.
Dans la plupart des pays d’Afrique, près de la moitié de la population à moins de 15 ans. Souvent précarisées et sans perspectives, les nouvelles générations cherchent leur place. Dans les campagnes en crise, les ghettos urbains ou sur les campus paupérisés, elles inventent des références culturelles, alimentant de nouvelles formes de contestation. Dans cet univers mouvant où les réseaux sociaux prennent une importance majeure, la tentation de la violence s’installe comme une donnée sociale, un défi pour des populations en quête légitime d’un avenir meilleur, qu’elles savent à portée de main.
L’Afrique est riche. Une distribution plus juste de ses ressources en ferait pour demain l’un des marchés présentant les plus forts potentiels de développement, dans l’intérêt même des économies occidentales.
Les responsables de la diplomatie française comprendront-ils enfin que l’évolution démocratique de toute l’Afrique sub-saharienne est inévitable ? La France saura-t-elle se positionner favorablement pour accompagner un développement porté par une énergie populaire qui ne demande qu’à s’exprimer ? Qui en France saura impulser un nouveau partenariat avec les dirigeants de demain ?

A l’IRIMEP nous le voulons, nous y travaillons.

09:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

08/03/2011

Les preuves que l'Onuci arme les terroristes :30 containers d'armes de l'Onu saisis par la gendarmerie à Bertoua (Cameroun)

L’encombrant colis était destiné au port ivoirien de San Pedro.Trente containers en provenance du Tchad et suspectés de contenir des armes ont été saisis, le vendredi 4 mars 2011, à Garoua-Boulai, bourgade du département du Lom et Djerem, par la brigade de gendarmerie locale. Il s’agirait vraisemblablement de containers d’armes de l’Onuci à destination de la Côte d’Ivoire. Le chef de l’Etat a été saisi du dossier.Selon des sources sécuritaires, proches de la légion de gendarmerie de l’Est à Bertoua, c’est le vendredi 4 mars 2011 que la brigade de gendarmerie de Garoua Boulai, a interpellé un convoi de 15 camions semi- remorques portant chacun deux containers. L’important convoi qui venait du Tchad, est arrivé au poste de contrôle frontalier de la gendarmerie nationale de Garoua-Boulaï la nuit tombante. Les gendarmes ont alors stoppé le convoi pour identification d’usage des conducteurs, et c’est là qu’ils ont découvert sur le pot aux roses. Un élément de la gendarmerie en poste à Garoua-Boulai, joint hier au téléphone par Le Messager, explique sous anonymat : “ Après avoir identifié les chauffeurs, nos éléments ont demandé à connaître ce qu’ils transportaient dans les containers. Tous ont déclaré qu’il s’agissait des vêtements et du coton qu’ils sont en train de convoyer vers le port de Douala. Ce qui a attiré l’attention des gendarmes est le fait qu’il y avait sur chaque container la mention “ Onuci Bouaké Côte d’Ivoire ”. Il se trouve qu’un convoi des Nations unies ne peut pas venir d’un pays voisin, et traverser ainsi tout le pays sans que les autorités militaires et de sécurité du pays concerné n’aient été informées. C’est pour cette raison que nos éléments ont tenu à vérifier ce qui se trouvait effectivement dans ces containers. ” Notre source indique alors que les chauffeurs se seraient d’abord opposés à la fouille des containers. Mais face à la détermination des gendarmes de Garoua-Boulaï, ils ont fini par obtempérer. C’est alors que, selon toujours notre source, les gendarmes auraient découvert dans deux des premiers containers contrôlés, des armes de guerre du genre Kalachnikov, Fusils d’assaut léger (Fal) et des grenades. Immédiatement, face à l’incapacité des chauffeurs des camions transportant ces colis de s’expliquer, les gendarmes ont donné l’alerte. Informé, le commandant de la légion de gendarmerie de l’Est va ainsi envoyer sur place des renforts pour convoyer tous les camions sur Bertoua. Le convoi arrive dans la capitale régionale du Soleil Levant au petit matin de samedi 5 mars 2011. La première exploitation des chauffeurs permet aux gendarmes de la légion de l’Est, de savoir que le cortège se rendait à Douala, où il était attendu au port de la capitale économique, pour embarquement des containers à direction de la Côte d’Ivoire, et précisément du Port de San Pedro. Pour en savoir plus, nous avons contacté le cabinet du secrétaire d’Etat à la Défense où une source officieuse a confirmé l’immobilisation de ce convoi de 15 camions à Bertoua par la gendarmerie. “ Pour l’instant, a-t-elle indiqué, il est difficile de dire avec le maximum de précision ce que contiennent ces containers. La haute hiérarchie a été informée de l’immobilisation des camions et des premiers éléments de l’enquête. Il s’agit d’un convoi des Nations unies. Nous ne pouvons pas l’ouvrir sans l’autorisation du chef de l’Etat ”. A la représentation des Nations unies à Yaoundé, on n’a pas semblé au courant de cette expédition. Voici ce que nous a répondu une voie autorisée : “ Ce qu’il faut savoir, c’est que ce n’est pas nouveau que des convois des Nations unies partent du Tchad pour Douala, et vice versa. Le Pam, par exemple travaille beaucoup avec le Tchad. Mais pour ce qui est d’un convoi de containers des Nations unies interpellé à Bertoua, je ne suis pas au courant ”. Pour sa part, joint au téléphone hier, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Cameroun est formel : “ J’ai été mis au courant par un appel téléphonique d’un individu disant vivre à Bertoua qui m’a informé de cette situation. Je suis en train de vérifier auprès des autorités camerounaises. En tout cas pour ce qui nous concerne, l’ambassade n’a pas été saisie du passage d’un convoi des Nations unies venant du Tchad, à destination de la Côte d’Ivoire. ” Au moment où nous mettions sous presse, dans la nuit de dimanche, les camions étaient toujours parqués à la légion de gendarmerie de l’Est, attendant sans doute que les forces de sécurité reçoivent de la présidence de la République des indications sur la conduite à tenir. Car, s’il était établi qu’il s’agit effectivement des containers d’armes, traversant le Cameroun pour aller sur un théâtre de guerre civile, dans un pays africain frère, le problème serait forcément diplomatique, et ne pourrait se traiter qu’au niveau du chef de l’Etat. Lequel voudrait bien, et devrait avoir la primeur des réponses aux questions de savoir si l’Onuci a opté définitivement pour une solution armée en Côte d’Ivoire, ou si des trafiquants d’armes ont usurpé le sigle des Nations unies pour tromper la vigilance de la douane et de la sécurité du territoire camerounais. Une chose est sûre : pour confirmer ou infirmer que les 30 containers ne contiennent que des armes, et en savoir plus sur l’expéditeur de la cargaison, les éléments de la gendarmerie ne peuvent les ouvrir au-delà du contrôle de routine qui les a conduits à la découverte, sans instructions du chef de l’Etat, si nous en croyons un haut responsable du Sed. C’est donc une affaire à suivre.

14:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

07/03/2011

SORTIE DE CRISE OU ...

Enfin de semaine dernière, la cote d'ivoire à reçu sur son sol le Président de l'UA, M. Jean PIN porteur d'une lettre adressée aux deux parties en conflit leur invitant à se rendre à Adis-abeba cette semaine ou il sera question pour le panel de rendre sa copie pour le règlement définitif du contentieux électoral qui déchirent malheureusement ce pays frère. Le plus intriquant c'est d'entendre le président de l'UA appelé M. ouattara (M. le Président) dans une interview à Africa 24. C'est dire que la solution est déjà trouvée et que le départ de Laurent GBAGBO en Ethiopie correspondrais peut-être au cas de figure que le RHDP décrivait avec tant de faste au début de la crise. C'est à dire l'enlèvement du président GBAGBO par un commando de la présidence sans effusion de sang. L'UA serait-elle devenue un commando? Wait and see!!!

15:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

04/03/2011

L'INDEPENDANCE EN AFRIQUE : UNE MASCARADE

Extrait de "La force qui nous manque"

Par Eva JOLY

Lorsque j'ai pris en charge l'instruction de l'affaire Elf, j'avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n'aimais pas leur arrogance, la façon qu'ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu'ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j'étais prête à les croire. Je sortais de plusieurs années en détachement au ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d’une compétence absolue.

J'avais confiance dans les institutions de mon pays d'adoption. Je n'imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même. Pourtant au fil de mon enquête, j'ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m'arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l'étranger. Je découvrais des chemins qu'il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m'ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d'un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l'Elysée.

Ce n'était pas mon rôle d'en tirer les conclusions politiques, mais j'en ai gardé l'empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j'ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié. Il serpente depuis le bureau d'un directeur des hydrocarbures d'Elf, jusqu'à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d'Omar BONGO : quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d'une part, le budget de l'Etat et le gouvernement d'autre part.

J'emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l'étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes. Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là :

Les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l'influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l'économie des pays.

Et si je m'arrête un instant au Gabon, qu'est-ce que j'y vois ? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un Pib par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $) ? Ou un pays pauvre où l'espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ?

Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l'uranium, fief de Total-Elf la première capitalisation boursière française.

Si les habitants de Libreville n'ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c'est parce que la France s'est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d'un président, enrôlé dès son service militaire par l'armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris. Il était alors le plus jeune chef d'Etat du monde.

La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune. En retour, Omar BONGO fait table ouverte plusieurs fois par an, avenue Foch ou à l'hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences.

Dans les années 1990, un homme politique français du premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d'un contrat de "consultant" signé par Omar BONGO et largement rémunéré. De Roland DUMAS, le président gabonais dit qu'il est "ami intime". Prévoyant, il apprécie aussi Nicolas SARKOZY, venu "prendre conseil" en tant que candidat à l'élection présidentielle.

Lorsque au cours de l'instruction, nous avons perquisitionné au siège de la Fiba, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients, qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C'était une sorte de Who's Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l'envers de la République et des médias.

A ceux qui croient encore à l'aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La corrélation est régulière entre le montant de l'aide française et la richesse en matières premières.

En clair, celui qui n'a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris…Il n'est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l'un des premiers bénéficiaires de l'aide publique française au développement.

Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d'éducation. L'argent s'est perdu en route. Il est justement fait pour cela. Il ne s'agit pas d'une dérive mais d'une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d'espionnage permanent et de barbouzes. Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au parquet de Nanterre, qui se gardait bien d'ouvrir des enquêtes.

Car Elf hier, Total aujourd'hui, est un État dans l'État, conçu par Pierre GUILLAUMAT un ancien ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris. La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures.

La France se sert d'Elf-Total pour affirmer sa puissance. La compagnie intervient dans le golfe de Guinée, au Nigéria, au Congo Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s'est fait sentir.

Le chaos, lorsqu'il se produit, ne trouble pas le système. Il n'est qu'à voir l'Angola, en guerre pendant des dizaines d'années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n'a raté sa destination. Pendant la guerre, les affaires continuaient…

Les banques françaises, BNP-Paribas en tête, ont même profité de l'occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu'elles ne prenaient pas le moindre risque. L'argent, là aussi, n'a pas été perdu pour tout le monde. C'est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j'ai ouvert le dossier Elf, dans mon bureau de la galerie financière, j'ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j'ai appris en marchant. A l'arrivée, le tableau est effrayant. L'Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l'être.

Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d'émigrants regardant vers le nouveau monde américain. Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d'un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer. Il envoya vers l'Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l'œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d'expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l'exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant.

Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d'entre eux ont versé des commissions et que la tentation d'abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n'a pas à rougir de ce qu'elle a fait de son pétrole. Ce que j'ai vu, les rapports internationaux qui l'attestent, est une œuvre d'espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l'image qu'elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la Justice et la démocratie ? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu'ils ont vu ? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts à s'enflammer, n'ont-ils rien voulu voir ?

L'indépendance en Afrique : une mascarade Je ne condamne pas. J'ai partagé cet aveuglement. J'étais comme eux, avant de glisser l'œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille : la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L'indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l'Ouest.

L'Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d'être le "gendarme" qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De GAULLE et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l'hydre américaine.

Elf était l'une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique. Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que "là-bas, c'est différent".

- Là-bas, c'est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence.

- Là-bas c'est normal la présence de l'armée française, les proconsuls à l'ambassade ou à l'état-major, les camps militaires.

- Là-bas, c'est normal l'instruction des gardes présidentielles.

- Là-bas, c'est normal la captation des richesses naturelles.

D'ailleurs "tout le monde fait pareil". Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s'offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d'un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington.

Il y a pourtant bien des symétries. J'ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien.

Dans cette région du Nigéria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l'indépendance. S'ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l'Elysée via des sociétés suisses. La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l'aller, remplie d'armes…

A l'image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques FOCCART, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d'alors, généraux d'aujourd'hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d'histoire. Des drames comme celui-ci, l'Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De GAULLE, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François MITTERRAND, les assassinats d'opposants, les manipulations d'élection…

Le passif de la France sur le continent africain n'a rien à envier à l'impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient. Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s'est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l'objet d'une proposition de loi, largement soutenue par les députés.

Bien sûr, l'histoire de la France en Afrique ou en Asie du Sud-Est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu'ils ont découverts. A Madagascar les vazas, ces pieds-noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l'état des routes et des infrastructures françaises au moment de l'indépendance. Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire.

Il est des secrets soigneusement cachés dont l'onde portée va bien au-delà d'une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout : du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes. La République française paie aujourd'hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins, nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.

Les gouvernements successifs n'ont pourtant cessé d'inventer des périphrases : "indigène musulman", "sujet africain non naturalisé", "Jfom" (Jeune Français Originaire du Maghreb), "jeune issu de l'immigration", "fils de harkis", "jeune des quartiers", "Arabo-musulman", "Français d'origine arabe", "Français musulman"…

La France de 1789, incompatible avec la françafrique. La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, ses enfants d'ascendance africaine n'étaient pas français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme.

Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère. Mais la manière dont la firme s'est bâtie fait partie de l'héritage. Qui osera un jour rendre au Nigéria, au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville ce que la France leur doit ?

Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l'uranium du Niger ou ceux des mines d'or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu'une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol ?

La République a contracté une dette qu'il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l'Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d'un avis d'expulsion.

Je rêve, pour ce pays que j'aime, d'un réveil collectif. Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu'une génération a fait, une autre peut le défaire. C'est possible.

11:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

03/03/2011

COMMENT VENIR Á BOUT D’UNE DICTATURE



Par Gene SHARP (Extrait de : Le Pouvoir Social)
On ne peut coloniser que ceux qui sont colonisable ; un peuple instruit ne se soumet jamais.

Dans un premier temps, il est primordial d’identifier et de nommer précisément la nature du système ou du régime politique : Démocratie ou Dictature.
La démocratie est un Système politique dans lequel la Souveraineté est attribuée au peuple qui l'exerce de façon :

- Directe : régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d'exécution, la démocratie directe ;

- Indirecte : régime dans lequel le rôle du peuple se borne à élire des représentants, la démocratie représentative ;

- Semi-directe : variété de la démocratie indirecte dans laquelle le peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par les référendums, véto ou initiatives populaires.

Le terme "démocratie" qualifie tout pays qui est reconnu comme appliquant des principes démocratiques dans son fonctionnement.

La dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite.

Dans toute société le niveau de liberté ou de tyrannie dépend largement de la détermination des sujets à être libres, de leur volonté et de leur capacité à s'organiser pour vivre LIBREMENT, et surtout de leur aptitude à résister à tous les efforts de domination ou d'asservissement.

En d’autres termes, la population peut utiliser la société elle-même comme moyen d’établir et de défendre sa liberté. C'est le pouvoir social, et non les moyens technologiques de destruction, qui constitue la plus forte garantie de la LIBERTE.

On pourrait penser que les résistances civiles sont des processus réservés aux nations démocratiques ou développées ; En fait, on constate que tous les pays sont touchés. C’est un phénomène universel.

Au final, la décision de suivre ou pas les politiciens appartient au citoyen.

Pouvons-nous développer et mettre en œuvre avec succès dans nos sociétés une politique de défense élaborée afin de dissuader des agressions intérieures et étrangères?

La plupart des gens trouvent étrange voire absurde, l'idée qu'une population sans armées, sans chars, ni avions, sans bombes ni missiles puissent renverser une dictature, réduire à l'impuissance des armées d'invasion, empêcher une prise de pouvoir contraire à la constitution et vaincre des agresseurs.
Pourquoi les mouvements de NON-COOPERATION et DE DÉFI ont-ils pu déposer des dirigeants auparavant puissants? (Shah d'Iran, Milosevic, Didier Ratshiraka, Baby Doc d'Haïti...)

Tout simplement parce que ces mouvements ont frappé au talon d’Achille de tout gouvernement ; la dépendance des gouvernements et l’affaiblissement des sources du pouvoir.
TOUS LES GOUVERNANTS SONT DEPENDANTS
Les gouvernants ne sont pas nés avec le pouvoir, ils ne le possèdent pas... En fait ils ne peuvent utiliser ce pouvoir que dans la mesure où ON LES LAISSE EN DISPOSER.
Pour que les gouvernants puissent exercer le pouvoir politique, il faut que "les gouvernés" leur reconnaissent une autorité. Que ces gouvernants aient ainsi la capacité de diriger la conduite des autres, de gérer les administrations chargées de mettre en œuvre leur politique et de donner des ordres aux organisations répressives ou combattantes.

La disponibilité de chacune de ces sources de pouvoir dépend de la coopération et de l'obéissance de la population et des divers groupes et institutions de la société que l'on entend diriger. Cela signifie que ces moyens ne sont pas automatiquement à la disposition des gouvernants éventuels.
IDENTIFIER LES SOURCES DU POUVOIR
L'autorité : Quelle proportion de la population croit profondément et fermement au droit qu'ont les gouvernants à les gouverner ?
L'adhésion : Le pouvoir des gouvernants est lié au nombre de personnes et d'organisations qui leur obéissent, qui coopèrent ou les aident, au pourcentage de ces personnes dans l'ensemble de la population.

- Combien de personnes et quelles institutions apportent ou refusent leur aide ?

- Que se passent-ils si les gens refusent de reconnaître le dictateur ou des envahisseurs qui les ont vaincus militairement sont devenus leurs maîtres politiques ?

C’est une erreur que de croire que le pouvoir politique vient de la violence.

Ce qui revêt une grande importance, c'est le choix de désobéir, la volonté de contester et l'aptitude à résister afin de vaincre des oppresseurs, des tyrans ou des agresseurs qui disposent d'une capacité presque illimitée de détruire ou de tuer.

L’aptitude de la population à agir collectivement pour contrôler ces gouvernants sera très influencée par la position des organisations et institutions non gouvernementales car c'est à travers ces corps constitués que les gens peuvent agir collectivement.

Ces organisations et institutions non gouvernementales sont les carrefours du pouvoir.

Ce sont "les lieux" de la société où réside le pouvoir. C'est là qu'il s'exprime, qu'il converge. On retrouve dans ces lieux les grandes organisations et institutions sociales : familles, associations, groupes religieux, les administrations et partis politiques.

- Par exemple les sermons d'un prêtre dissident pourront toucher un nombre limité de paroissiens dévoués.

- Par contre si l'Eglise dans son ensemble, s'adressant à la Nation condamne le régime et le déclare illégitime, elle peut provoquer la chute du gouvernement.

Il est donc essentiel que la NON –COOPÉRATION et la DÉSOBÉISSANCE viennent des organisations et des institutions et non pas des individus isolés.

Les compétences et la connaissance : Le pouvoir des gouvernants dépend également des compétences et du savoir-faire des personnes et des organisations prêtes à les aider et à les obéir, tout en étant capables de subvenir à leurs besoins (corruptions, clientélisme...)
Les facteurs intangibles : Les facteurs psychologiques et idéologiques, les émotions et les croyances ont également leur importance dans le soutien accordé aux gouvernants. Ces facteurs sont multiples :

- Habitudes et attitudes par rapport à l'obéissance et la soumission ;

- Présence ou absence d'une foi, d'une idéologie partagée (nationalisme) ;

- Sens d’une mission commune (lutter pour l’intégrité territoriale du pays) ;

Les moyens matériels : Rechercher à quel point les gouvernants contrôlent la propriété, les ressources naturelles et financières (rôle des multinationales), le système économique, les moyens de transport et de communications (souvenons-nous de Myko - Télecel dans la chute de Mobutu) - (la télé, radio..).
Ces moyens matériels sont-ils prêts ou non à servir les objectifs des gouvernants ?
Les sanctions : La dernière source de pouvoir des gouvernants réside dans la nature et l'étendue des sanctions (ou mesures répressives) dont ils disposent. Ces moyens et sanctions sont-ils limités ? Ou sont-ils réellement disponibles et fiables ?

Ces 6 sources du pouvoir sont très rarement TOUTES à l’entière disposition des gouvernants. Leur disponibilité évolue en permanence. Ces modifications augmentent ou réduisent le pouvoir des gouvernants.

11:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

COMMENT VENIR Á BOUT D’UNE DICTATURE



Par Gene SHARP (Extrait de : Le Pouvoir Social)
On ne peut coloniser que ceux qui sont colonisable ; un peuple instruit ne se soumet jamais.

Dans un premier temps, il est primordial d’identifier et de nommer précisément la nature du système ou du régime politique : Démocratie ou Dictature.
La démocratie est un Système politique dans lequel la Souveraineté est attribuée au peuple qui l'exerce de façon :

- Directe : régime dans lequel le peuple adopte lui-même les lois et décisions importantes et choisit lui-même les agents d'exécution, la démocratie directe ;

- Indirecte : régime dans lequel le rôle du peuple se borne à élire des représentants, la démocratie représentative ;

- Semi-directe : variété de la démocratie indirecte dans laquelle le peuple est cependant appelé à statuer lui-même sur certaines lois, par les référendums, véto ou initiatives populaires.

Le terme "démocratie" qualifie tout pays qui est reconnu comme appliquant des principes démocratiques dans son fonctionnement.

La dictature désigne un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite.

Dans toute société le niveau de liberté ou de tyrannie dépend largement de la détermination des sujets à être libres, de leur volonté et de leur capacité à s'organiser pour vivre LIBREMENT, et surtout de leur aptitude à résister à tous les efforts de domination ou d'asservissement.

En d’autres termes, la population peut utiliser la société elle-même comme moyen d’établir et de défendre sa liberté. C'est le pouvoir social, et non les moyens technologiques de destruction, qui constitue la plus forte garantie de la LIBERTE.

On pourrait penser que les résistances civiles sont des processus réservés aux nations démocratiques ou développées ; En fait, on constate que tous les pays sont touchés. C’est un phénomène universel.

Au final, la décision de suivre ou pas les politiciens appartient au citoyen.

Pouvons-nous développer et mettre en œuvre avec succès dans nos sociétés une politique de défense élaborée afin de dissuader des agressions intérieures et étrangères?

La plupart des gens trouvent étrange voire absurde, l'idée qu'une population sans armées, sans chars, ni avions, sans bombes ni missiles puissent renverser une dictature, réduire à l'impuissance des armées d'invasion, empêcher une prise de pouvoir contraire à la constitution et vaincre des agresseurs.
Pourquoi les mouvements de NON-COOPERATION et DE DÉFI ont-ils pu déposer des dirigeants auparavant puissants? (Shah d'Iran, Milosevic, Didier Ratshiraka, Baby Doc d'Haïti...)

Tout simplement parce que ces mouvements ont frappé au talon d’Achille de tout gouvernement ; la dépendance des gouvernements et l’affaiblissement des sources du pouvoir.
TOUS LES GOUVERNANTS SONT DEPENDANTS
Les gouvernants ne sont pas nés avec le pouvoir, ils ne le possèdent pas... En fait ils ne peuvent utiliser ce pouvoir que dans la mesure où ON LES LAISSE EN DISPOSER.
Pour que les gouvernants puissent exercer le pouvoir politique, il faut que "les gouvernés" leur reconnaissent une autorité. Que ces gouvernants aient ainsi la capacité de diriger la conduite des autres, de gérer les administrations chargées de mettre en œuvre leur politique et de donner des ordres aux organisations répressives ou combattantes.

La disponibilité de chacune de ces sources de pouvoir dépend de la coopération et de l'obéissance de la population et des divers groupes et institutions de la société que l'on entend diriger. Cela signifie que ces moyens ne sont pas automatiquement à la disposition des gouvernants éventuels.
IDENTIFIER LES SOURCES DU POUVOIR
L'autorité : Quelle proportion de la population croit profondément et fermement au droit qu'ont les gouvernants à les gouverner ?
L'adhésion : Le pouvoir des gouvernants est lié au nombre de personnes et d'organisations qui leur obéissent, qui coopèrent ou les aident, au pourcentage de ces personnes dans l'ensemble de la population.

- Combien de personnes et quelles institutions apportent ou refusent leur aide ?

- Que se passent-ils si les gens refusent de reconnaître le dictateur ou des envahisseurs qui les ont vaincus militairement sont devenus leurs maîtres politiques ?

C’est une erreur que de croire que le pouvoir politique vient de la violence.

Ce qui revêt une grande importance, c'est le choix de désobéir, la volonté de contester et l'aptitude à résister afin de vaincre des oppresseurs, des tyrans ou des agresseurs qui disposent d'une capacité presque illimitée de détruire ou de tuer.

L’aptitude de la population à agir collectivement pour contrôler ces gouvernants sera très influencée par la position des organisations et institutions non gouvernementales car c'est à travers ces corps constitués que les gens peuvent agir collectivement.

Ces organisations et institutions non gouvernementales sont les carrefours du pouvoir.

Ce sont "les lieux" de la société où réside le pouvoir. C'est là qu'il s'exprime, qu'il converge. On retrouve dans ces lieux les grandes organisations et institutions sociales : familles, associations, groupes religieux, les administrations et partis politiques.

- Par exemple les sermons d'un prêtre dissident pourront toucher un nombre limité de paroissiens dévoués.

- Par contre si l'Eglise dans son ensemble, s'adressant à la Nation condamne le régime et le déclare illégitime, elle peut provoquer la chute du gouvernement.

Il est donc essentiel que la NON –COOPÉRATION et la DÉSOBÉISSANCE viennent des organisations et des institutions et non pas des individus isolés.

Les compétences et la connaissance : Le pouvoir des gouvernants dépend également des compétences et du savoir-faire des personnes et des organisations prêtes à les aider et à les obéir, tout en étant capables de subvenir à leurs besoins (corruptions, clientélisme...)
Les facteurs intangibles : Les facteurs psychologiques et idéologiques, les émotions et les croyances ont également leur importance dans le soutien accordé aux gouvernants. Ces facteurs sont multiples :

- Habitudes et attitudes par rapport à l'obéissance et la soumission ;

- Présence ou absence d'une foi, d'une idéologie partagée (nationalisme) ;

- Sens d’une mission commune (lutter pour l’intégrité territoriale du pays) ;

Les moyens matériels : Rechercher à quel point les gouvernants contrôlent la propriété, les ressources naturelles et financières (rôle des multinationales), le système économique, les moyens de transport et de communications (souvenons-nous de Myko - Télecel dans la chute de Mobutu) - (la télé, radio..).
Ces moyens matériels sont-ils prêts ou non à servir les objectifs des gouvernants ?
Les sanctions : La dernière source de pouvoir des gouvernants réside dans la nature et l'étendue des sanctions (ou mesures répressives) dont ils disposent. Ces moyens et sanctions sont-ils limités ? Ou sont-ils réellement disponibles et fiables ?

Ces 6 sources du pouvoir sont très rarement TOUTES à l’entière disposition des gouvernants. Leur disponibilité évolue en permanence. Ces modifications augmentent ou réduisent le pouvoir des gouvernants.

11:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)